Match de football Ajaccio – Le Havre: la polémique enfle
Le président de l'AC Ajaccio a annoncé mardi déposer plainte à son tour contre son homologue du Havre, nouvelle étape dans la polémique suscitée...

Match de football Ajaccio – Le Havre: la polémique enfle

Le président de l'AC Ajaccio a annoncé mardi déposer plainte à son tour contre son homologue du Havre, nouvelle étape dans la polémique suscitée...
Public Sénat

Par Maureen COFFLARD

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Le président de l'AC Ajaccio a annoncé mardi déposer plainte à son tour contre son homologue du Havre, nouvelle étape dans la polémique suscitée par les incidents ayant émaillé dimanche la rencontre entre les deux clubs, au coeur de réunions très attendues à la Ligue de football professionnel.

"Le président Léon Luciani déposera ce matin une plainte avec constitution de partie civile à l’encontre de Monsieur Vincent Volpe, président du Havre AC pour dénonciation calomnieuse. À cet effet, il produira les vidéos et les témoignages attestant qu'à aucun moment, M. Volpe n’a été victime d’une agression physique", écrit le club corse dans un court communiqué.

Cette plainte fait suite à celle du club havrais qui dénonce des insultes parfois racistes adressées à ses joueurs et affirme que son président Vincent Volpe a été "agressé physiquement en tribune présidentielle", des faits accrédités notamment par la députée de Seine-Maritime Agnès Firmin Le Bodo, elle aussi présente dans les tribunes pour soutenir les Havrais en Corse dimanche.

Le match, reporté de vendredi à dimanche après le caillassage du bus des Havrais, a été marqué par des échauffourées entre joueurs et un envahissement du terrain en fin de partie.

Le club du Havre, qui s'est incliné aux tirs au but, a depuis saisi la LFP pour réclamer le gain du match sur tapis vert, et la polémique a enflé. Une première réunion de la commission des compétitions de la ligue de football était prévue mardi à 11H00, avant que la commission de discipline de la LFP ne se réunisse "en urgence" à 13H00 "pour étudier le dossier des incidents lors d'AC Ajaccio - Le Havre".

- "Acharnement anti-corse" -

Des supporters et des policiers entourent le car des joueurs du Havre qui arrivent au stade d'Ajaccio, le 18 mai 2018
Des supporters et des policiers entourent le car des joueurs du Havre qui arrivent au stade d'Ajaccio, le 18 mai 2018
AFP/Archives

Le club normand a pointé ce qui constitue à ses yeux plusieurs manquements aux règles de la ligue: selon le club, "le sanctuaire du terrain a été violé par deux envahissements de terrain", "l'entraîneur de l'AC Ajaccio n'a pas respecté sa sanction d'expulsion" et le président du club corse était derrière les buts lors de la séance de tirs au but, ce qui est interdit.

En Corse, la polémique a depuis quitté la simple sphère sportive pour déborder dans la vie politique de l'île, suscitant une multiplication de réactions dénonçant du "racisme anti-corse".

Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de l'île de Beauté a dénoncé mardi dans un tweet "le climat d'hystérie anti-corse" et "les pressions politiques venues du plus haut niveau de l'Etat", s'interrogeant sur la capacité de la ligue à "être impartiale et à préserver le droit qu'a l'AC Ajaccio de jouer à Ajaccio le match de barrage contre le Toulouse FC".

Le président indépendantiste de l'Assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni a également fustigé la "haine anti-corse", promettant une "riposte énergique" sur le terrain judiciaire.

Même son de cloche chez le député nationaliste Jean-Félix Acquaviva: "L'@ACAjaccio a gagné sa place sportivement malgré des décisions arbitrales plus que litigieuses.Si lumière il doit y avoir sur des faits, ce n'est pas en volant la place de l'@ACAjaccio face à @ToulouseFC. L'acharnement anti-corse est indécent".

"J'ai l'intime conviction que nous sommes victimes d'un lynchage médiatique", avait pour sa part accusé le vice-président de l'AC Ajaccio, Alain Orsoni, en annonçant dès lundi sa démission du conseil d'administration de la Ligue de football professionnel.

Lundi soir, la ministre des Sports Laura Flessel avait appelé la LFP à "la diligence et l'intransigeance" et jugé "graves" les faits reprochés. "Nous sommes indignés par le triste spectacle de ACA-HAC", avait-elle écrit sur Twitter ajoutant vouloir "étudier" avec la ministre de la Justice Nicole Belloubet "les sanctions pénales dans ce genre d'affaires".

Partager cet article

Dans la même thématique

Match de football Ajaccio – Le Havre: la polémique enfle
4min

Politique

« On surmonte nos rancœurs » : Agnès Evren (LR) défend un mariage de raison entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel pour battre la gauche à Paris

À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.

Le

Match de football Ajaccio – Le Havre: la polémique enfle
5min

Politique

Municipales à Montpellier : sécurité, gestion des déchets, transports… Que retenir du débat d’entre deux tours ?

A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.  

Le

FRA – LR RETAILLEAU – ELECTION MUNICIPALES 2026
8min

Politique

Municipales : en lâchant Christian Estrosi à Nice, Bruno Retailleau enflamme toute la droite, avec 2027 en ligne de mire

À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.

Le

Paris : Sarah Knafo – Meeting au Dome de Paris
6min

Politique

Municipales : le retrait calculé de Sarah Knafo recompose le jeu à Paris

Qualifiée de justesse pour le second tour des municipales parisiennes avec 10,4 % des voix, la candidate Reconquête, Sarah Knafo, a finalement choisi de se retirer « pour Paris », sans toutefois donner de consigne de vote, mais « pour battre la gauche ». Une décision présentée comme un « choix de responsabilité », mais qui soulève autant de questions stratégiques que politiques.

Le