Marion Maréchal au Medef : le renoncement qui ne satisfait personne
Le président du Medef a finalement renoncé à inviter Marion Maréchal à l’université d’été de l’organisation patronale. « Il n'y aura ni intervenants RN ni intervenants LFI » a indiqué sur Twitter, Geoffroy Roux de Bézieux. Un choix qui ne satisfait personne.               

Marion Maréchal au Medef : le renoncement qui ne satisfait personne

Le président du Medef a finalement renoncé à inviter Marion Maréchal à l’université d’été de l’organisation patronale. « Il n'y aura ni intervenants RN ni intervenants LFI » a indiqué sur Twitter, Geoffroy Roux de Bézieux. Un choix qui ne satisfait personne.               
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Par Public Sénat avec l'AFP

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Après une journée de polémique, Geoffroy Roux de Bézieux, qui va fêter ses un an à la tête du Medef, a fini par renoncer à la table ronde intitulée « La grande peur des mal-pensants, pourquoi les populistes sont populaires ? » prévue les 28 et 29 août pour l’université d’été de l’organisation patronale. « Vu l'interprétation politique qui est faite du projet de débat sur la montée des populismes, j'ai décidé de le supprimer purement et simplement. Il n’y aura donc ni intervenants RN ni intervenants LFI à LA REF (rencontre des entrepreneurs de France) dont le programme sera arrêté fin juillet » a tweeté ce vendredi matin, le patron des patrons.

Marion Maréchal a été « sollicitée » par le Medef pour participer à son université d'été, avait confirmé jeudi un représentant de l'organisation patronale dans une déclaration lue à l'AFP, à la suite de révélations de l'hebdomadaire l'Express. « 250 personnes ont été sollicitées jusqu'ici afin d'obtenir un panel aussi large que représentatif de l'ensemble des sensibilités politiques, de La France Insoumise à Marion Maréchal », avait justifié le directeur de la communication du Medef, Vincent de Bernardi avant d’ajouter : « On cherche à avoir des gens qui ont des sensibilités différentes dans les débats pour qu'émergent des controverses, des problématiques, c'est ça la démocratie ».

Cette invitation avait provoqué l’ire de l’ancienne présidente du Medef, Laurence Parisot. « Si cette information est exacte, c'est très grave » avait tweeté l’auteure de l’ouvrage « Un piège bleu Marine » dans lequel elle dénonçait la menace pour la France qu'incarnait, à ses yeux, le Front national. Depuis hier, elle a d’ailleurs multiplié les retweets d’indignation à cette invitation.

« Il crée un pont insupportable entre la France Insoumise et le RN »

Le renoncement de Geoffroy Roux de Bézieux est, toutefois, loin d’avoir apaisé les critiques à l’égard de l’organisation patronale. « L’invitation de Marion Maréchal-Le Pen, la même semaine où l’on apprend qu’un dîner a eu lieu entre elle et des élus LR, participe à la normalisation du FN (actuel RN). Lorsqu’on est la puissance invitante comme le Medef, on n’invite pas le RN à débattre » estime le sénateur communiste, membre de la délégation aux entreprises, Fabien Gay. « Geoffroy Roux de Bézieux ne dit pas qu’il recule. Il dit qu’on a fait une mauvaise interprétation de cette invitation. En plus en annulant aussi les intervenants de LFI, il crée un pont insupportable entre la France Insoumise et le RN, il commet une erreur politique. C’est une négation de la pensée » fustige-t-il.

Selon le journal Le Monde, les députés Clémentine Autain et Alexis Corbière, étaient invités à cette université d’été.

« Très grande lâcheté Geoffroy Roux de Bézieux »

Du côté du RN, « c’est la très grande lâcheté Geoffroy Roux de Bézieux, qui recule uniquement suite à des réactions médiatiques parisiennes » qui est pointé du doigt par Wallerand de Saint-Just, le trésorier du Rassemblement national. « Ils devraient supprimer leur université d’été et prolonger leurs vacances car la polémique va continuer. Avant Mme Parisot, le Medef observait une neutralité politique de bon aloi. D’ailleurs un syndicat doit respecter le principe de neutralité politique » rappelle-t-il.

Le vice-président de l'Assemblée nationale, Hugues Renson s'est de son côté, dit « choqué » vendredi par cette invitation, estimant qu’« on ne dialogue pas avec l'extrême droite, on la combat ». « Évidemment c'est une erreur, et je crois qu'on ne compose jamais avec l'extrémisme », a déclaré le député de Paris sur France 2.

 

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