Mayotte : « Les ONG et le syndicat de la magistrature jettent de l’huile sur le feu », estime Thani Mohamed-Soilihi

Invité de notre matinale, le sénateur RDPI Thani Mohamed-Soilihi est revenu sur la situation à Mayotte, et appelle à continuer l’opération Wuambushu de destruction des bidonvilles. Le sénateur de Mayotte demande au gouvernement de déployer des bateaux militaires pour « dissuader » l’immigration comorienne sur l’île.
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« Il faut attendre la fin de l’opération Wuambushu pour savoir si elle a été efficace. En tout cas elle est nécessaire et la destruction de ces bidonvilles doit continuer », veut croire Thani Mohamed-Soilihi, sénateur de Mayotte, alors que la situation sur l’île est particulièrement tendue depuis le début de l’opération. Le sénateur de Mayotte rappelle que ces bidonvilles sont « extrêmement dangereux », et « s’étonne des associations qui font tout pour empêcher leur destruction. » « Une gamine de deux ans est entre la vie et la mort à cause d’un feu qui a été déclenché par une installation électrique précaire. En 2018, une mère et ses quatre enfants ont été tués dans une coulée de boue », raconte Thani Mohamed-Soilihi, en ajoutant à l’insalubrité, l’insécurité qui règne dans ces zones où fleurissent les logements de fortune des immigrés comoriens souvent illégaux.

« Certains se disent que la justice est contre eux »

Le sénateur lance donc un « appel solennel » aux ONG et aux associations qui tentent d’empêcher l’opération Wuambushu. Il estime notamment que le syndicat de la magistrature, qui a appelé « l’autorité judiciaire » à ne pas être « la caution de violations des droits humains », avant qu’une ordonnance ne suspende l’opération de démolition. « Le syndicat de la magistrature, de son fauteuil ici, est en train d’empirer les choses, indirectement. Quand ils envoient un communiqué avant l’opération pour dire que c’est une opération de com’ du gouvernement et appeler à ne pas appliquer la loi, ce sont ensuite les membres de ces syndicats qui rendent les décisions », détaille le sénateur de Mayotte.

Thani Mohamed-Soilihi précise qu’il ne « fait jamais l’amalgame » entre immigration et insécurité, mais que – à Mayotte – « ce n’est pas de l’amalgame, c’est la réalité. » Ainsi, le sénateur alerte sur le sentiment de délaissement des populations locales : « De plus en plus de personnes se disent que personne ne s’occupe d’eux. Ensuite, ils s’organisent, parfois de façon illégale, et se voient traduire devant la justice. Certains se disent que la justice est contre eux. »

« Le dispositif doit être augmenté, y compris en faisant appel à l’armée et aux bateaux militaires »

Thani Mohamed-Soilihi dresse ainsi un constat amer de l’intervention de certaines associations à Mayotte : « J’ai toujours eu le plus grand respect pour la séparation entre le pouvoir judiciaire et le pouvoir législatif, mais j’estime que certaines ONG, et le syndicat de la magistrature, jettent de l’huile sur le feu à Mayotte. »

Au-delà de l’opération Wuambushu, le sénateur de Mayotte n’hésite donc pas à appeler le gouvernement à « déployer les bateaux, les intercepteurs, qu’il faut au large de Mayotte », afin de « dissuader ces Kwassa Kwassa de venir. » Thani Mohamed-Soilihi estime même que « la situation impose que ce dispositif soit augmenté, y compris en faisant appel à l’armée et aux bateaux militaires. »

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Bourgoin-Jallieu  demonstation against sexual violence targeting women and children
6min

Politique

Loi intégrale contre les violences sexuelles : « Que le gouvernement aborde l'examen de ce texte avec humilité et en ayant en tête son bilan », enjoint Laurence Rossignol

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé l'inscription de la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles comme premier texte de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale lors de la reprise de la session ordinaire, début octobre. Ce texte de 69 articles est inspiré des 140 propositions élaborées par une coalition d'associations féministes et de défense des droits des enfants. Le meurtre dramatique de la jeune Lyhanna avait mis la pression sur l'exécutif, poussé par l'opposition de gauche et le bloc central, à aborder les violences sexuelles et sexistes dans une approche systémique.

Le

PARIS: REF 2026, Rencontre des Entrepreneurs de France 2025 du Medef – Présidentielle 2027 : suivez le premier débat de la campagne entre sept candidats réunis par le Medef
7min

Politique

Présidentielle 2027 : une multitude de candidats mais combien seront-ils réellement sur la ligne de départ ?

À huit mois de l’élection présidentielle, la course à l’Élysée donne l’impression d’une compétition sans limite. Une trentaine de personnalités, déclarées, pressenties ou envisagées, ambitionnent déjà de se présenter. Mais entre les primaires, le financement des campagnes et surtout les 500 parrainages d’élus nécessaires, la liste devrait rapidement se réduire.

Le

Photo illustration collage affiches election presidentielle de 2027
5min

Politique

Présidentielle : et si les électeurs français étaient moins indécis qu’on ne le pense ?

Une étude de Terra Nova en partenariat avec Cluster 17 sortie ce mercredi étudie la structure de l’électorat français à quelques mois de la présidentielle. Elle décrit des électeurs répartis en cinq blocs politiques. Si la porosité entre eux est possible, elle est plus probable entre blocs voisins. Si aucune majorité ne se dégage des estimations du premier tour, au second, le modèle prédit une victoire de Marine Le Pen dans tous les cas.

Le

Paris: The senate vote on an amendment of a government plan to enshrine the « freedom » to have an abortion in the French Constitution
11min

Politique

« La disparition de François Patriat nous ressoude encore plus » : confiant sur son maintien lors des sénatoriales, le groupe RDPI face à l’après Macron

Avec le décès de François Patriat, qui dirigeait le groupe macroniste depuis sa création en 2017, le RDPI, dont plus de la moitié des membres est renouvelable, aborde les sénatoriales dans des conditions très spéciales. Mais la disparition du fidèle d’Emmanuel Macron vient aujourd’hui resserrer les liens. Des questions se poseront plutôt après la présidentielle, où la « recomposition au centre » pourrait concerner le groupe, qui va avant se trouver un nouveau président. Plusieurs noms circulent.

Le