Medef: la réforme adoptée, Roux de Bézieux contre-attaque sur la dette
Le Medef a adopté mardi sa plus importante réforme en deux décennies, un succès pour son président Geoffroy Roux de Bézieux, qui...

Medef: la réforme adoptée, Roux de Bézieux contre-attaque sur la dette

Le Medef a adopté mardi sa plus importante réforme en deux décennies, un succès pour son président Geoffroy Roux de Bézieux, qui...
Public Sénat

Par Boris CAMBRELENG

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le Medef a adopté mardi sa plus importante réforme en deux décennies, un succès pour son président Geoffroy Roux de Bézieux, qui en a profité pour critiquer le gouvernement sur la dette, après la polémique déclenchée par l'invitation de Marion Maréchal.

"Je vous remercie pour cette très forte confiance qui va nous donner les moyens d'agir", a déclaré M. Roux de Bézieux dans un discours de clôture devant les délégués qui ont approuvé sa réforme à 97,6%, "presque un score de dictateur soviétique, ou (nord-) coréen pour prendre quelque chose de plus moderne", a-t-il plaisanté.

Revenant sur le tollé soulevé la semaine dernière par la révélation de l'invitation de l'ex-député FN (devenu RN) Marion Maréchal à participer à un débat sur les populismes dans le cadre de l'université d'été du Medef fin août, il a expliqué que l'idée était de débattre avec des populistes non pas "pour leur donner une tribune mais pour les confronter à l'impasse de leur programme".

Il a pris la décision d'annuler le débat parce que ça avait été interprété comme "vous donnez une tribune à l'extrême-droite".

Mais selon lui, "le problème demeure: ce n'est pas en cachant la poussière sous le tapis qu'on y arrivera".

Elu il y a tout juste un an la tête du Medef et cultivant jusqu'ici des relations moins conflictuelles avec l'exécutif que son prédécesseur Pierre Gattaz, a vivement critiqué les dérapages budgétaires du gouvernement, alors que Bercy vient de réviser à la hausse le déficit public prévu pour cette année, à 3,1%.

"Nous sommes inquiets de la trajectoire budgétaire", a-t-il souligné, en ajoutant trouver "terriblement dangereux" ceux qui proposent de profiter des taux d'intérêt très bas pour s'endetter davantage.

Car "on s'est endetté pour financer des dépenses de fonctionnement non maîtrisées" et non pour investir dans des infrastructures par exemple, a détaillé M. Roux de Bézieux.

"On a besoin d'un cap clair, de stabilité, de cohérence", a souligné M. Roux de Bézieux en assénant que "c'est parfois ce qui fait défaut au gouvernement", après avoir réitéré son rejet du système de bonus-malus décidé pour les cotisations des entreprises à l'assurance-chômage.

- Dialogue avec les ONG -

Revenant sur la crise des "gilets jaunes", il a estimé que "le niveau de confiance de notre pays est au bas depuis très longtemps", et que le sujet de la fracture territoriale "ne concerne pas seulement le pays, mais aussi nos entreprises".

Durant ce mouvement, "nous ne sommes pas restés simples spectateurs", mais le Medef a fait des propositions car c'était "un moment stratégique durant lequel notre légitimité était en jeu", selon le président du Medef.

La réforme dote la première organisation patronale d'une raison d'être, "agir ensemble pour une croissance responsable" incarnant sa volonté d'ouverture sur la société et de prise en compte du réchauffement climatique.

Le Medef, qui compte 173.000 adhérents, a par ailleurs décidé de renoncer d'ici 2023 à 4,4 millions d'euros de financements issus du paritarisme, qui représentent environ 12% de son budget, en commençant par ceux provenant de l'Unedic dès 2020.

Il veut aussi porter de 8% à 30% la part de femmes occupant des postes de responsabilité dans ses instances, en leur faisant signer une "charte d'engagement", mais sans recourir à des sanctions pour les récalcitrantes.

Le poids des fédérations territoriales (régions et départementales) va être renforcé face aux fédérations professionnelles, actuellement prépondérantes.

Enfin, l'organisation patronale veut se doter d'une structure permanente pour dialoguer avec les ONG. "Avec toutes les ONG, même celles qui ne sont pas très amies de l'entreprise", a assuré M. Roux de Bézieux.

"Les ONG ont un impact, sur nos salariés, sur nos consommateurs, et elles commencent pour les sociétés cotées à avoir un impact sur nos actionnaires", a-t-il prédit, estimant que le mouvement allait s'étendre aux autres entreprises.

Pour le président du Medef, "l'idée c'est de transformer globalement ce qui était peut-être au Medef des parties absentes en parties prenantes".

Partager cet article

Dans la même thématique

Dette publique : la piste d’une annulation partielle, défendue par Jean-Luc Mélenchon, se heurte à de nombreuses difficultés
7min

Politique

Dette publique : la piste d’une annulation partielle, défendue par Jean-Luc Mélenchon, se heurte à de nombreuses difficultés

Le candidat de la France insoumise à l’élection présidentielle remet dans le débat sa proposition d’effacement des 20 % de la dette publique logée dans la Banque de France. Une solution en apparence miracle, qui en réalité rencontrerait plusieurs difficultés. Risques inflationnistes, mise au ban de l’Europe, perte de confiance : des obstacles comme des dangers barrent la route.

Le

SIPA_01234434_000029
6min

Politique

Présidentielle 2027 : Philippe et Attal font de l’école un nouveau terrain de bataille, au risque d’éreinter le bilan Macron

À quelques jours de la rentrée scolaire, Édouard Philippe et Gabriel Attal font de l’éducation l’un des premiers terrains de la présidentielle de 2027. Les deux anciens Premiers ministres d’Emmanuel Macron partagent un constat : niveau scolaire insuffisant, recrutement difficile, rémunération trop faible des enseignants, problèmes d’autorité, mais divergent sur les réponses à apporter. Une bataille programmatique qui les oblige aussi à se confronter à leur propre bilan au sein de la majorité depuis la présidentielle de 2017.

Le

Montreuil: Les rencontres de Montreuil pour rassembler la gauche
4min

Politique

Primaire PS/Place publique : comment va-t-elle se passer ?

Le bloc social-démocrate s’organise pour trouver son candidat à la présidentielle. Le Parti socialiste et Place publique organisent une primaire destinée à leurs adhérents et sympathisants. Ses modalités ont été longuement débattues : la question du prix de la participation ainsi que l’engagement à ne pas s’allier avec LFI aux législatives ont agité les négociateurs. L’accord trouvé doit être validé par les organes décisionnels des deux partis ce mardi soir.

Le

Capture d’écran du documentaire « Montand est à nous » d’Yves Jeuland
5min

Politique

Les « docus de l’été » : Du communisme à l’Aveu de Costa-Gavras, la vie d’Yves Montand racontée par Yves Jeuland

Fasciné depuis son enfance par la vie d’Yves Montand, dans son film Montand est à nous, Yves Jeuland nous propose un voyage dans la vie de la star française. Une forme d’inventaire affectif du réalisateur pour celui qui fut tour à tour un chanteur et un comédien engagé aux côtés du parti communiste avant d’en dénoncer les errements, dans l’un de ses rôles les plus célèbres, dans le film de Costa Gavras l’Aveu. "Montand est à nous", un documentaire d’Yves Jeuland à voir cet été sur Public Sénat.

Le