Meeting ADP : « Une sorte de recomposition de ligues dissoutes », juge Erwan Balanant (MoDem)
Sur le plateau de Parlement Hebdo, Erwan Balanant, député MoDem du Finistère, est revenu sur le lancement de la campagne transpartisane sur le référendum d’initiative partagée contre la privatisation d’Aéroports de Paris. Le député dénonce une opposition de principe de la part de certains élus de droite.

Meeting ADP : « Une sorte de recomposition de ligues dissoutes », juge Erwan Balanant (MoDem)

Sur le plateau de Parlement Hebdo, Erwan Balanant, député MoDem du Finistère, est revenu sur le lancement de la campagne transpartisane sur le référendum d’initiative partagée contre la privatisation d’Aéroports de Paris. Le député dénonce une opposition de principe de la part de certains élus de droite.
Public Sénat

Par Ariel Guez

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Alors qu’a été lancée pour la première fois une campagne visant à déclencher un référendum d’initiative partagée sur la privatisation d’ADP, Erwan Balanant, député Modem du Finistère, voit dans l’opposition, réunie jeudi soir dans un meeting transpartisan à Saint-Denis, « une sorte de recomposition de ligues dissoutes ». « On a un petit peu l’impression que ce sont des gens qui avant n’avaient jamais rien à se dire et qui aujourd’hui, pour être dans l’opposition, se mettent ensemble. », explique le député. La France insoumise, le Parti communiste et le Parti socialiste sont opposés à la privatisation, mais aussi Les Républicains.

Erwan Balanant pointe la « mauvaise foi » de certains élus des Républicains sur ce dossier. « D’ailleurs, il y a certains membres de LR qui sont extrêmement mal à l’aise », précise-t-il. Néanmoins, le député rassure : les Républicains peuvent être contre la privatisation d’ADP. « Ce n’est pas un problème, explique-t-il, mais je pense qu’il y a quand même eu une instrumentalisation d’une partie des LR pour être contre la politique que nous menons ». « On sent que c’est une opposition pour s’opposer », affirme-t-il.

Si Erwan Balanant juge que dans une démocratie, « l’opposition est extrêmement importante et elle doit alerter et mettre en garde », le député rappelle qu’il n’y a pas de privatisation d’ADP prévue. « C’est une concession sur 70 ans, le foncier restera régalien ». L’élu du Finistère précise que ce n’est pas le seul montage de ce type qui existe en France, prenant l’exemple du pont de Millau.

Mais le député reconnaît « une erreur » sur la privatisation des autoroutes en 2005. « C’est peut-être parce qu'il y a eu cette erreur de faite sur les autoroutes qu’il y a cette mise en garde. Et ces vigilances, il faut les entendre aussi », indique-t-il. Erwan Balanant avoue qu’au départ, il « aurait peut-être préféré que l’aéroport reste géré par le public comme il l’était avant ». « Mais quand j’ai approfondi le dossier, j’ai vu qu’il y avait beaucoup de choses qui devaient changer », explique-t-il.

Interrogé sur la possibilité de mettre en place le référendum si les 4,7 millions de signatures sont récoltées, Erwan Balanant rappelle que selon certains constitutionnalistes, « il y a peut-être un détournement de ce qu’est le RIP […] Mais si le référendum respecte la constitution et les textes organiques qui le définissent, il faut évidemment qu’il aille jusqu’au bout, ça s’appelle la démocratie », affirme-t-il.

Retrouvez l’intégralité de l’émission du 21 juin 2019, à 18 heures sur les chaînes parlementaires.

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Meeting ADP : « Une sorte de recomposition de ligues dissoutes », juge Erwan Balanant (MoDem)
7min

Politique

Présidentielle 2027 : pourquoi l’élection française inquiète déjà les Européens

À huit mois de la présidentielle française, Bruxelles scrute déjà avec inquiétude les propositions des principaux candidats. Budget européen, primauté du droit de l’UE, dette, soutien à l’Ukraine... l’éventualité d’une victoire du RN ou de Jean-Luc Mélenchon alimente les craintes. Au point de transformer la France en maillon faible de l'UE ? Ici l'Europe ouvre le débat, avec les eurodéputés Daniel Freund (Allemagne, Les Verts), Charles Goerens (Luxembourg, Renew Europe) et Andras Laszlo (Hongrie, Patriotes pour l’Europe).

Le

Paris : Francois Bayrou recoit l l UDI
7min

Politique

« Pas à la hauteur » : le coup de gueule d’Hervé Marseille, après le soutien de Bruno Retailleau à Valérie Boyer pour les sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône

Ça chauffe dans les Bouches-du-Rhône, où le soutien du président de LR, Bruno Retailleau, à la liste de la sénatrice LR Valérie Boyer, reste au travers de la gorge de son homologue de l’UDI, le sénateur Hervé Marseille. Car les LR ont apporté leur investiture à une autre liste, celle de la sénatrice UDI Brigitte Devésa et de Renaud Muselier, membre de Renaissance. Gérard Larcher devrait se rendre sur place la semaine prochaine pour soutenir cette liste. Un imbroglio qui divise un peu plus la droite sur place. Explications.

Le

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le