Marion Maréchal-Le Pen fait ses adieux temporaires à la politique avec une tournée de soutien à ses proches du sud de la France qualifiés au...
Marion Maréchal-Le Pen, des adieux et des cailloux semés pour l’avenir
Marion Maréchal-Le Pen fait ses adieux temporaires à la politique avec une tournée de soutien à ses proches du sud de la France qualifiés au...
Par Guillaume DAUDIN
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Marion Maréchal-Le Pen fait ses adieux temporaires à la politique avec une tournée de soutien à ses proches du sud de la France qualifiés au second tour des législatives, semant une série de petits cailloux pour préparer un éventuel retour.
Mardi, à Bédarrides avec Hervé de Lépinau, qui brigue sa succession dans sa circonscription du Vaucluse ; mercredi, dans le Gard avec Gilbert Collard, son collègue de l'Assemblée, candidat à sa succession ; jeudi, à Menton, avec Olivier Bettati, 1er vice-président du groupe FN d'opposition qu'elle présidait au Conseil régional.
"Nous nous sommes partagés avec les dirigeants du FN (...) le soin d'animer chacun la campagne de notre région", expliquait sa tante Marine Le Pen mardi.
Le suppléant de la députée FN du Vaucluse Marion Maréchal-Le Pen, Hervé de Lépinau, à Carpentras le 11 juin 2017.
AFP
Signe particulier de l'"animation" proposée par la jeune élue ? Elle concerne non seulement les candidats FN dans le Vaucluse, qu'elle avait promis de soutenir, mais aussi "ses amis", comme le résume l'un des intéressés, dans un périmètre plus large que la seule Paca.
La benjamine de l'Assemblée nationale conclut ainsi sa tournée vendredi dans le Tarn-et-Garonne auprès de son ancien assistant parlementaire, Romain Lopez, une réunion publique estampillée "Dernier meeting de Marion".
La députée comme le Front national ont certes invoqué des raisons "personnelles" pour expliquer le retrait de la députée sortante.
"Elle n'a pas de plan de retour à la Charles de Gaulle", se lancer dans une "traversée du désert, car elle n'aurait pas la main", souligne l'un des candidats aux législatives qu'elle a soutenus depuis début juin. Pour lui, rien ne dit que son objectif soit de "laisser le FN s'embrouiller" pour mieux "revenir quand la situation (sera) plus favorable". "C'est impossible de savoir ce qu'elle fera", résume-t-il.
Marion Maréchal-Le Pen embrasse Gilbert Collard, son collègue de l'Assemblée, le 14 juin 2017 au Cailar.
AFP
Dans Valeurs actuelles mi-mai, si elle "n'exclu(ait) pas" de mener un combat "parallèle, culturel par exemple", à la politique, intervenir dans le débat public "a priori, n'est pas prévu" pour l'instant. D'ailleurs, si elle bat campagne actuellement, elle fuit la presse.
Une absence qui peut affaiblir le FN, notamment en Paca. Pour Christèle Marchand-Lagier, spécialiste du vote FN dans cette région, son départ "n'est pas neutre dans l'abstention des jeunes". "Ils avaient surfé sur une personnalisation très forte du parti: elle s'en va et Marine Le Pen a mal joué son débat dans l'entre-deux-tours", deux raisons selon elle du score "extrêmement décevant" du FN en France, de l'aveu de la patronne du parti.
- "Deux, trois ans" ? -
Mais comme le salue le site de campagne du FN pour ces législatives, la députée mène "une retraite active".
Marion Maréchal-Le Pen fait un discours de soutien à Gilbert Collard, candidat dans le Gard, au Cailar le 14 juin 2017
AFP
Et pour cause: "Il est compliqué pour moi d’imaginer ne plus jamais me mettre au service du bien commun (...). Je ne pense donc pas renoncer définitivement" a-t-elle aussi indiqué à Valeurs actuelles.
Un soutien s'enthousiasme: "Marion ne fera rien dans l'immédiat. Mais son coup de génie, c'est d'avoir dit +au revoir+" au moment où la direction frontiste va rencontrer selon lui la tourmente: "ennuis judiciaires", "parti ruiné", "cheffe à l'image atteinte" et "frustration interne", autant d'éléments qui pourraient s'exprimer lors d'un fratricide congrès à l'hiver prochain.
Rien donc ne "l'empêche de revenir dans deux ou trois ans pour parler avec légitimité et poids", croit déjà savoir ce "marioniste".
"Elle a le virus, elle va revenir", pense aussi un haut responsable du parti. "Elle n'avait pas envie de vivre encore des années de tension, d'être en conflit avec Marine Le Pen et de voir Philippot sur-protégé."
Au niveau national, "Marion, l'ADN du FN", comme l'appelle un eurodéputé du parti, laisse orphelin d'incarnation un courant interne, la "majorité" selon un conseiller régional, qui conteste la ligne sociale-souverainiste portée par Florian Philippot et jugée trop privilégiée par Marine Le Pen.
D'aucuns s'impatientent déjà: mercredi soir, Gilbert Collard, candidat à sa réélection dans le Gard, a dit "reviens" à sa collègue du Palais-Bourbon. Et la salle de scander "reviens !", extatique, en direction de la benjamine des Le Pen, présente sur place.
Le mot d'ordre d'un retour éventuel est déjà connu: sur l'affiche de son "dernier meeting" de vendredi, elle a fait figurer un thème: "L'union, à droite".
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