Mayotte : « Le droit du sol n’est pas un tabou pour moi », assume le sénateur Thani Mohamed Soilihi

Au micro de Public Sénat, le sénateur Renaissance de Mayotte Thani Mohamed Soilihi évoque la suppression du droit du sol à Mayotte. Il demande d’abord au gouvernement d’assurer la promotion des restrictions déjà mises en place pour dissuader les migrants.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Pour endiguer l’immigration illégale en provenance des Comores dans l’archipel mahorais, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé vouloir supprimer le droit du sol sur l’île. Une mesure qui devra passer par une révision de la Constitution, et qui suscite de vives réactions, notamment du côté des oppositions de gauche, d’autant que le droit du sol est déjà soumis à plusieurs exemptions sur ce territoire de l’océan Indien. « Il faut dépassionner cette histoire de droit du sol. Les Mahorais attendent de la sécurité, les Mahorais attendent une lutte contre l’immigration illégale. Et il ne faudrait pas que, de part et d’autre, on se serve de cette situation pour faire le buzz. La question du droit du sol, ce n’est pas une question taboue pour moi », explique au micro de Public Sénat le sénateur Renaissance de Mayotte Thani Mohamed Soilihi.

« Des solutions sont en cours. Ces solutions permettent de dénier le droit du sol à plus de la moitié des naissances. Qu’est-ce qu’il faut faire avant de savoir si on va plus loin en matière de droit du sol ? C’est faire connaître ces dispositions afin que les gens sachent qu’en venant à Mayotte, en accouchant à Mayotte, le droit du sol ne fonctionnera plus », soutient l’élu.

Une loi d’urgence pour Mayotte

Le sénateur « appelle au déblocage de l’île », paralysée par un double mouvement des élus et des collectifs citoyens. « J’ai toujours soutenu ce mouvement de lutte contre l’insécurité et contre l’immigration clandestine. Mais il faut développer cette île et faire en sorte que l’économie et tout le reste refonctionnent à nouveau ».

Un projet de loi d’urgence pour Mayotte doit être présenté en Conseil des ministres le 22 mai. « Le 22 mai, c’est loin et moi j’aurais souhaité que la date soit plus rapprochée. Je n’ai pas la maîtrise du calendrier, mais faisons en sorte que ce 22 mai, soit un vrai rendez-vous », enjoint Thani Mohamed Soilihi.

Ce texte devrait notamment inclure la fin du titre de séjour territorialisée, l’une des principales revendications des manifestants sur l’île. « Lorsque des personnes bénéficient d’un titre de séjour à Mayotte, ils ne peuvent pas aller au-delà de l’archipel », explique le sénateur. « Et les Mahorais estiment que c’est une sorte de souricière. Ils veulent que les titres de séjour délivrés à Mayotte permettent aux gens d’aller partout ailleurs dans la République. »

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

France: Emmanuel MACRON Addresses The French People After Violent Protests
6min

Politique

Violences du 17 octobre : Macron exprime sa « colère » et sa « honte » et promet « toute la transparence »

Au lendemain des pillages et des dégradations qui ont frappé plusieurs villes françaises, le chef de l’État a promis de tirer « toutes les leçons » de la journée du 17 octobre. Face aux appels de la droite à décréter l’état d’urgence, il a privilégié le renforcement des mesures de protection et tenté de dissocier les violences des revendications contre la vie chère.

Le

High school students and Yellow Vests mobilisation in Paris
10min

Politique

Violences du 17 octobre : au Sénat, l’heure des comptes pour le gouvernement

Au lendemain des violences en marge des manifestations du 17 octobre, plusieurs sénateurs veulent que la Haute Assemblée prenne la main. Une demande de commission d’enquête et un débat au titre de l’article 50-1 sont déjà sur la table. À gauche comme à droite, on réclame des comptes sur les approximations. Mais les diagnostics divergent.

Le

Mayotte : « Le droit du sol n’est pas un tabou pour moi », assume le sénateur Thani Mohamed Soilihi
3min

Politique

« Scroller sur son téléphone tue l’empathie, on est anesthésié », Tina Kieffer

Journaliste de renom passée par « Frou Frou » et les rédactions engagées de « Marie Claire » et « DS Magazine », elle a mis l’engagement humanitaire au cœur de sa vie après la rencontre bouleversante d’une petite fille cambodgienne. Une petite fille qui deviendra sa fille adoptive et qui donnera son nom à l’école « Happy Chandara ». L’établissement fête cette année ses 20 ans, il est aujourd’hui un campus et il forme des milliers de filles, petites et grandes, qui participent activement à la reconstruction d’un pays meurtri par le génocide et la dictature des Khmers rouges. Cette semaine, Tina Kieffer est l’invitée de Rebecca Fitoussi dans Un monde, un regard.

Le

Mayotte : « Le droit du sol n’est pas un tabou pour moi », assume le sénateur Thani Mohamed Soilihi
3min

Politique

« Soit je quittais l’Afghanistan, soit j’étais morte » : le récit bouleversant de la fuite de cette para-athlète de son pays

Désormais, Zakia Khudadadi concourt sous les couleurs de la France. Un épilogue heureux pour cette championne de para-taekwondo qui a fui son pays en 2021 lors de la prise de pouvoir des talibans. Un récit émouvant, ainsi qu’un combat personnel mené aussi bien sur les tapis que dans la vie, qu’elle raconte au micro de Caroline Delage dans Sport etc… sur Public Sénat.

Le