Mélenchon mobilise dans la rue contre le « coup d’Etat social » de Macron
Sous le soleil et en scandant "Résistance", des milliers de personnes ont défilé samedi après-midi à Paris, à l'appel de Jean-Luc Mélenchon,...

Mélenchon mobilise dans la rue contre le « coup d’Etat social » de Macron

Sous le soleil et en scandant "Résistance", des milliers de personnes ont défilé samedi après-midi à Paris, à l'appel de Jean-Luc Mélenchon,...
Public Sénat

Par Lucile MALANDAIN, avec Sami ACEF, Aglaé WATRIN et Simon VALMARY

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Sous le soleil et en scandant "Résistance", des milliers de personnes ont défilé samedi après-midi à Paris, à l'appel de Jean-Luc Mélenchon, pour dire non au "coup d'Etat social" d'Emmanuel Macron que constitue notamment, selon La France insoumise, la réforme du Code du travail.

Massés aux abords de la place de la Bastille, les manifestants, avec pancartes ("Y'a rien de bon dans le Macron" ou encore "Les fainéants dans la rue") et banderoles, ont marché vers la place de la République, à moins de deux kilomètres de là, où M. Mélenchon, qui promettait "une déferlante", doit prononcer un discours vers 17H00.

Dans le carré de tête, derrière une banderole "Non au coup d'Etat social", figuraient notamment aux côtés du leader de La France insoumise, l'ancien candidat PS à la présidentielle Benoît Hamon ou encore plusieurs responsables et députés LFI comme Clémentine Autain. Les militants CGT sont venus en nombre. Le patron du PCF, Pierre Laurent, a passé une tête mais sans défiler, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"C'est une démonstration de force du sentiment d'hostilité aux ordonnances", s'est réjoui M. Mélenchon, ceint de son écharpe tricolore de député de Marseille.

Venu des Vosges, Patrick, 64 ans, employé de banque à la retraite et encarté LFI, justifie sa présence "parce que Macron fait déborder le vase. Je me bats pour les jeunes".

Des manifestants marchent derrière une banderole
Des manifestants marchent derrière une banderole "contre le coup d'Etat social", répondant à la mobilisation lancée par Jean-Luc Mélenchon contre la réforme du code du travail, le 23 septembre 2017 à Paris.
AFP

"C'est important de montrer que nous sommes mobilisés. Même si je ne suis pas touché par les ordonnances, le CDI reste le seul moyen de faire des projets d'avenir", témoigne Valentin Braud, 24 ans, professeur d'histoire-géo à Toulouse.

Après une mobilisation syndicale en retrait jeudi, la manifestation sur un mot d'ordre plus large constitue un test pour le mouvement social et les Insoumis, qui remettent en cause la légitimité politique de l'exécutif.

"On assume notre rôle et on prend l'initiative", explique le député LFI Alexis Corbière. "La France insoumise se fait entendre et prend sa place", ajoute-t-il pour expliquer l'originalité d'un appel émanant d'un mouvement politique sur des revendications sociales.

- 'Ni Dieu, ni maître... ni Mélenchon' -

Banderoles et drapeaux régionaux pour des manifestants qui sont parfois venus de loin pour participer au mouvement de protestation lancée par le France insoumise, le 23 septembre 2017 à Paris.
Banderoles et drapeaux régionaux pour des manifestants qui sont parfois venus de loin pour participer au mouvement de protestation lancée par le France insoumise, le 23 septembre 2017 à Paris.
AFP

Alors que les ordonnances ont été publiées le matin même au Journal officiel pour une entrée en vigueur immédiate, le mot d'ordre a été élargi à l'ensemble des initiatives politiques du gouvernement depuis quatre mois, résumées par l'expression choc de "coup d'Etat social": augmentation de la CSG, réduction des aides au logement, suppression d'emplois aidés...

De nombreux cars ont été affrétés en provenance de toute la France par LFI, qui espère une participation équivalente à celle de la "Marche pour la République" du 18 mars, soit environ 130.000 personnes.

En marge de la manifestation, des militants radicaux du "black bloc" scandaient des slogans contre la police ou encore "Ni Dieu, ni maître... ni Mélenchon". De brefs incidents ont éclaté entre eux et des "Insoumis" près de la scène où doit prendre la parole M. Mélenchon.

Code du travail : les prochaines étapes
Chronologie des prochaines étapes concernant la réforme du code du travail
AFP

Alors que LR, PS et FN connaissent de grandes difficultés internes, Jean-Luc Mélenchon entend ainsi faire la démonstration qu'il est le seul, avec son groupe de 17 députés "Insoumis", à pouvoir incarner l'opposition à la politique d'Emmanuel Macron dans son ensemble.

Le chef de l'Etat est, aux yeux de LFI, un président mal élu, porté au pouvoir au terme d'un second tour où l'objectif de nombreux électeurs était avant tout d'éliminer Marine Le Pen.

Mais, face à cette initiative inédite, la gauche a répondu en ordre dispersé. Fâché avec LFI, le PCF défile également samedi, mais à quelques encablures de là et pour la paix, comme prévu de longue date.

Europe Ecologie-Les Verts n'a pas formellement appelé à participer de même que le Parti socialiste. Mais M. Hamon et son mouvement du 1er juillet (M1717) ont participé à la manifestation, comme aux deux journées d'action précédentes de la CGT. Idem pour l'eurodéputé socialiste Emmanuel Maurel et son courant "Maintenant la gauche".

lum-sac-awa-sva/frd/nm

Partager cet article

Dans la même thématique

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
2min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : « Coup de poignard », rien ne va plus entre Bruno Retailleau et ses alliés centristes

En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.

Le

Le Sénat
16min

Politique

Recul des LR, arrivée d’un groupe RN et la gauche qui veut limiter la casse : les enjeux des sénatoriales

Le Sénat ne devrait pas connaître de grand bouleversement après les élections sénatoriales du 27 septembre, avec le maintien d’une majorité de droite et du centre pour Gérard Larcher, où le groupe Union centriste pourrait cependant voir son poids renforcé. Mais les sénateurs se préparent à une petite révolution : l’arrivée possible du premier groupe RN. A gauche, PS et Écologistes espèrent limiter la casse par des accords « gagnant-gagnant ».

Le