Mayotte: plusieurs milliers de personnes manifestent à Mamoudzou
Plusieurs milliers de personnes ont manifesté mardi à Mamoudzou, chef-lieu de Mayotte, contre l'insécurité et l'immigration clandestine mais...

Mayotte: plusieurs milliers de personnes manifestent à Mamoudzou

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté mardi à Mamoudzou, chef-lieu de Mayotte, contre l'insécurité et l'immigration clandestine mais...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté mardi à Mamoudzou, chef-lieu de Mayotte, contre l'insécurité et l'immigration clandestine mais aussi pour réclamer davantage d'actions de l’État, alors que la ministre des Outre-mer Annick Girardin se trouve sur place.

"On est là pour crier notre colère. A partir d'aujourd'hui, nous allons défier le gouvernement", avait lancé un peu plus tôt un porte-parole du collectif, au début de la manifestation.

Les manifestants se sont ensuite rendus à la mairie de Mamoudzou, où ils ont trouvé porte close.

Mayotte, 101e département français
Carte de Mayotte et situation dans l'Océan indien
AFP

Dans le cortège, en garde partie composé de mahoraises portant le salouva (costume traditionnel) flottaient de nombreux drapeaux français, européens, ou siglés "département de Mayotte".

Sur certaines banderole, on pouvait lire: "Non à la conférence, oui aux actions", en référence à la conférence sur l'avenir de Mayotte, qu'avait proposée la ministre la semaine dernière.

"Je suis là pour la sécurité principalement, et pour tous les problèmes sociaux", a expliqué à l'AFP Lisa, enseignante de 26 ans. "Ici, n'essayez pas d'aller à l'hôpital, il n'y a pas de place, n'essayez pas d'aller à la CAF. Et dans l'éducation, ça ne va pas, il n'y a pas assez d'écoles, pas de moyens. On se fait voler le matériel scolaire, on me demande d'emmener mon propre matériel personnel, ça ne va pas", explique-t-elle.

"La ministre, elle n'a rien dit, je l'ai trouvé nulle, on demande des actes", ajoute-t-elle.

la ministre des Outre-mer Annick Girardin dialogue avec des manifestants à son arrivée le 12 mars à Mayotte.
la ministre des Outre-mer Annick Girardin dialogue avec des manifestants à son arrivée le 12 mars à Mayotte.
AFP/Archives

"On n'est plus chez nous. On nous tue. Que les clandestins retournent à Anjouan ou en métropole", hurle une autre manifestante, sans vouloir donner son nom.

Dans le même temps, entre 200 à 300 manifestants ont investi le conseil départemental, notamment pour dénoncer la "trahison" de certains élus qui ont accepté la veille de discuter avec la ministre, à Dzaoudzi.

Parmi les élus qui se trouvaient sur place et ont dû quitter l'hémicycle sous les huées des manifestants, le président du conseil départemental, le sénateur LREM Thani Mohamed Soihili, les maires de Mamoudzou, Tsingoni et Chirongui, et le président de l'association des maires.

La ministre, arrivée lundi dans un climat tendu, doit rencontrer dans l'après-midi à nouveau les élus, mais aussi le collectif et l'intersyndicale, initiateurs du mouvement de contestation populaire, qui avaient lundi refusé de la voir.

Pour Inayati Kassim, chargée de mission de 37 ans, "la délinquance s'est multipliée ces dernières années, Toutes les maisons sont barricadées. et même quand on est chez nous on se fait cambrioler", explique-t-elle.

"Il y a trop d'immigration, on est trop nombreux pour une si petite surface", insiste cette manifestante. Elle poursuit: "Tous les services de l’État sont débordés, aller aux impôts ou à l'état civil, ça vous prend une journée".

"L'hôpital aussi est saturé," dénonce Marie-Dachahou Assiaty, 37 ans, secrétaire. "On est obligé d'aller accoucher à La Réunion ou en métropole, car on nous dit +vous avez la Sécu, vous pouvez aller accoucher ailleurs+. Mais je cotise quand même", s'insurge cette mère de deux enfants, qui "a de plus en plus peur et envie de partir de Mayotte".

Après un tour dans les rues de Mamoudzou, le cortège est retournée sur la place de la République, pour des prises de paroles. "Le combat continue", a lancé un porte-parole à la tribune.

Partager cet article

Dans la même thématique

Mayotte: plusieurs milliers de personnes manifestent à Mamoudzou
3min

Politique

« La température est montée jusqu’à 50 degrés sur la façade de l’immeuble » rappelle cette jeune mère de famille de Pantin.

Confiné pour cause de canicule dans un appartement du centre de Pantin en Seine-Saint-Denis, épuisé par les vagues de chaleur à répétition, soucieux de l’état de santé d’un jeune bébé, Marion raconte, dans ce nouvel épisode de Dialogue Citoyen, comment elle et sa famille ont décidé de quitter la région parisienne quelques jours pour s’extraire de la fournaise dans laquelle ils vivaient depuis des semaines.

Le

Mayotte: plusieurs milliers de personnes manifestent à Mamoudzou
3min

Politique

L’impatience des sinistrés des incendies de l’été « Il faut accélérer les procédures » de reconstruction

L’été caniculaire a été, à bien des égards, particulièrement violent. Cinquante-trois jours de vagues de chaleur ont entraîné sécheresses, incendies et températures insupportables. Florence Van Overmeire a perdu sa maison lors des terribles incendies qui ont frappé la Gironde. Sur le plateau de Dialogue citoyen, face aux sénateurs, cette habitante de la commune du Porge a accepté de revenir sur cette épreuve et appelle à l’accélération des procédures de reconstruction.

Le

France Protests
4min

Politique

Mobilisation du 31 octobre : à quoi faut-il s’attendre ?

Le samedi 31 octobre s’annonce comme une journée sous haute tension en France. Après la mobilisation du 24 octobre qui s’est déroulée relativement dans le calme, la coordination des gilets jaunes et les organisations syndicales des lycéens et des étudiants ont appelé à « un acte III », une nouvelle journée de mobilisation sociale contre la vie chère. Face au risque « très élevé » de débordements, le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez prévoit de mobiliser 70 000 forces de l’ordre.

Le

Paris. french socialist parti national council.
15min

Politique

« Je ne veux pas devenir un vieux con » : du mouvement lycéen à Raphaël Glucksmann, David Assouline, l’ancien trotskiste toujours dans les coulisses

Ancienne figure du mouvement étudiant contre la loi Devaquet, en 1986, David Assouline fait aujourd’hui partie de ceux qui œuvrent au succès de la campagne de Raphaël Glucksmann. Formé à l’école trotskiste, cet ancien de la LCR a rejoint le PS dans les années 90, avant de passer 19 ans comme sénateur. « Tacticien et stratège », ce natif d’une famille juive marocaine, naturalisé à l’âge de 13 ans, sait ferrailler dans l’appareil socialiste. Il met aujourd’hui son expérience au profit de Raphaël Glucksmann, prédisant une « recomposition » et « un moment de dépassement » pour le PS.

Le