Mayotte : « Le droit du sol n’est pas un tabou pour moi », assume le sénateur Thani Mohamed Soilihi

Au micro de Public Sénat, le sénateur Renaissance de Mayotte Thani Mohamed Soilihi évoque la suppression du droit du sol à Mayotte. Il demande d’abord au gouvernement d’assurer la promotion des restrictions déjà mises en place pour dissuader les migrants.
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Pour endiguer l’immigration illégale en provenance des Comores dans l’archipel mahorais, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé vouloir supprimer le droit du sol sur l’île. Une mesure qui devra passer par une révision de la Constitution, et qui suscite de vives réactions, notamment du côté des oppositions de gauche, d’autant que le droit du sol est déjà soumis à plusieurs exemptions sur ce territoire de l’océan Indien. « Il faut dépassionner cette histoire de droit du sol. Les Mahorais attendent de la sécurité, les Mahorais attendent une lutte contre l’immigration illégale. Et il ne faudrait pas que, de part et d’autre, on se serve de cette situation pour faire le buzz. La question du droit du sol, ce n’est pas une question taboue pour moi », explique au micro de Public Sénat le sénateur Renaissance de Mayotte Thani Mohamed Soilihi.

« Des solutions sont en cours. Ces solutions permettent de dénier le droit du sol à plus de la moitié des naissances. Qu’est-ce qu’il faut faire avant de savoir si on va plus loin en matière de droit du sol ? C’est faire connaître ces dispositions afin que les gens sachent qu’en venant à Mayotte, en accouchant à Mayotte, le droit du sol ne fonctionnera plus », soutient l’élu.

Une loi d’urgence pour Mayotte

Le sénateur « appelle au déblocage de l’île », paralysée par un double mouvement des élus et des collectifs citoyens. « J’ai toujours soutenu ce mouvement de lutte contre l’insécurité et contre l’immigration clandestine. Mais il faut développer cette île et faire en sorte que l’économie et tout le reste refonctionnent à nouveau ».

Un projet de loi d’urgence pour Mayotte doit être présenté en Conseil des ministres le 22 mai. « Le 22 mai, c’est loin et moi j’aurais souhaité que la date soit plus rapprochée. Je n’ai pas la maîtrise du calendrier, mais faisons en sorte que ce 22 mai, soit un vrai rendez-vous », enjoint Thani Mohamed Soilihi.

Ce texte devrait notamment inclure la fin du titre de séjour territorialisée, l’une des principales revendications des manifestants sur l’île. « Lorsque des personnes bénéficient d’un titre de séjour à Mayotte, ils ne peuvent pas aller au-delà de l’archipel », explique le sénateur. « Et les Mahorais estiment que c’est une sorte de souricière. Ils veulent que les titres de séjour délivrés à Mayotte permettent aux gens d’aller partout ailleurs dans la République. »

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