Mélenchon juge « décevant » le « leadership » des syndicats sur le mouvement social
Jean-Luc Mélenchon s'est dit déçu lundi de la manière dont les syndicats conduisent le mouvement social contre les ordonnances...

Mélenchon juge « décevant » le « leadership » des syndicats sur le mouvement social

Jean-Luc Mélenchon s'est dit déçu lundi de la manière dont les syndicats conduisent le mouvement social contre les ordonnances...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Jean-Luc Mélenchon s'est dit déçu lundi de la manière dont les syndicats conduisent le mouvement social contre les ordonnances modifiant le Code du travail, disant craindre une "victoire de Macron par KO".

Rappelant avoir demandé "aux syndicats de prendre l'initiative" après avoir lui-même réuni des dizaines de milliers de partisans place de la République à Paris le 23 septembre, le chef de file de la France insoumise a jugé "la suite (...) bien décevante".

"Car de ce leadership, que sort-il ? Fort peu. À vrai dire: rien", a estimé M. Mélenchon dans une note postée sur son blog.

"La réunion syndicale unitaire (du 9 octobre, ndlr) a convoqué une autre réunion unitaire (le 24 octobre) pour +envisager une journée d’action en novembre+", a-t-il encore déploré.

Le front syndical apparaît désuni contre les ordonnances. La CGT, ensuite rejointe par Solidaires, a annoncé seule une nouvelle journée de grèves et manifestations, le 19 octobre.

"Tout semble se dessiner pour une défaite du mouvement ouvrier traditionnel. Elle sera sans précédent", a prévenu M. Mélenchon, en soulignant que "les corporations, abandonnées à elles-mêmes, négocient séparément".

"De son côté, le groupe parlementaire +La France insoumise+ continue ses rencontres bilatérales en vue d’une large action commune de tout le champ impliqué dans cette lutte", a poursuivi le député des Bouches-du-Rhône.

"Il est clair que les confédérations CGT, FO et CFDT n’en veulent pas. Pour l’instant la probabilité de la victoire de Macron par KO sur ces ordonnances augmente d’un bon cran", a-t-il encore anticipé, en demandant "que l’on réalise la violence de ce que nous sommes en train de subir, pieds et poings liés. Et l’ampleur de la défaite qui se dessine sous nos yeux".

Dans ce contexte, M. Mélenchon a épinglé sans détailler "le +vieux monde+ impuissant à vouloir et à changer quoi que ce soit".

"Les directions des corps intermédiaires peuvent-elles être autre chose que des rouages à l’intérieur d’une réalité qui fonctionne comme un bloc ?", s'est-il encore interrogé.

M. Mélenchon et Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, ont été présentés comme en froid en septembre. Le chef de file de La France insoumise a d'ailleurs admis qu'il fallait "réduire le niveau de tension créé par les remarques acides du secrétaire général de la CGT et de celui de FO", Jean-Claude Mailly.

"J'appelle le mouvement social à se ressaisir, parce que pour ce qui concerne La France Insoumise, on a fait notre part de travail, à l'Assemblée, tout seuls dans la rue en juillet, puis en appelant à une grande marche", a lancé ensuite M. Mélenchon sur TF1.

"Si ça continue comme ça, en dépit des efforts de certains syndicats qui ont tout porté sur leur dos, on pourrait aboutir à la plus grosse défaite du mouvement ouvrier qu'on a jamais vu depuis ces 30 dernières années", a-t-il poursuivi.

"Là on parle de code du travail, du renversement de la hiérarchie des normes. Mais pour nous c'est une affaire sacrée, c'est 100 ans de compromis social", a souligné le leader de La France Insoumise.

"Vous avez vu hier soir, (Emmanuel Macron) vous a fait le numéro, il a dit, +vous avez vu, j'y suis arrivé en cinq mois+", a-t-il relevé, mettant en garde le chef de l'Etat: "Attends bonhomme, ce n'est pas réglé".

Partager cet article

Dans la même thématique

Mélenchon juge « décevant » le « leadership » des syndicats sur le mouvement social
6min

Politique

Breturn : « La porte est ouverte, ils n'ont qu'à revenir ! » lance cet eurodéputé espagnol

Alors que la présidente de la Commission a annoncé vouloir faire du Canada le premier « membre associé » de l’UE, les 27 s’interrogent : faut-il créer un nouveau statut ? Cette piste est aussi explorée dans le cas de la Grande-Bretagne qui exprime ses regrets et son envie de se rapprocher de l’Union, dix ans après le référendum sur le Brexit. Alors faut-il que l’Europe s’ouvre et jusqu’où ? On en débat dans Ici l’Europe avec les eurodéputés Nicolas Bay (France, ECR) et Javier Moreno Sanchez (Espagne, S&D).

Le

FRA – VOEUX DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
11min

Politique

Marine Le Pen demande la démission de Richard Ferrand : le président du Conseil constitutionnel est-il vraiment sorti de sa réserve ?

Les parlementaires du RN et de l’UDR ont saisi le Conseil constitutionnel pour demander la « démission d'office » de son président, Richard Ferrand. Celui-ci a estimé publiquement que la révision de la Constitution proposée par Marine Le Pen n’était pas faisable. Interrogés par Public Sénat, plusieurs constitutionnalistes considèrent qu’il a pris parti sur une question de droit toujours en suspens depuis plus de soixante ans. D’autres, comme Dominique Rousseau et Benjamin Morel, dénoncent une tentative de déstabilisation de la part de l’extrême droite, contre une institution susceptible de jouer les garde-fous face à l’application du programme du RN.

Le

France, Perpignan, October 13, 2026: High school and university students demonstrate with trade union support
7min

Politique

Vote à 16 ans : la jeunesse doit-elle avoir son mot à dire dans les urnes ?

Comme d’autres avant lui, Jean-Luc Mélenchon veut ouvrir les urnes aux lycéens, alors que les mobilisations de la jeunesse se multiplient. Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier défendent aussi la mesure. Pourtant, malgré des retours réguliers dans le débat présidentiel, le vote à 16 ans reste lettre morte. Plusieurs universitaires analysent les résistances à cette réforme et ses effets possibles sur la participation politique.

Le