Matignon : « Mon nom circule, je suis prête à prendre cette responsabilité si on me la confie », affirme Clémentine Autain

Invitée de la matinale de Public Sénat, Clémentine Autain évoque les négociations au sein du Nouveau Front Populaire pour s’accorder sur une personnalité pour Matignon. Un enjeu de taille qui devrait faire émerger des tensions entre les différents partis essayant de s’assurer une forme d’hégémonie sur l’alliance.
Henri Clavier

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Contrairement à beaucoup de projections de sièges réalisées par les instituts de sondage, l’extrême-droite est arrivée en troisième position, laissant le Nouveau Front Populaire en tête. Avec quelques dizaines de députés de plus que le bloc central, la gauche cherche désormais à s’entendre sur un nom, d’ici la fin de la semaine, pour proposer une personnalité pour occuper Matignon. Plusieurs cadres du Nouveau Front Populaire se sont réunis, le 8 juillet en fin d’après-midi, afin d’essayer de trancher le mode de désignation du Premier ministre du NFP. « Je pense que nous sommes prêts à gouverner […] J’ai la conviction que la cohérence de cette union est forte sur le fond », assure Clémentine Autain qui souhaite que ce profil s’inscrive dans cette logique de rassemblement. Pour Matignon, Clémentine Autain, réélue député de Seine-Saint-Denis dès le premier tour, écarte Jean-Luc Mélenchon et François Hollande, jugés trop clivants. 

« Si LFI n’avait pas décidé de purger des camarades, la question de savoir si le groupe socialiste va être plus gros ou moins gros que celui de LFI aurait été tranchée » 

L’un des enjeux des tractations au sein du NFP sera de déterminer si les députés du NFP choisiront par un vote l’identité de la personne qu’ils souhaitent envoyer à Matignon. L’autre option serait un choix par consensus entre les partis. « Il y a une discussion entre les partis politiques, j’ai appelé à ce que les députés du NFP puissent se rassembler et aussi donner leur mot. Il pourrait y avoir un vote. La difficulté c’est de trouver une personnalité qui puisse incarner le tout », explique Clémentine Autain. Difficile effectivement de s’entendre alors que les dirigeants du PS, des Écologistes et du PCF ont largement rejeté le nom de Jean-Luc Mélenchon. De leur côté les Insoumis continuent de plaider pour que le Premier ministre soit issu du groupe majoritaire, donc vraisemblablement le leur. 

Néanmoins, cette approche pourrait prolonger les négociations. En effet, les députés ont jusqu’au 18 juillet pour choisir le groupe dans lequel ils siégeront. Un choix encore incertain, notamment pour les dissidents de LFI, alors que les effectifs des groupes LFI et socialistes semblent assez proches. « Si LFI n’avait pas décidé de purger des camarades, la question de savoir si le groupe socialiste va être plus gros ou moins gros que celui de LFI aurait été tranchée », tacle Clémentine Autain qui ne siégera pas avec LFI. « Je regrette que la stratégie de LFI et Jean-Luc Mélenchon ait permis aux héritiers de la social-démocratie de nous tondre la laine sur le dos », continue l’élue de Seine-Saint-Denis, constatant la percée du Parti Socialiste qui double son nombre d’élus au Palais Bourbon. 

« Ce que nous voudrions, c’est un groupe Nouveau Front Populaire » 

Si comme elle le dit, « la rupture [avec LFI] est actée », Clémentine Autain souhaite jouer un rôle décisif dans la formation d’un gouvernement NFP. « Ce que nous voudrions, c’est un groupe Nouveau Front populaire. Au moment où on se parle, ce n’est pas le chemin emprunté. [Il faut] faire vivre le NFP, ça ne peut pas être qu’un cartel de partis », martèle l’élue de Seine-Saint-Denis, désormais à l’écart du jeu des partis. En défendant une démarche unitaire, Clémentine Autain fait du rassemblement la clé d’un gouvernement capable de « répondre aux fractures du pays ». Assez pour la propulser à Matignon ? « Mon nom circule, je suis prête à prendre cette responsabilité si on me la confie », appuie Clémentine Autain qui répète néanmoins qu’elle ne s’impose pas et recherche le nom le plus consensuel. Une manière également de presser les négociateurs d’être à la hauteur pour bénéficier au mieux de cette victoire relative. « Il y a eu un effet de surprise sur la défaite assez cinglante de l’extrême droite. Nous avons eu un sursaut, il ne faudrait pas que cela soit un sursis », tranche Clémentine Autain.

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Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. 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