Mazarine Pingeot sur François Mitterrand : « J’étais insolente avec mon père »

Grandir dans l’ombre du pouvoir oblige à se construire autrement, a fortiori lorsque votre existence relève du secret d’Etat. Mazarine Pingeot, « fille cachée » de François Mitterrand y est parvenue. Auteur d’une vingtaine d’ouvrages, la philosophe publie ces jours-ci Inappropriable (ed. Climats Flammarion), un essai ambitieux sur la relation entre l’homme et l'intelligence artificielle. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, elle revient sur une enfance hors du commun.
Rédaction Public Sénat

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« Ceux qui étaient dans le secret se comptaient sur les doigts des deux mains ». Comment se construit-on quand on grandit dans le secret. Fille cachée de l’ancien président de la République François Mitterrand et de l’historienne de l’art Anne Pingeot, Mazarine Pingeot a grandi dissimulé aux regards des photographes et des journalistes. Un choix difficile que l’écrivaine dit avoir subi : « moi, je suis le fruit d’une histoire qui avait commencé bien en amont, donc c’était normal d’une certaine manière de continuer [ce secret] … Je ne me préoccupe pas beaucoup de ça à 10 ans. »

« Je n’allais pas acheter de baguette à la boulangerie »

Un secret qu’elle avait intégré au point de limiter ses sorties, au-delà de ce qui était interdit, raconte-t-elle « c’était une normalité anormale, mais c’était ma normalité (…) pour sortir, il fallait passer un sas, dire quand on revenait ». Avec le recul elle s’interroge sur cette « mécanique très sourde qui se met en place, sans avoir besoin d’être explicite (…) mon père ne m’en aurait jamais voulu en réalité ».

Une adolescente comme les autres

Une situation exceptionnelle pour une adolescente qui revendiquait sa normalité : « J’étais insolente avec mon père… en revanche j’essayais de ne pas me faire remarquer, parce que je me serais mise au centre et l’idée c’était de rester invisible », admet-elle.

 

L’émission est à retrouver en intégralité ici.

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