Mayotte: une « maternité internationale », sans toucher au droit du sol affirme un député LREM
Le gouvernement étudie la possibilité de faire de la clinique de Mayotte, saturée, une sorte de "maternité internationale" mais ...

Mayotte: une « maternité internationale », sans toucher au droit du sol affirme un député LREM

Le gouvernement étudie la possibilité de faire de la clinique de Mayotte, saturée, une sorte de "maternité internationale" mais ...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Le gouvernement étudie la possibilité de faire de la clinique de Mayotte, saturée, une sorte de "maternité internationale" mais "sans remettre en cause le droit du sol", affirme le député En Marche Aurélien Taché dans un entretien à La Croix de mardi.

"L'hypothèse d'étude du gouvernement est de donner à la clinique un statut d'extraterritorialité, c'est-à-dire d'en faire en quelque sorte une +maternité internationale+", affirme M. Taché, auteur d'un récent rapport sur l'intégration des réfugiés.

En visite à Mayotte, la ministre des Outre-mer Annick Girardin avait indiqué lundi que la création d'un tel statut d'extraterritorialité pour l'hôpital, qui est aussi la plus grande maternité de France, ferait l'objet d'un groupe de travail.

"Au lieu d'obtenir automatiquement la nationalité française", les enfants de femmes comoriennes qui y naîtraient "pourraient être déclarés comme Comoriens au registre de l’état civil", ajoute M. Taché.

La loi prévoit aujourd'hui que tout enfant né en France de parents étrangers acquière de plein droit la nationalité à sa majorité s'il y réside depuis au moins cinq ans (voire avant s'il en fait la demande).

Avec cette hypothèse, il ne s'agit "en aucun cas" d'"interdire l'accès à la maternité aux femmes comoriennes", ou de les pousser "à accoucher à l'extérieur", mais de permettre que les enfants naissant à l'hôpital de Mamoudzou "puissent être soit français, soit comoriens", selon ce membre de la commission des Affaires sociales.

"Le gouvernement va regarder s'il est possible que l'inscription de la nationalité française au registre de l'état civil ne soit pas automatique dans ce secteur précis, pour répondre à une difficulté bien particulière", précise cet élu du Val-d'Oise.

Pour M. Taché, il est peu probable "que cela puisse créer un précédent" et "il serait inacceptable de créer une exception au droit du sol à Mayotte".

De son côté, Laetitia Avia, numéro deux de LREM et députée de Paris, a estimé devant la presse qu'"aujourd'hui on est dans une situation extrêmement sensible" à Mayotte et "il faut étudier toutes les solutions possibles, trouver des solutions pragmatiques et concrètes".

Si "personne n'a de baguette magique" et si "nos valeurs républicaines ne seront remises en cause sur aucun de nos territoires", elle a souhaité que "les habitants de Mayotte ne soient pas des oubliés de la République".

Le président des Républicains Laurent Wauquiez, en déplacement à Mayotte, a déclaré début mars être pour une réforme du droit du sol sur l'île, en estimant que "quand un enfant naît ici de deux parents clandestins, il ne doit pas pouvoir être français".

Avec de telles propositions, le chef de file des Républicains "tente d'ouvrir une brèche dans le droit du sol" et "ce n’est pas du tout ce que souhaite faire le gouvernement", dénonce M. Taché, pour qui "il est fondamental d'éviter à tout prix de remettre en cause ce principe intangible".

Partager cet article

Dans la même thématique

Mirecourt: French president Emmanuel Macron
6min

Politique

Macron veut interdire les portables au lycée : mesure qui « va dans le bon sens » ou « peine perdue » ?

Le chef de l’Etat a annoncé que les téléphones portables allaient « sans doute » être interdits dès la rentrée prochaine dans les lycées. C’est « faisable », soutient le sénateur Renaissance Martin Lévrier. « Il est incorrigible. C’est une annonce par jour pour exister », raille le sénateur LR Max Brisson, opposé à l’interdiction au lycée. « Une annonce un peu surréaliste » qui élude les vrais problèmes, dénonce la sénatrice PS Colombe Brossel.

Le

France Marseille vs Newcastle: Pre-Match Security Highlights
3min

Politique

« Violences policières » : la gauche du Sénat demande une commission d’enquête sur de « potentiels dysfonctionnements » au sein de l’IGPN et l’IGGN

Suite aux récentes révélations mettant en cause les forces de l’ordre dans des affaires de violences au sein des personnes dépositaires de l’autorité publique, la gauche du Sénat demande à la commission des lois de se doter des prérogatives d’une commission d’enquête visant à examiner les conditions dans lesquelles l’IGPN et l’IGGN exercent leurs prérogatives.

Le

Paris : Debate session on the draft budget law for 2026
4min

Politique

Budget de la Sécu : la règle de l’entonnoir peut-elle faciliter un compromis ?

Mercredi, députés et sénateurs ne sont pas parvenus à trouver une un accord en commission mixte paritaire sur le projet de loi de la Sécurité sociale. Le texte repart donc pour une nouvelle lecture en séance publique à partir de mardi, à l’Assemblée nationale. Les députés vont plancher sur le texte sorti du Sénat et conformément à la règle dite de l’entonnoir, leur droit d’amendement est limité. Ce qui va accélérer les débats mais sera-t-il suffisant pour arriver à un compromis ? Explications.

Le

Paris : session of questions to the government at the Senate
4min

Politique

Décentralisation : un rapport du Sénat remis au Premier ministre

Afin d’accompagner Sébastien Lecornu vers son engagement d’un grand acte de décentralisation, Gérard Larcher avait fait parvenir le 31 octobre la contribution du Sénat. Le document que Public Sénat a pu consulter appelle à consacrer un principe de différentiation et d’autonomie fiscale des collectivités.

Le