Marion Maréchal-Le Pen, une absente qui agite le Front national
Une intervention remarquée à Washington et une tribune dans la presse auront suffi à relancer les spéculations: quelques mois...

Marion Maréchal-Le Pen, une absente qui agite le Front national

Une intervention remarquée à Washington et une tribune dans la presse auront suffi à relancer les spéculations: quelques mois...
Public Sénat

Par Paul AUBRIAT

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Une intervention remarquée à Washington et une tribune dans la presse auront suffi à relancer les spéculations: quelques mois après s'être mise en retrait, Marion Maréchal-Le Pen, tout en se défendant de quelque retour, a provoqué une agitation certaine au Front national, encore convalescent de ses défaites de 2017.

A quinze jours d'un congrès du FN qui doit entériner la symbolique suppression de la présidence d'honneur de Jean-Marie Le Pen, et la réélection - sans adversaire- de Marine Le Pen, l'ex-députée du Vaucluse a mis un terme à sa diète médiatique.

Un hasard du calendrier ? "Pour faire connaître votre produit, il faut faire de la communication", concède l'un de ses proches.

Dans Valeurs actuelles, la petite-fille du cofondateur du FN a annoncé s'être "associée à la création d'une académie de sciences politiques" qui, selon elle, "ne sert aucun parti politique" mais représente tout de même "un projet politique", avec l'ambition d'"être le terreau dans lequel tous les courants de la droite pourront se retrouver et s'épanouir".

Un premier tour de table financier s'étant révélé insatisfaisant à l'automne, la candidate malheureuse à la présidence du Conseil régional de PACA en 2015 cherche depuis à organiser une levée de fonds.

C'est notamment dans ce but qu'elle est intervenue jeudi à la Conservative Political Action Conference (CPAC), rendez-vous annuel incontournable des conservateurs américains, où elle a pris la parole juste après le vice-président Mike Pence, en réclamant "l'Amérique d'abord pour le peuple américain", "la Grande-Bretagne d'abord pour le peuple britannique", "la France d'abord pour le peuple français".

La double carte postale de l'ex-étoile montante du parti a été reçue avec une certaine surprise, au Front national, où les cadres se sont efforcés de minimiser ce retour, avant de faire mine de s'en réjouir.

Le porte-parole du FN, Sébastien Chenu, a loué vendredi sur franceinfo l'"exceptionnelle complémentarité" entre la nièce et la tante, en reconnaissant à la jeune femme de 28 ans "cette fraîcheur, cette utilisation des nouveaux outils". "C'est assez exceptionnel qu'on ait ça dans un mouvement politique", a-t-il estimé.

Le député Gilbert Collard se "demande si elle n’essaie pas quelque part de revenir", en clamant sur LCI qu'il serait "ravi" d'une telle hypothèse.

Un proche de Marion Maréchal-Le Pen décrypte: "Je pense que les gens du FN se font peur tous seuls. Ils sont confrontés à leur propre faiblesse".

- "Calendrier judiciaire" -

Car la jeune femme jure exclure quelque prochain retour aux affaires du Front, et dit ne voir son proche avenir que dans la "métapolitique" à travers son projet d'académie pour former des étudiants au combat idéologique.

"Elle a été lassée de voir ce qui s'est passé à l'Assemblée nationale, où il n'y a pas de fond", résume un fidèle. Idem au parti, où sa popularité demeure intacte chez les militants. Sa tante, à force de "se méfier de ses propres troupes", l'aurait fatiguée des jeux d'appareil.

A l'heure où Marine Le Pen entend changer le nom du Front national et faire du lepénisme un marinisme, la petite-fille de Jean-Marie Le Pen n'ira d'ailleurs pas au congrès du FN, les 10 et 11 mars à Lille, assurent les proches de la jeune femme, alors que d'aucuns auraient souhaité qu'elle succède à sa tante à la tête du parti.

"Ç'aurait été la pire image pour elle: après la fille contre le père, la nièce contre la tante? Les militants et sympathisants ne l'auraient pas pardonné", balaie la garde rapprochée de l'ex-députée du Vaucluse. "Si Marine Le Pen s'était barrée et lui avait dit, +il faut que tu reviennes+, ç'aurait été un autre scénario..."

Pourrait-elle envisager une candidature en 2022 ? "Il faut voir comment évoluent le FN et LR", conditionne l'un de ses proches en évoquant, faussement candide, "un calendrier financier et judiciaire qui doit s'éclaircir", alors que le FN est en proie à des difficultés bancaires et mis en cause dans des affaires judiciaires.

"Marion Maréchal-Le Pen ne reviendra pas en politique avant un moment", résume le même. "Si tant est qu'elle revienne."

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Questions au gouvernement Senat
9min

Politique

Sénatoriales : après les municipales, le groupe LR pourrait « perdre de 3 à 5 sièges », face à la poussée du RN

Les municipales permettent déjà de faire des projections sur les sénatoriales de septembre 2026. Sur le papier, les LR craignent de perdre 3 à 5 sièges, mais le scrutin de 2029 s’annonce meilleur. Au groupe centriste, son président Hervé Marseille mise sur une « forme de stabilité ». Globalement, le sénateur LR Roger Karoutchi assure qu’« il n’y a pas de risque sur la majorité sénatoriale », qui restera « très large ».

Le

FRA – ELECTIONS MUNICIPALES – LR RETAILLEAU
4min

Politique

Présidentielle : les adhérents LR désignent Bruno Retailleau comme candidat

Le président des Républicains a été investi par son parti pour l’élection présidentielle ce dimanche, à la suite d’un vote en ligne des adhérents. La confirmation de la candidature de Bruno Retailleau était une étape nécessaire, mais n’épuise pas les questions sur la suite de la campagne présidentielle à droite. 

Le

Paris : Session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Loi Yadan contre l’antisémitisme : les sénateurs dubitatifs à l’annonce de la reprise en main du gouvernement

Après le retrait à l’Assemblée nationale de la proposition de loi portée par la députée Renaissance Caroline Yadan, le gouvernement va reprendre la main et présentera un projet de loi sur la lutte contre l’antisémitisme devant le Sénat avant l’été. L’exécutif compte sur un accueil plus favorable à la chambre haute où la droite et le centre sont majoritaires. Mais les relations entre la majorité sénatoriale se sont tendues ces derniers temps.

Le