Mauvaise passe pour LFI, qui espère néanmoins une 18e députée à Evry
Déboires judiciaires, sondages défavorables, tiraillements internes : après l'épisode des perquisitions chez Jean-Luc Mélenchon...

Mauvaise passe pour LFI, qui espère néanmoins une 18e députée à Evry

Déboires judiciaires, sondages défavorables, tiraillements internes : après l'épisode des perquisitions chez Jean-Luc Mélenchon...
Public Sénat

Par Stéphanie LEROUGE

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Déboires judiciaires, sondages défavorables, tiraillements internes : après l'épisode des perquisitions chez Jean-Luc Mélenchon et au siège de LFI mi-octobre, les Insoumis traversent une mauvaise passe, même s'ils ne désespèrent pas de décrocher dimanche à Evry une dix-huitième députée.

Le député des Bouches-du-Rhône a perdu six points, à 21%, sur sa "cote d'adhésion" dans une enquête Odoxa publiée mardi ; il chutait déjà de cinq points, à 17% d'opinions favorables, dans le baromètre LCI diffusé dimanche.

Une dernière enquête BVA vendredi octroie, elle, un gain de 2 points au député de Marseille, à 20% - dans le contexte de la mobilisation des "gilets jaunes", un mouvement dans lequel les Insoumis voient "des ferments de gauche", comme l'a dit le député François Ruffin.

Mais pour le directeur adjoint de l'institut Ifop Frédéric Dabi, "il y a clairement un avant et un après les perquisitions". L'image de Jean-Luc Mélenchon est "en effondrement", "il y a une rupture d'opinion parce qu'il a disloqué l'image qu'il s'était construite pendant la présidentielle", juge le sondeur.

En cause, moins les enquêtes judiciaires elles-mêmes --portant sur les comptes de campagne de M. Mélenchon et de présumés emplois fictifs au Parlement européen, elles sont désormais confiées à des juges d'instruction-- que la réaction outrancière de M. Mélenchon au siège de la France insoumise, sous l’œil des caméras.

Un comportement qui suscite des critiques jusque parmi les proches de M. Mélenchon: "On aurait pu gérer différemment", concède un député aux premières loges ce jour-là. Un autre député en convient, "la France insoumise n'est pas au top". Et alors qu'une partie des communistes envisageaient de se rapprocher de LFI, les choses sont gelées.

Au sein de la France insoumise, les tensions sur la ligne se font de plus en plus visibles, par exemple sur la question des migrants. Signataire du "Manifeste pour l'accueil des migrants" lancé par Regards, Médiapart et Politis, la députée Clémentine Autain a subi un tir de barrage de ses collègues députés, lors d'une réunion à l'Assemblée début octobre. "Un grand moment de solitude", sourit-elle aujourd'hui.

La gouvernance de la France insoumise, ce "mouvement gazeux" dont le but "n'est pas d'être démocratique", selon les mots de M. Mélenchon, suscite aussi des mécontentements.

- Un risque de "repli" -

Pressentie pour prendre la tête de la liste Insoumise aux européennes, Charlotte Girard a annoncé la semaine dernière y renoncer, pour des raisons seulement en partie personnelles.

"Il faudrait un espace de réflexions collectives. Ce sont des choses qu'on commence à se dire. Ma décision le permet", a confié dimanche à des journalistes Mme Girard, qui avait notamment critiqué fin août l'arrivée sans débat dans la campagne des Européennes de Sophia Chikirou, la conseillère en communication de Jean-Luc Mélenchon.

Sarah Soilihi, initialement située en neuvième place sur la liste des femmes, a pour sa part claqué la porte début novembre pour rejoindre Générations, en affirmant que "la France insoumise se replie sur elle-même".

Proche de M. Mélenchon, le député Alexis Corbière s'efforce lui de positiver malgré tout. "Cela fait 25 ans que je suis avec Jean-Luc Mélenchon et qu'il y a des gens qui nous expliquent qu'on traverse des mauvaises passes", dit-il à l'AFP.

"Malgré tout ce qu'a subi Jean-Luc Mélenchon, y compris sur le plan personnel, et qui sans doute n'a pas été sans effet, l'image de la France insoumise est intacte", veut-il croire.

A preuve selon lui, le maintien au-dessus de 10% de LFI dans les sondages sur les Européennes, et le résultat jugé encourageant de Farida Amrani dimanche dernier dans la législative qui doit pourvoir, à Evry, le siège laissé vacant par l'ancien Premier ministre Manuel Valls.

Créditée de 17,8% des voix (contre 17,6% en juin 2017), elle peut encore espérer l'emporter face à Francis Chouat (29,9), si elle récupère les voix qui se sont portées sur le communiste Michel Nouaille (8,4) et l'écologiste Eva Sas (10,5) -cette dernière n'a pas donné de consigne de vote.

Pour Frédéric Dabi, "tout est possible", même si la très faible participation (18%) montre bien la difficulté des Insoumis à mobiliser les électeurs.

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