Jean-Luc Mélenchon a dénoncé samedi une violation par Mediapart du secret de l'enquête sur ses comptes de campagne, à la suite de la publication d'un article sur les perquisitions au domicile du leader de LFI, chez ses collaborateurs et au siège du parti.
"Un site en ligne vient de publier des informations couvertes par le secret de l'enquête, protégées et intimes, tandis qu'il est indiqué que rien n'est encore transmis au pouvoir judiciaire et qu'aucun indice grave est concordant n'est constaté pour poursuivre cette affaire", écrit dans un communiqué Me Mathieu Davy, l'avocat de l'ancien candidat à la présidentielle.
Dans un article publié vendredi soir sur les perquisitions menées mardi, Mediapart affirme l'existence "de longue date" d'une relation intime entre le député et sa conseillère Sophia Chikirou, qui a été entendue par la police dans le cadre de soupçons de surfacturations lors de la campagne présidentielle de M. Mélenchon en 2017.
Sophia Chikirou, Cofondatrice du "Media", la chaîne télévisée sur internet, le 25 janvier 2017 à Paris
AFP/Archives
Mediapart rapporte par ailleurs que selon ses informations, quelque 12.000 euros en liquide auraient été découverts par les enquêteurs au domicile d'un proche de M. Mélenchon. De même source, cet "ami et collaborateur de toujours de Jean-Luc Mélenchon" aurait dit que la somme lui avait été confiée par la mandataire financière de la campagne de 2017.
En l'absence de transmission au parquet à ce stade, "il ne peut donc être autrement, que ces fuites proviennent des services de police et justice", écrit l'avocat, avant d'interroger : "Comment ont-elles été acquises ? Qui les a données ? Quelles sont les conditions et modalités, notamment financières, de cette transaction ?".
Me Davy demande par ailleurs le désaisissement du "procureur en charge", "car il devient établi de manière claire et concordante que les services sous ses ordres ne respectent pas les règles et procédures applicables en l'espèce".
Joint ensuite par l'AFP, l'avocat du chef des Insoumis a précisé que sa demande ne visait pas le procureur de Paris François Molins, mais le représentant du parquet directement chargé de l'enquête. Mathieu Davy a également mis en cause l'impartialité de la procureure générale de Paris Catherine Champrenault en raison d'une interview donnée par celle-ci à Europe 1 samedi matin. Dans cet entretien, Mme Champrenault apporte son soutien aux magistrats et enquêteurs qui ont subi, selon ses mots "un coup de force avec des violences verbales et physiques" lors des perquisitions.
Jean-Luc Mélenchon avait, dès la nuit de vendredi à samedi, dénoncé sur Facebook l'article de Mediapart, "preuve" selon lui d'une "boucle macronie-parquet-média" affairée à lui nuire ainsi qu'à son mouvement politique.
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