Budget 2025 : la commission mixte paritaire a adopté le volet recettes
Credit:NICOLAS MESSYASZ/SIPA/2006251951

Mayotte : députés et sénateurs s’accordent pour durcir le droit du sol

A l’issue de la commission mixte paritaire, députés et sénateurs ont trouvé un accord sur la proposition de loi LR visant à restreindre une nouvelle fois le droit du sol à Mayotte. Le texte prévoit qu’un enfant né sur l’archipel ne pourra obtenir la nationalité française que si ses deux parents résident de façon régulière à Mayotte depuis au moins un an, contre trois mois actuellement.
Simon Barbarit

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La proposition de loi du député LR, Philippe Gosselin adoptée dans la confusion à l’Assemblée, avait été passablement modifiée par le Sénat, ce qui n’a pas empêché un accord entre députés et sénateurs en commission mixte paritaire, ce mardi. Sous la plume des sénateurs, le texte durcit les conditions l’obtention de la nationalité française par le droit du sol dans ce département. Pour les enfants nés à Mayotte, ce droit est conditionné à la résidence régulière sur le sol français, au moment de la naissance, d’un des parents et ce depuis un an et non plus trois mois comme c’est le cas actuellement.

Pour mémoire, cette première dérogation au droit du sol existe déjà à Mayotte. Elle avait été votée dans le cadre d’un projet de loi sur l’immigration en 2018. La population de Mayotte est estimée par l’Insee à quelque 320 000 habitants, près de la moitié des habitants sont des étrangers.

Dans la confusion, des députés de gauche avaient voté par inadvertance un amendement de l’UDR qui étendait le délai de résidence à trois ans, ce qui aurait laissé présager une censure du Conseil constitutionnel.

Le rapporteur LR du Sénat, Stéphane Le Rudulier avait voulu « sécuriser juridiquement » la proposition de loi en commission en ramenant le délai de résidence d’un parent à un an. La commission était également revenue sur l’extension de l’obligation de résidence des deux parents (contre un seul actuellement), votée par les députés. « L’article 73 de la Constitution nous permet de prendre des mesures dérogatoires en Outre-mer, mais le Conseil constitutionnel nous invite à la mesure. Le délai de 3 ans aurait été jugé disproportionné. De même, l’extension de l’obligation de résidence des deux parents aurait entraîné une rupture d’égalité pour les enfants issus d’une famille monoparentale », souligne Stéphane Le Rudulier. La commission est donc parvenue à un compromis, fixant le délai de résidence à un an pour les deux parents « sauf en cas de famille monoparentale ».

Le Sénat avait aussi supprimé l’obligation pour le parent de présenter un passeport biométrique à l’officier d’état civil, pour justifier de la durée de résidence régulière en France. Cette obligation a été restaurée par la commission mixte paritaire. « Nous considérions que cette mesure est de nature réglementaire. Mais nous sommes d’accord avec sa philosophie, c’est pourquoi nous avons lâché sur ce point », explique le rapporteur.

Les conclusions de la commission mixte paritaire seront examinées en séance publique, au Sénat, jeudi 3 avril.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

6min

Politique

Municipales 2026 : les prisons privées du vote par correspondance

Conformément à la loi promulguée en juillet 2025, les détenus ne pourront plus voter par correspondance aux scrutins locaux, dans le souci d’éviter toute distorsion électorale. Au mois de mars, les municipales seront les premières élections concernées par ce changement.

Le

image prétexte écran ordinateur
5min

Politique

 « Où va ma France ? » : Guillaume Gontard, président du groupe écologiste au Sénat, juge l’initiative « totalement scandaleuse et illégale ».

La députée écologiste Sabrina Sebaihi a dénoncé, lundi 5 janvier sur le réseau social X, le site « Où va ma France ? », qu’elle accuse de constituer un « fichage dangereux ». La plateforme cartographiant mosquées, quartiers dits « sensibles » et hébergements pour migrants, fait désormais l’objet de plusieurs saisines judiciaires.

Le

Le Senat, Paris.
5min

Politique

Fin de vie : « Un référendum sur le texte inopérant du Sénat, n’aurait pas de sens », considère Olivier Falorni

Cette semaine, la commission des affaires sociales du Sénat a restreint la portée de la proposition de loi établissant « un droit à l’aide à mourir », le remplaçant par une « assistance médicale à mourir ». L’auteur de la proposition de loi, le député Olivier Falorni, juge la version du Sénat « inopérante » et espère « un dernier mot » de l’Assemblée avant l’été. Le chef de l’Etat a rappelé qu’il était prêt à aller au référendum si la navette parlementaire était interrompue.

Le