Mayotte : « Nous devons endiguer cette immigration illégale qui est contraire à l’intérêt de l’enfant »

Après l’examen au Sénat du projet de loi de programmation sur la refondation de Mayotte, qui durcit certaines conditions d’accès au séjour, la co-rapporteure, Agnès Canayer (rattachée au groupe LR) a défendu la nécessité des mesures migratoires du texte qui ont suscité une levée de boucliers de la gauche.
Simon Barbarit

Temps de lecture :

2 min

Publié le

En attendant le vote solennel la semaine prochaine, l’ensemble des articles du projet de loi de programmation sur la refondation de Mayotte, ont été examinés cette semaine au Sénat. Un texte qui comporte plusieurs mesures sur l’immigration, souvent dérogatoires et spécifiques à Mayotte. Toutes ont été adoptées par la chambre haute, dominée par une alliance droite-centriste, malgré l’hostilité de l’ensemble de la gauche.

Sur les conditions d’accès au séjour, les sénateurs ont ainsi accepté d’imposer aux étrangers la détention préalable d’un « visa de long séjour » pour obtenir certaines cartes de séjour temporaire, ou encore d’étendre la durée de résidence régulière exigée pour obtenir une carte de résident « parent d’enfant français ». Au micro de Public Sénat, la rapporteure, Agnès Canayer (rattachée au groupe LR) a estimé que l’immigration était le cœur du sujet à Mayotte ». Selon elle, « l’immigration illégale met les enfants dans des conditions insupportables, vivant dans des bangas (bidonvilles), sans accès à l’école. Nous devons endiguer le plus rapidement possible cette immigration qui est contraire à l’intérêt de l’enfant ».

Parmi les mesures les plus polémiques, on peut citer la possibilité inédite de retirer des titres de séjour aux parents d’enfants considérés comme menaçant l’ordre public, y compris lorsque la défaillance des parents compromet la « moralité » ou « l’éducation » de leur enfant et la création de « lieux spécialement adaptés » à la rétention de familles accompagnées de mineurs.

« Ce n’est pas le retour de la rétention des mineurs mais un placement dans des unités adaptées qui seront créées spécialement où il y aura plus de liberté de circulation sous contrôle évidemment […] L’objectif, c’est de mettre en place des conditions plus humaines pour avoir un éloignement rapide et efficace ».

Le vote solennel sur ce texte aura lieu mardi 27 mai.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

French Prime Minister Sébastien Lecornu Chairs Crisis Cell in Marseille Over Heatwave
6min

Politique

« La chaleur monte encore d’un cran » : la canicule inquiète l’exécutif, entre feux de forêt record et passages aux urgences en hausse

Pour la première fois, le gouvernement a déployé ce vendredi le plan Orsec de lutte contre les catastrophes et accidents pour faire face aux chaleurs extrêmes dans les départements en vigilance rouge canicule. Les températures vont encore grimper ce week-end, renforçant les inquiétudes sur les fronts de l’hôpital et des feux de forêt.

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
9min

Politique

Présidentielle 2027 : le PS enterre la primaire ouverte et fragilise Olivier Faure

Après avoir été mis en minorité par les députés socialistes sur la stratégie à adopter lors de la motion de censure déposée par les Écologistes en pleine canicule, Olivier Faure a essuyé un deuxième revers, cette fois devant les militants de son propre parti. En rejetant sa proposition de primaire ouverte, le PS fragilise son premier secrétaire et ouvre une nouvelle phase de la course à la présidentielle. Au centre de toutes les interrogations désormais, la place que choisira d’occuper Raphaël Glucksmann.

Le

Paris: Debat reforme des retraites au Senat
5min

Politique

Sénatoriales : Guillaume Gontard va quitter la présidence du groupe écologiste, après six années passées à sa tête

Après le prochain renouvellement sénatorial du 27 septembre prochain, Guillaume Gontard quittera la présidence du groupe écologiste qu'il occupe depuis 6 ans. L'élu de l'Isère n'est pas renouvelable, mais a décidé de passer la main à la rentrée prochaine. Il se dit fier du travail accompli et « d'avoir pu instaurer une parole écologiste qui compte » au sein de la Haute Assemblée.

Le