Paris: Concertation Emmanuel Macron et Nouveau Front Populaire Elysee
Prises de parole des chefs de partis, presidents des groupes parlementaires de l Assemblee nationale et du Senat du Nouveau Front Populaire Lucie Castets, Manuel Bompard, Marine Tondelier, Olivier Faure, Fabien Roussel, entoures de Matilde Panot, Boris Vallaud, Cyrielle Chatelain, Guillaume Gontard, Stephane Peu, Patrick Kanner apres leur echange avec le President de la Republique Emmanuel au Palais de l Elysee le vendredi 23 aout 2024 a Paris. Paris, FRANCE - 23/08/2024 Speeches of the party leaders, presidents of the parliamentary groups of the National Assembly and the Senate of the New Popular Front: Lucie Castets, Manuel Bompard, Marine Tondelier, Olivier Faure, Fabien Roussel, Fabien Roussel, surrounded by Matilde Panot, Cyrielle Chatelain, Guillaume Gontard, Boris Vallaud, Stephane Peu, Patrick Kanner after their exchanges with President of the Republic Emmanuel Emmanuel Macron at the Elysee Palace on Friday, August 23, 2024 in Paris. Paris, FRANCE - 23/08/2024//04HARSIN_PRISEPAROLENFPCONCERTMACRON007/Credit:ISA HARSIN/SIPA/2408231252

Matignon : « On ne va pas retourner à l’Elysée répéter la même chose, le Président de la République doit sortir de son déni démocratique », affirme Guillaume Gontard 

Alors que l’on arrive au terme des consultations politiques voulues par Emmanuel Macron, le blocage politique persiste. Le chef de l’Etat pourrait organiser de nouvelles entrevues avant de prendre une décision, une posture rejetée en bloc par le Nouveau Front Populaire qui a annoncé dans un communiqué qu’ils ne se rendraient pas à une nouvelle réunion, sauf en cas de nomination de Lucie Castets à Matignon.
Henri Clavier

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Après les entrevues de vendredi, l’idée d’une nouvelle phase de consultation a été évoquée dans les médias. Le président du MoDem, François Bayrou estimait dimanche soir sur LCI qu’une prise de parole du chef de l’Etat était nécessaire ce lundi 26 août. A l’issue des consultations de vendredi, La Droite Républicaine de Laurent Wauquiez et le bloc centriste ont affirmé qu’il voterait la censure contre tout gouvernement incluant un membre de La France insoumise (LFI). Ce lundi, Marine Le Pen a affirmé que son groupe voterait la censure contre tout gouvernement de gauche. Un « déni démocratique » pour les représentants du Nouveau Front populaire (NFP) qui refusent de participer à de nouvelles consultations si Lucie Castets n’est pas nommée Première ministre. 

Pas de nouvelles consultations pour le NFP 

« On ne va pas retourner à l’Elysée répéter la même chose, le Président de la République doit sortir de son déni démocratique », estime Guillaume Gontard, président du groupe écologiste au Sénat. « Il y a une forme de mépris de la démocratie représentative, c’est à se demander si le Président de la République n’a pas pour objectif d’affaiblir la démocratie parlementaire », abonde le sénateur communiste Pascal Savoldelli. Si Emmanuel Macron recherche la « majorité la plus large et la plus stable » possible, les représentants du NFP jugent qu’il n’en existe pas en dehors de leurs rangs. Le Premier ministre démissionnaire, Gabriel Attal, a plaidé à plusieurs reprises pour une coalition sans que les autres forces politiques représentées à l’Assemblée nationale ne donnent suite. Dans ce contexte, les dirigeants du NFP rappellent qu’ils sont les seuls à vouloir assumer cette tâche. Après la dissolution de l’Assemblée nationale et la défaite de son camp aux élections législatives, Pascal Savoldelli considère que le Président de la République « organise le désordre politique ». 

« Il faut amorcer une nouvelle étape avec la nomination de Lucie Castets » 

En l’absence de majorité absolue à l’Assemblée nationale, la gauche assure qu’en cas de nomination de Lucie Castets, elle discutera avec les autres forces politiques pour trouver des terrains d’ententes et des majorités. « Il faut amorcer une nouvelle étape avec la nomination de Lucie Castets et là des discussions avec le Président de la République sont normales comme dans toute autre cohabitation. Ce qui bloque c’est qu’il ne laisse pas la main à la formation arrivée en tête pour trouver des majorités, pourtant Lucie Castets lui a assuré qu’elle chercherait des compromis et qu’elle était déjà au travail », explique Guillaume Gontard. Une position déjà formulée par la candidate du NFP pour Matignon dans un entretien accordé à La Tribune le 28 juillet. « Si elle n’y arrive pas, elle assumera son échec », ajoute le président du groupe écologiste au Sénat. 

Même si le Président de la République a acté qu’un changement de politique était nécessaire compte tenu des résultats des élections législatives, les représentants du NFP craignent la tentation d’un « Président-sélectionneur » toujours très impliqué dans la politique de la Nation. 

Record pour un gouvernement démissionnaire 

« Ce qui me préoccupe, ce sont les urgences, le budget doit être présenté à partir du 1er octobre », rappelle Pascal Savoldelli. « Plus on attend, plus ce sera difficile pour préparer la rentrée ou le budget », abonde Guillaume Gontard. Ce dernier pointe également les incertitudes liées au prolongement d’un gouvernement démissionnaire depuis 41 jours et qui a battu le record de longévité. « Cela devient très inquiétant, on ne peut pas continuer à battre ces records, les Jeux Olympiques sont terminés », déplore le sénateur écologiste. 

« Emmanuel Macron doit demander de la stabilité à son camp » 

La menace d’une censure immédiate d’un gouvernement dirigé par Lucie Castets irrite les dirigeants du NFP alors même que Jean-Luc Mélenchon a évoqué la possibilité d’un soutien sans participation de LFI. « Emmanuel Macron doit demander de la stabilité à son camp, on nous menace d’une censure immédiate », souligne Pascal Savoldelli. Pour le bloc central, l’absence de ministre LFI ne change rien et Gabriel Attal évoque « un simulacre d’ouverture » dans une lettre envoyée aux députés du groupe Ensemble pour la République. Sans prise de parole du Président de la République, de nouvelles consultations semblent compromises. Dès lors, l’intervalle dans lequel le chef de l’Etat pourra nommer un nouveau Premier ministre est restreint puisqu’Emmanuel Macron assistera à la cérémonie d’ouverture des Jeux Paralympiques mercredi avant de s’envoler pour la Serbie jeudi. « On ne peut plus attendre, qu’est-ce que la trêve olympique a changé ? Absolument rien », tranche Guillaume Gontard. 

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