Marine Le Pen veut changer le nom du Front national pour mieux refonder le parti
Marine Le Pen a plaidé dimanche dans l’Orne, terre de conquête pour sa formation, en faveur d'un changement de nom du Front...

Marine Le Pen veut changer le nom du Front national pour mieux refonder le parti

Marine Le Pen a plaidé dimanche dans l’Orne, terre de conquête pour sa formation, en faveur d'un changement de nom du Front...
Public Sénat

Par Anne RENAUT

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Marine Le Pen a plaidé dimanche dans l’Orne, terre de conquête pour sa formation, en faveur d'un changement de nom du Front national qui incarnerait sa refondation, mais quitter l'appellation historique ne fait pas l’unanimité parmi les militants.

"Si nous changeons le Front national, alors il faut aussi changer l'appellation" portée par le parti depuis sa création en 1972, a défendu Marine Le Pen lors d'une conférence de presse à Alençon, puis devant quelques centaines de militants réunis à Essay.

"Si un nom contient une charge qui puisse susciter des craintes, ou (a) une charge émotionnelle qui soit trop forte, et il semblerait que ce soit quand même le cas du Front national, alors il ne faut pas hésiter à se donner les moyens de la victoire", a plaidé la fille de Jean-Marie Le Pen, qui a œuvré depuis son arrivée à la tête du FN en 2011 pour une dédiabolisation d'un parti à l'image et à l'histoire sulfureuses.

A la huitième étape de sa tournée de 12 rencontres avec les militants, l'ancienne candidate, en quête de rebond depuis son échec face à Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle, a plaidé que le FN devait se rebaptiser pour mieux incarner un parti "de gouvernement", citant en exemple les partis d'extrême droite arrivés au pouvoir en Pologne, Hongrie ou Autriche.

Une nouvelle appellation donnerait aussi une capacité accrue de nouer des alliances, comme lors de la présidentielle avec Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), a-t-elle défendu.

Le changement de nom fait partie du questionnaire envoyé aux 51.000 adhérents à jour de cotisation et la tendance à ce stade du dépouillement serait favorable au "oui", selon elle.

Si les militants s'y opposaient, ce serait "une motion de défiance" pour la présidente du FN, affirme le politologue Jean-Yves Camus, spécialiste de l'extrême droite. Si le "oui" se confirme, Mme Le Pen a plusieurs noms à proposer, sur lesquels les militants au Congrès des 10 et 11 mars voteraient.

- 'Ca fait trop penser à Jean-Marie' -

Mais pour Elizabeth Lalanne, conseillère régionale FN en Normandie et adhérente depuis la création du parti, pas question de changer d'appellation. "Je ne peux pas dire autre chose, ça ne sortirait pas de ma bouche", dit-elle à l'AFP, montrant fièrement le pin's de la flamme tricolore, logo du parti, accroché à sa veste.

Jean-Michel Haye, auto-entrepreneur dans les espaces verts et militant dans la Manche, est "contre" car le nom actuel incarne pour lui "des valeurs, des combats pour la France".

Son fils Florent, 17 ans, n'est pas d'accord. "Le Front national, ça fait trop penser à Jean-Marie" Le Pen, co-fondateur du parti exclu par sa fille à la suite de nouveaux propos polémiques sur la Shoah.

Guillaume, militant à Ménival en Seine-Maritime, admet que la question divise les générations mais veut une nouvelle appellation parce qu'"le FN a évolué". "On est arrivés au second tour. C'est un pas en avant", fait-il valoir.

Olivier Lemetteil, employé dans la logistique au Havre, estime lui que "c'est une question secondaire, c'est le combat pour gagner des mairies et des régions qui importe".

La présidente du FN a d'ailleurs souligné que la refondation passait "en priorité" par "l'implantation locale". "Nos maires ont montré que nous avions toutes les capacités pour gouverner", a argumenté la députée du Pas-de-Calais.

L'Orne, département rural marqué par la désertification où le vote FN a décollé, est une "terre de mission" pour le parti, explique M. Camus. Dans certains chefs-lieux de canton, Marine Le Pen est arrivée devant Emmanuel Macron au second tour.

"La difficulté pour le FN maintenant est de faire émerger des cadres locaux qui vont transformer le capital de la présidentielle en score crédible aux municipales de 2020", selon le chercheur.

Avant, l'objectif sera de transformer l'essai de la présidentielle --où Mme Le Pen a engrangé un nombre record de voix, près de 11 millions-- aux européennes en 2019. Une "élection fondatrice", a souligné dimanche Mme Le Pen, ex-eurodéputée.

are/ic/swi

Partager cet article

Dans la même thématique

Marine Le Pen veut changer le nom du Front national pour mieux refonder le parti
4min

Politique

Sida : 45 ans après la découverte du virus retour sur l’Histoire d’une pandémie aux 44 millions de morts 

Aujourd’hui c’est une maladie « presque » comme les autres, et pourtant les années Sida ont, au début des années 1980, été une déflagration sanitaire et sociétale. Maladie sexuelle transmissible, sans traitement connu, elle touche d’abord les milieux homosexuels avant de se propager à toute la société et devient vite un sujet de santé publique mondial préoccupant. C’est cette histoire du SIDA, de ses origines à la découverte des antirétroviraux, que nous raconte Marion Aballéa dans son Histoire mondiale du SIDA (éditions du CNRS), un travail de recherche récompensé par le prix du Sénat du livre d’histoire 2026.

Le

Current affairs question session with the government – Politics
4min

Politique

Sénatoriales 2026 : le Parti socialiste lance ses troupes dans la bataille pour conserver sa place de second groupe au Sénat

À un peu plus de trois mois du renouvellement de la moitié du Sénat, le Parti socialiste a dévoilé une première vague de 73 candidats et chefs de file dans les départements concernés par le scrutin du 27 septembre 2026. Fort de son implantation locale consolidée lors des dernières municipales, le PS entend défendre ses positions et préserver sa place de deuxième groupe de la Haute Assemblée.

Le