Mélenchon « aurait pu faire une conférence de presse pour dénoncer ces perquisitions » selon Julien Dray
Figure de l’aile gauche du PS, l’ancien député de l’Essonne, Julien Dray revient sur la séquence qui entoure les perquisitions de Jean-Luc Mélenchon et des locaux de La France Insoumise.

Mélenchon « aurait pu faire une conférence de presse pour dénoncer ces perquisitions » selon Julien Dray

Figure de l’aile gauche du PS, l’ancien député de l’Essonne, Julien Dray revient sur la séquence qui entoure les perquisitions de Jean-Luc Mélenchon et des locaux de La France Insoumise.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Que pensez-vous de la réaction de Jean-Luc Mélenchon suite à la quinzaine de perquisitions dont les membres de son parti et lui-même ont fait l’objet ?

Il y a deux moments différents. Au départ, ce qu’il fait est assez malin. En choisissant de diffuser les images de la perquisition, il prend l’initiative. Il fait l’évènement et ses propos sont assez maîtrisés. Après, lorsqu’il monte dans les escaliers pour défoncer la porte de son local… Je ne peux pas le défendre. Il pète les boulons. Même si on peut lui trouver des circonstances atténuantes, il se fragilise avec ces images violentes. Il aurait pu faire une conférence de presse pour dénoncer ces perquisitions.

Jean-Luc Mélenchon dénonce « une manœuvre politique » et dit qu’il « n’y a rien dans le dossier ». Pensez-vous qu’il y a deux poids, deux mesures en ce qui concerne ces deux enquêtes préliminaires : sur ses comptes de campagne et sur l’affaire d’assistants d'eurodéputés de la France Insoumise ?

Sur les comptes de campagne, je ne connais absolument pas l’affaire. En ce qui concerne les assistants parlementaires, le dossier ne tient pas debout. Car on projette le concept d’emplois fictifs, c'est-à-dire des personnes qui sont payées à ne rien faire, vers des assistants parlementaires qui eux travaillent. Ce qui est contesté, c’est la domiciliation de leur travail. Le parti de Jean-Luc Mélenchon n’est pas le seul à être mis en cause et dans ces affaires, je trouve que tout le monde se défend assez mal. Par principe, les assistants parlementaires ont une relation de dépendance avec l’élu. C’est lui qui fixe le cadre de leurs fonctions. Si ça ne convient plus, à ce moment-là, il faut changer le statut de l’assistant parlementaire et en faire un fonctionnaire du Parlement. Je suis contre, car comment un parlementaire pourrait être certain de la loyauté de son collaborateur ?

Cette affaire a également fait resurgir le débat autour de l’indépendance du parquet…

On est dans la confusion la plus totale. L’indépendance du parquet renvoie à l’idée qu’il y a un pouvoir judiciaire. Or, ce n’est pas le cas. Le pouvoir judiciaire est en fait une autorité que lui délègue le pouvoir exécutif. En France, la justice est rendue au nom du peuple. Mais si le peuple français n’élit pas ses juges, ce n’est pas possible.

Dernièrement, on a évoqué de votre part des velléités de départ du Parti socialiste, et même une volonté de rapprochement avec Jean-Luc Mélenchon en vue des Européennes. Où en êtes-vous ?

Pour l’instant, je suis dans une réflexion personnelle. Je ne suis pas dans une négociation avec les uns et les autres.

Partager cet article

Dans la même thématique

Mélenchon « aurait pu faire une conférence de presse pour dénoncer ces perquisitions » selon Julien Dray
2min

Politique

Mort de Quentin : Vincent Jeanbrun pointe la responsabilité de LFI dans « la libération de la parole violente »

Invité dans notre matinale, le ministre du Logement est revenu sur la mort de Quentin en marge d’une intervention de Rima Hassan à Sciences Po Lyon. L’ancien député LR pointe la responsabilité de LFI dans « l’hystérisation » du débat public et appelle la France Insoumise à « se soumettre » au respect du débat public et des règles de droit.

Le

Mélenchon « aurait pu faire une conférence de presse pour dénoncer ces perquisitions » selon Julien Dray
3min

Politique

Logement : « Quand on est un criminel, on ne doit pas bénéficier d’un logement social » estime Vincent Jeanbrun

Invité de notre matinale, le ministre du Logement n’a pas nié les difficultés d’un secteur en crise, et mise en réponse sur un « plan de relance. » Concernant le logement social, Vincent Jeanbrun défend toujours la fin du « logement social à vie » et l’expulsion de locataires condamnés pour des faits « particulièrement graves. »

Le

proc ok
3min

Politique

Quentin Deranque a été frappé par au « moins six individus », pas d’interpellation à ce stade, précise le procureur

« Ces trois jeunes hommes, dont Quentin Deranque, ont été jetés au sol, frappés à de très nombreuses reprises par plusieurs individus, au moins six pour Quentin Deroc », a précisé le procureur de Lyon, lors d’une conférence de presse. Selon l’avancée de l’enquête, il ne confirme pas que les agresseurs sont liés à la mouvance antifasciste. Les agresseurs étaient « masqués, cagoulés ».

Le