Mélenchon contre-attaque après l’audition de sa conseillère Sophia Chikirou
Plongé dans une tourmente juridico-médiatique depuis quatre jours, Jean-Luc Mélenchon a répliqué avec virulence vendredi,...

Mélenchon contre-attaque après l’audition de sa conseillère Sophia Chikirou

Plongé dans une tourmente juridico-médiatique depuis quatre jours, Jean-Luc Mélenchon a répliqué avec virulence vendredi,...
Public Sénat

Par Gaëlle GEOFFROY, Stéphanie LEROUGE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Plongé dans une tourmente juridico-médiatique depuis quatre jours, Jean-Luc Mélenchon a répliqué avec virulence vendredi, dénonçant une "offensive politique" de la "Macronie" contre la France insoumise et prenant la défense de sa conseillère Sophia Chikirou, entendue par la police à Nanterre.

Mme Chikirou a été entendue par la police anticorruption (Oclciff), dans l'enquête sur les comptes de campagne de la France insoumise. Elle est soupçonnée d'avoir surfacturé ses prestations auprès du candidat Mélenchon dont elle était la directrice de communication lors de la campagne de 2017.

"Nous sommes dans l'épreuve depuis dorénavant quatre jours, sous le feu d'une offensive politique organisée par toute la Macronie et qui a trouvé ses relais en instrumentalisant la police, la justice et les médias", a déclaré M. Mélenchon devant la presse au siège du parti.

Dans un monologue de plus de 40 minutes prononcé sans presque reprendre son souffle, M. Mélenchon s'en est pris au PS, coupable de ne pas l'avoir soutenu, à l'un des rapporteurs de la Commission nationale des comptes de campagne Jean-Guy de Chalvron ("cet être vil et dégénéré"), ou encore à Radio France, coupable selon lui d'une "série d'affirmations diffamatoires et calomnieuses" dans une enquête publiée vendredi matin sur Sophia Chikirou et sa société Mediascop.

Il a redit sa "confiance totale" en Mme Chikirou, un "bouc-émissaire".

M. Mélenchon avait lui-même été entendu jeudi à Nanterre, deux jours après une série de perquisitions à son domicile, chez des proches, et aux sièges de la France insoumise et du Parti de gauche.

Il s'est une nouvelle fois insurgé vendredi contre une opération n'ayant "aucun précédent politique dans la vie de ce pays" et qui a mobilisé "plus de cent policiers" sous la houlette du parquet et non d'un juge d'instruction.

Il a demandé "l'annulation" de la perquisition menée mardi au siège de LFI et "la restitution de tout ce qui a été prélevé", selon lui "illégalement". La perquisition avait tourné court, sans que ne soit délivré un PV au responsable légal de LFI Manuel Bompard, après l'irruption par la force dans les lieux de M. Mélenchon et de ses proches.

- Une "présidentialité" abîmée -

Les investigations ont été lancées à la suite du signalement adressé le 16 mars au parquet par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), qui est chargée de contrôler les comptes de campagne.

Fin 2017, cette autorité administrative indépendante avait validé les comptes des 11 prétendants à l'Élysée non sans avoir retranché certaines dépenses notamment pour Jean-Luc Mélenchon (LFI) et Marine Le Pen (FN). Au total, plus de 400.000 euros de dépenses de la campagne LFI avaient été exclus des frais que l'État rembourse aux candidats ayant totalisé plus de 5% des suffrages.

La campagne de M. Mélenchon n'est pas la seule à avoir fait l'objet d'un signalement à la justice: la CNCCFP avait également saisi le parquet au sujet de dons privés au bénéfice de la campagne d'Emmanuel Macron, mais après analyse, ce signalement n'a pas donné lieu à des suites judiciaires.

Cette enquête préliminaire du parquet de Paris est menée parallèlement à une autre enquête, qui porte sur des emplois présumés fictifs d'assistants au Parlement européen.

Quel qu'en soit les suites judiciaires, l'épisode laissera des traces chez M. Mélenchon. "C'est sa présidentialité qui est touchée", a commenté sous couvert d'anonymat un ténor socialiste.

Semblant vouloir conjurer ce présage, le dirigeant des Insoumis a rappelé une autre perquisition houleuse, en 1979 au siège du PS. "Plusieurs des personnes qui se trouvaient là ont depuis connu un destin qui a montré qu'ils savaient faire la part des choses entre une soirée de perquisition et l'exercice de leurs responsabilités", a-t-il dit, en référence à "l'actuel président du Conseil constitutionnel" Laurent Fabius.

Se disant "très fatigué", il a reconnu dans un début de mea culpa qu'il lui arrivait de "crier plus fort qu'il ne le faudrait" et estimé qu'il fallait "maintenant faire baisser le niveau de violence qui existe dans cette affaire".

Partager cet article

Dans la même thématique

Heat Wave in the North
5min

Politique

La justice ordonne le démantèlement de « mégabassines » en Charente-Maritime : les agriculteurs condamnés invoquent la loi d’urgence agricole et font appel

Neuf agriculteurs ont été condamnés par la justice, jeudi 23 juillet, à démanteler quatre retenues d’eau qu’ils utilisent illégalement depuis dix-sept ans. Ils ont annoncé faire appel et se fondent sur le prétendu « décalage » entre cette décision et la loi d’urgence agricole tout juste adoptée, très favorable au développement de ces « bassines ».

Le

PARIS, Conseil constitutionnel, Constitutional Council, Palais Royal
7min

Politique

Le Conseil constitutionnel est-il devenu un arbitre sursollicité ?

Longtemps perçu comme le gardien discret de la Constitution, le Conseil constitutionnel s’impose aujourd’hui comme l’un des acteurs incontournables de la vie politique. Jamais autant saisi sur les lois votées par le Parlement depuis une quinzaine d’années, il est devenu le passage obligé des textes les plus sensibles. Loin d'un dysfonctionnement, cette hyper-activité traduit les nouvelles dynamiques du pouvoir sous l'ère de la « majorité relative ».

Le

France Wildfires
2min

Politique

La France a demandé l’activation du mécanisme de protection civile de l’UE : en quoi consiste ce dispositif ?

Face à la multiplication des feux en France, en particulier en Gironde et dans les Landes, le président de la République Emmanuel Macron a demandé l’activation du mécanisme de protection civile européen hier soir. Déjà utilisé par le passé à Mayotte ou en Ukraine, ce dispositif permet « de proposer une réponse d’urgence » face aux incendies sur le sol européen.

Le

France Extreme Weather Heat
3min

Politique

Incendie au Cap-Ferret : 10 000 hectares parcourus, 80 maisons brûlées et 40 000 personnes évacuées, « le feu continue de progresser », annonce Laurent Nuñez

Le ministre de l’Intérieur a fait un point de situation, ce vendredi matin, sur « le plus feu gros de la saison » qui menace dangereusement le Cap-Ferret, en Gironde. « Le feu n’est pas maitrisé et continue de progresser », alerte Laurent Nuñez. Au total, 50 000 hectares ont brûlé depuis le début de l’année, « quasiment trois fois » plus que l’an dernier.

Le