Marseille: « Gaudin vous aime bien » ou quand FO présente ses voeux au maire
Des centaines d'employés municipaux qui applaudissent leur patron, le maire (LR) de Marseille: le syndicat Force Ouvrière...

Marseille: « Gaudin vous aime bien » ou quand FO présente ses voeux au maire

Des centaines d'employés municipaux qui applaudissent leur patron, le maire (LR) de Marseille: le syndicat Force Ouvrière...
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Des centaines d'employés municipaux qui applaudissent leur patron, le maire (LR) de Marseille: le syndicat Force Ouvrière présentait vendredi ses vœux à Jean-Claude Gaudin, une "tradition" locale contestée par l'opposition qui y voit l'illustration d'un "système" clientéliste vieux de plusieurs décennies.

"Que vous aimiez Gaudin c'est normal, parce que Gaudin vous aime bien. Qu'est ce qu'il y a d'anormal? Qu'est ce qu'il y a de scandaleux?" a lancé le sénateur-maire Les Républicains de Marseille, abondamment applaudi par les représentants de FO, invités dans un théâtre municipal.

"Qu'est-ce que je n'ai pas entendu sur le rôle du maire et du syndicat Force Ouvrière?", a-t-il ajouté. "Je suis très heureux de soutenir l'action que vous menez, parce que je la considère loyale, juste et profitable".

"Monsieur le maire, voilà la 21e fois que le syndicat vous présente ses vœux. Je tenais à vous remercier de l'excellence de nos relations (...) nous vous apprécions énormément", avait auparavant déclaré le patron des territoriaux de FO, Patrick Rué.

"Gérer les intérêts de la ville et défendre les intérêts des fonctionnaires territoriaux n'a rien d'incompatible, surtout quand on a pour objectif commun le service public", a ajouté M. Rué, dont le syndicat est hégémonique à la mairie et a aussi remporté en 2016 45% des voix aux élections de la nouvelle métropole Aix-Marseille-Provence.

"Vous n'avez jamais caché votre attachement à Force Ouvrière. Pour notre part, nous assumons pleinement cette proximité", a-t-il poursuivi.

Attaqué à plusieurs reprises au cours de la cérémonie, le député PS Patrick Mennucci a dénoncé auprès de l'AFP une tradition des vœux qui relève "du pur clientélisme dont on voit tous les jours les conséquences dans la ville", à travers le délabrement des services publics, selon lui.

"J'aurais préféré que M. Rué souligne le risque que François Fillon fait peser sur les fonctionnaires", a-t-il taclé.

Décrit par plusieurs historiens, le rôle de Force Ouvrière dans la gestion de Marseille remonte au premier maire de l'après-guerre, le socialiste Gaston Defferre, explique à l'AFP le sociologue Cesare Mattina, auteur de "Clientélismes urbains - Gouvernement et hégémonie politique à Marseille".

Le système trouve son origine "sur un accord entre le syndicat et la mairie, fait d'échanges et de bons services", notamment des "embauches" et des "facilitations administratives", en échange d'un "soutien" à la majorité municipale, décrit le sociologue. La cérémonie des vœux est un moyen de le "confirmer, au niveau matériel et symbolique", selon lui.

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