Mayotte : « Les ONG et le syndicat de la magistrature jettent de l’huile sur le feu », estime Thani Mohamed-Soilihi

Invité de notre matinale, le sénateur RDPI Thani Mohamed-Soilihi est revenu sur la situation à Mayotte, et appelle à continuer l’opération Wuambushu de destruction des bidonvilles. Le sénateur de Mayotte demande au gouvernement de déployer des bateaux militaires pour « dissuader » l’immigration comorienne sur l’île.
Louis Mollier-Sabet

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« Il faut attendre la fin de l’opération Wuambushu pour savoir si elle a été efficace. En tout cas elle est nécessaire et la destruction de ces bidonvilles doit continuer », veut croire Thani Mohamed-Soilihi, sénateur de Mayotte, alors que la situation sur l’île est particulièrement tendue depuis le début de l’opération. Le sénateur de Mayotte rappelle que ces bidonvilles sont « extrêmement dangereux », et « s’étonne des associations qui font tout pour empêcher leur destruction. » « Une gamine de deux ans est entre la vie et la mort à cause d’un feu qui a été déclenché par une installation électrique précaire. En 2018, une mère et ses quatre enfants ont été tués dans une coulée de boue », raconte Thani Mohamed-Soilihi, en ajoutant à l’insalubrité, l’insécurité qui règne dans ces zones où fleurissent les logements de fortune des immigrés comoriens souvent illégaux.

« Certains se disent que la justice est contre eux »

Le sénateur lance donc un « appel solennel » aux ONG et aux associations qui tentent d’empêcher l’opération Wuambushu. Il estime notamment que le syndicat de la magistrature, qui a appelé « l’autorité judiciaire » à ne pas être « la caution de violations des droits humains », avant qu’une ordonnance ne suspende l’opération de démolition. « Le syndicat de la magistrature, de son fauteuil ici, est en train d’empirer les choses, indirectement. Quand ils envoient un communiqué avant l’opération pour dire que c’est une opération de com’ du gouvernement et appeler à ne pas appliquer la loi, ce sont ensuite les membres de ces syndicats qui rendent les décisions », détaille le sénateur de Mayotte.

Thani Mohamed-Soilihi précise qu’il ne « fait jamais l’amalgame » entre immigration et insécurité, mais que – à Mayotte – « ce n’est pas de l’amalgame, c’est la réalité. » Ainsi, le sénateur alerte sur le sentiment de délaissement des populations locales : « De plus en plus de personnes se disent que personne ne s’occupe d’eux. Ensuite, ils s’organisent, parfois de façon illégale, et se voient traduire devant la justice. Certains se disent que la justice est contre eux. »

« Le dispositif doit être augmenté, y compris en faisant appel à l’armée et aux bateaux militaires »

Thani Mohamed-Soilihi dresse ainsi un constat amer de l’intervention de certaines associations à Mayotte : « J’ai toujours eu le plus grand respect pour la séparation entre le pouvoir judiciaire et le pouvoir législatif, mais j’estime que certaines ONG, et le syndicat de la magistrature, jettent de l’huile sur le feu à Mayotte. »

Au-delà de l’opération Wuambushu, le sénateur de Mayotte n’hésite donc pas à appeler le gouvernement à « déployer les bateaux, les intercepteurs, qu’il faut au large de Mayotte », afin de « dissuader ces Kwassa Kwassa de venir. » Thani Mohamed-Soilihi estime même que « la situation impose que ce dispositif soit augmenté, y compris en faisant appel à l’armée et aux bateaux militaires. »

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