Marseille: la guerre pour succéder à Gaudin est ouverte
Mélenchon, Castaner, Ghali, Muselier ? Si le casting n'est pas encore connu, la guerre pour la succession de Jean-Claude Gaudin à Marseille est...

Marseille: la guerre pour succéder à Gaudin est ouverte

Mélenchon, Castaner, Ghali, Muselier ? Si le casting n'est pas encore connu, la guerre pour la succession de Jean-Claude Gaudin à Marseille est...
Public Sénat

Par Martin DE MONTVALON

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mélenchon, Castaner, Ghali, Muselier ? Si le casting n'est pas encore connu, la guerre pour la succession de Jean-Claude Gaudin à Marseille est déjà ouverte, comme en témoignent les violentes attaques portées par Renaud Muselier contre un "mauvais maire" qui a fait "deux mandat de trop".

Venant du propre camp du maire sortant, la charge du président LR de la région Paca, ancien premier adjoint de Jean-Claude Gaudin, a surpris. Fustigeant un édile qui laissera une ville dans un état "catastrophique" sur Public Sénat mercredi, Renaud Muselier a décoché de nouvelles flèches jeudi, lors de ses voeux à la presse.

"Je ne veux pas, sous prétexte que j'appartiens à la même famille politique, me taire sur la multitude de dysfonctionnements qui entraînent doucement la ville vers un désastre permanent", assène-t-il. "Un des défauts du maire de Marseille est de ne pas préparer un successeur pour son œuvre", accuse-t-il.

Vingt-deux ans après son arrivée à l'hôtel de ville, Jean-Claude Gaudin, qui a déjà assuré à plusieurs reprises qu'il ne se représenterait pas en 2020, peine effectivement à se trouver un dauphin : successivement, ses premiers adjoints Renaud Muselier, Roland Blum et Dominique Tian, Yves Moraine, le patron du groupe LR à la mairie, ou Bruno Gilles, sénateur LR, y ont cru.

Mais entre élections perdues (Muselier, Moraine), condamnation judiciaire (Tian) ou problèmes de santé (Gilles), une malédiction semble frapper les favoris du maire LR. Lui-même s'en amusait presque lors de ses voeux à la presse, lundi: "Chaque fois qu'on m'a désigné un successeur, celui-là n'y arrive pas".

Renaud Muselier, président (LR) de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, à Marseille le 29 mai 2017
Renaud Muselier, président (LR) de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, à Marseille le 29 mai 2017
AFP/Archives

Dernière hypothèse en date: celle du patron de la République en Marche (LREM) Christophe Castaner, dont la candidature, assure La Provence, serait vue d'un bon oeil à l'hôtel de ville. Pas question de le soutenir en cas de candidature, se défend officiellement Jean-Claude Gaudin. Tout en se disant "reconnaissant" à l'égard de M. Castaner qui s'était retiré en 2015 entre les deux tours des régionales pour barrer la route au FN, le maire promet d'être derrière "le candidat de (sa) liste et de (ses) amis".

- Tâter le terrain -

Qui sera-t-il ? Mystère. Si M. Gaudin admet que la présidente LR du conseil départemental Martine Vassal a "toutes les qualités" pour lui succéder à la présidence de la métropole Aix-Marseille, il ne cite aucun nom pour la mairie: "Il y a au conseil municipal plusieurs personnalités, hommes ou femmes, qui ont les qualités nécessaires pour être maire. D'ici 2020, nous avons le temps de nous mettre d'accord".

Dans ce grand flou, les rumeurs vont bon train, et plusieurs têtes d'affiche semblent aujourd'hui tâter le terrain.

Renaud Muselier ? "Je suis président de la région jusqu’en 2021 et je compte bien le rester. C’est clair. Mais (…) je déteste l’immobilisme. Marseille mérite mieux", répond l'ex-dauphin.

Christophe Castaner, délégué général de La République en marche (LREM) à Paris, le 17 janvier 2018
Christophe Castaner, délégué général de La République en marche (LREM) à Paris, le 17 janvier 2018
AFP

Christophe Castaner ? Aujourd'hui, "la question ne se pose pas", avance le patron de LREM, en visite le 19 janvier dans la cité phocéenne pour l'inauguration de la permanence d'une députée de son parti. Mais... "oui, évidemment, Marseille ne se refuse pas", reconnaît aussi l'ex-maire de Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence).

Jean-Luc Mélenchon ? S'il a toujours officiellement écarté l'idée d'être candidat à la mairie de Marseille, le député LFI des Bouches-du-Rhône tisse sa toile dans la ville. "Le dernier dont on parle, c'est Castaner, et après, on vient me voir, moi, tous les jours. On me dit: +alors ?+", lance-t-il, le 19 janvier, lors de sa cérémonie de voeux à Marseille. "Alors, rien du tout: c'est moi qui décide et personne ne va me tordre le bras", répond-il, insistant sur la nécessité de faire "d'abord" un programme avant de se demander qui va "marcher devant".

Samia Ghali ? La sénatrice PS des quartiers Nord, candidate malheureuse à la primaire PS lors des municipales de 2014, est, elle, plus directe: elle "n'exclut pas du tout d'être candidate", avoue-t-elle sur RMC mardi. "Je serai toujours candidate pour faire avancer", dit-elle.

Un seul s'est d'ores et déjà déclaré officiellement candidat à la succession de Jean-Claude Gaudin: le sénateur FN Stéphane Ravier, qui rêve ouvertement d'un coup d'éclat, même si la barre paraît haute.

Partager cet article

Dans la même thématique

NANTES :  Electoral posters for municipal elections.
6min

Politique

« Les partis ne parlent plus aux gens » : pourquoi de nombreux candidats aux municipales masquent leur appartenance partisane

Si les listes « sans étiquette » ont toujours été nombreuses dans les petites communes, de nombreux candidats affiliés à un parti affichent également une neutralité de façade dans les grandes villes. Une façon de se tenir à distance du chaos politique national. A l’exception notable du Rassemblement national et de La France insoumise, qui assument de nationaliser ce scrutin pour en faire un tremplin vers les présidentielles de 2027.

Le

Mairie illustration
5min

Politique

Municipales 2026 : la France insoumise « dangereuse pour la démocratie » et les idées de droite en hausse, selon une enquête d’Ipsos

Inquiétudes sur la sécurité, devoir d’exemplarité des maires, désaffection à l’égard de plusieurs partis de gauche… L’institut de sondage Ipsos BVA-CESI Ecole d’ingénieurs a publié une nouvelle étude pour Le Monde, le Cevipof et la Fondation Jean Jaurès. Les Français y dressent un paysage politique qui se droitise à quelques jours du premier tour des élections municipales.

Le

Paris: Pierre-Yves Bournazel Municipal Elections Campaign
5min

Politique

Municipales : pour Horizons, la formation d’Edouard Philippe, un scrutin déterminant   

La formation d’Edouard Philippe a beaucoup à perdre aux prochaines élections municipales. L’ancien Premier ministre, qui a fait de sa réélection aux Havre l’une des conditions de sa candidature à la présidentielle, n’est pas au mieux dans les sondages, tout comme le vice-président du parti, Christian Estrosi à Nice. Et à Paris, le positionnement de Pierre-Yves Bournazel sera scruté de près entre les deux tours. 

Le