Mélenchon chiffre son programme et détaille son plan de relance économique
"Choc d'investissement", "révolution fiscale", relance budgétaire: Jean-Luc Mélenchon a présenté et chiffré dimanche son plan économique pour...

Mélenchon chiffre son programme et détaille son plan de relance économique

"Choc d'investissement", "révolution fiscale", relance budgétaire: Jean-Luc Mélenchon a présenté et chiffré dimanche son plan économique pour...
Public Sénat

Par Lucile MALANDAIN

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

"Choc d'investissement", "révolution fiscale", relance budgétaire: Jean-Luc Mélenchon a présenté et chiffré dimanche son plan économique pour 2017-2022 qui repose sur un ensemble "vertueux" de croissance, d'emploi et même de baisse de la dette.

"On nous demande toujours +combien ça coûte?+, nous allons le dire", a déclaré le candidat à la présidentielle en ouvrant une émission de plus de cinq heures retransmise sur Youtube pour chiffrer la totalité de son programme "l'Avenir en commun" mais aussi déflorer le cadrage macro-économique de son quinquennat.

Plan de relance keynésien en lieu et place de l'austérité libérale est la philosophie de ce programme économique qui passe par un plan d'investissement de 100 milliards d'euros, financé par l'emprunt le plus rapidement possible au début du quinquennat.

La répartition de ces milliards sera ciblée sur "l'urgence sociale" (45 mds dont 18 pour le logement), "l'urgence écologique" (50 mds dont 25 pour le développement des énergies renouvelables, très pourvoyeuses d'emplois) et 7 mds pour les services publics.

Il s'agit "d'injecter une masse suffisante qui remette en route l'activité", a expliqué M. Mélenchon, c'est-à-dire de choisir des projets pourvoyeurs d'activité afin d'obtenir l'effet multiplicateur de l'investissement escompté, qu'il estime à 2 à 3.

Le candidat a néanmoins reconnu que ce choc d'investissement ne se ferait pas sans obstacle: "on ne dépense pas 100 milliards en un claquement de doigt", a-t-il expliqué, rappelant que tout investissement devait nourrir un projet établi et solide. "Pour nous le plus difficile sera de gérer le délai", a-t-il précisé.

Jean-Luc Mélenchon (D)  lors d'une émission sur YouTube présente et chiffre son plan économique pour 2017-2022, le 19 février 2017
Jean-Luc Mélenchon (D) lors d'une émission sur YouTube présente et chiffre son plan économique pour 2017-2022, le 19 février 2017
AFP

Parallèlement, le programme prévoit une augmentation de la dépense publique (+173 mds sur le quinquennat) pour financer en particulier l'augmentation des salaires et la réduction du chômage, par le biais par exemple de la sécurité sociale intégrale en vertu de laquelle un chômeur en fin de droits pourra se retourner vers l'Etat pour que ce dernier lui fournisse un emploi.

- Choix politiques -

"Ce plan de relance répond à des choix politiques affirmés, il ne s'agit pas de financer des produits importés qui ont fait trois fois le tour du monde, ce n'est pas une relance à la papa", précise son équipe, évoquant notamment l'objectif de restreindre l'empreinte écologique du pays plutôt que d'augmenter sa consommation.

Une "révolution fiscale" prévoit par ailleurs une baisse de l'impôt sur les sociétés à 25%, la progressivité de la CSG et un taux marginal de 90% sur la dernière tranche de l'impôt sur le revenu au-delà de 400.000 euros par an.

Grâce à la relance qui permettra, selon les calculs des experts de La France insoumise, 190 mds de recettes supplémentaires, M. Mélenchon annonce des taux de croissance très flatteurs pour son quinquennat (autour de 2% dès 2018), un taux de chômage réduit à 6% contre 10% aujourd'hui (plus de 3 millions d'emplois créés dont 2 millions dans le secteur marchand), et une envolée de l'inflation, au-delà de 4% à la fin du quinquennat - qui mécaniquement augmente les recettes de l'Etat.

Jean-Luc Mélenchon lors d'une émission entièrement consacrée au chiffrage de son projet, retransmise sur Youtube et Facebook, le 19 février 2017 à Paris
Jean-Luc Mélenchon lors d'une émission entièrement consacrée au chiffrage de son projet, retransmise sur Youtube et Facebook, le 19 février 2017 à Paris
AFP

Au-delà et, concède-t-il, "ce n'est pas son objectif essentiel", cette politique économique aura un effet vertueux sur les déficits. Ainsi le déficit public (Etat, protection sociale et collectivités territoriales) serait réduit à 2,5% du PIB à la fin du quinquennat, après une incartade à 4,8% du PIB en 2018, qui pourrait faire pâlir Bruxelles. Et la dette publique passerait à 87% en 2022.

Ces prévisions ne correspondent à aucune de celles publiées par les organismes internationaux, français ou celles du gouvernement actuel. Mais, justifie l'équipe de M. Mélenchon, elles seront possibles grâce à l'"efficacité" du programme.

Partager cet article

Dans la même thématique

Rally at Place de la Republique for the release of activists from the Global Sumud Flotilla
7min

Politique

Garde à vue de Rima Hassan : comment fonctionne l’immunité parlementaire des eurodéputés ?

L’eurodéputée Rima Hassan a été placée en garde à vue jeudi. Ressortie libre dans la soirée, elle, sera jugée le 7 juillet prochain devant le tribunal correctionnel pour « apologie de terrorisme », en raison d’un post publié le 26 mars 2026 sur son compte X. La procédure a entraîné de nombreuses questions au regard de l’immunité parlementaire qui protège les députés européens.

Le

Session of questions to the government at the Senate
3min

Politique

Un nouveau projet de loi contre le séparatisme pour renforcer l’arsenal de 2021

Le gouvernement prépare un nouveau texte législatif visant à renforcer la lutte contre le séparatisme, dans la continuité de la loi adoptée en 2021. Présenté fin avril en Conseil des ministres, ce projet entend combler certaines limites identifiées par l’exécutif, notamment en matière de contrôle des structures et de protection des mineurs.

Le

Paris: Gerard Larcher elu President du Senat
9min

Politique

Sénatoriales : le groupe PS s’attend à une stabilité ou à un léger recul

Après les municipales, le PS espère conserver sa place de second groupe de la Haute assemblée, à l’issue des sénatoriales de septembre. « Je parie sur la stabilité », affirme Patrick Kanner, patron des sénateurs socialistes. Le sénateur du Nord n’exclut cependant pas le scénario du pire, qui serait « une perte sensible » de « 5 sièges ». Le groupe compte aujourd’hui 65 membres.

Le