Le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a fait le choix à ce stade de ne pas donner la moindre consigne de vote dans le duel...
Mélenchon ne donne pas de consigne de vote, au risque de dilapider son capital
Le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a fait le choix à ce stade de ne pas donner la moindre consigne de vote dans le duel...
Par Lucile MALANDAIN
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a fait le choix à ce stade de ne pas donner la moindre consigne de vote dans le duel Macron-Le Pen, au risque de dilapider le capital construit lors d'une campagne qui a mobilisé à gauche.
"Ne pas appeler à battre M. Le Pen est une faute et intenable quand on est de gauche": dans un tweet tôt lundi, le premier secrétaire du parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a résumé un sentiment général chez les adversaires de gauche de M. Mélenchon. "Il a fait une belle campagne. (...) Cela aurait été bien qu'il dise quelle conception il avait, lui, du devoir", a renchéri Richard Ferrand, secrétaire général d'En Marche!.
La veille, le candidat (19,6%) s'est présenté visage fermé et air grave devant ses militants. Il a pourfendu les deux qualifiés pour le second tour qui "n'expriment aucune prise de conscience écologique (...) et comptent s'en prendre une fois de plus aux acquis sociaux les plus élémentaires du pays". Il a renvoyé à ses militants le choix de la conduite à tenir au second tour.
J-L Mélenchon : scores par département
AFP
Au terme d'une campagne novatrice qualifiée par ses soutiens de "magnifique", le candidat a presque doublé son score de 2012 (11,1% des voix). Il a de fait, selon les premières analyses des instituts de sondage, séduit un électorat jeune (entre 25 et 30% des 18-34 ans) et populaire (23% des ouvriers) qui a aussi largement voté pour Mme Le Pen.
Et malgré son amertume de ne pas figurer au second tour, il s'est constitué plusieurs fiefs électoraux de taille, comme Lille (30%), Marseille (25%) ou Montpellier (31,5%) mais aussi la Seine-Saint-Denis, la Dordogne, la Guyane ou la Martinique.
Porteur de cette dynamique, Jean-Luc Mélenchon peut-il conduire la recomposition de la gauche anti-libérale? A commencer par la bataille des législatives pour constituer une force d'opposition à Emmanuel Macron.
- "Dans notre couloir" -
Le rassemblement "qui n'a pas été possible à la présidentielle pourrait l'être aux législatives", avance David Cormand, secrétaire national d'Europe Écologie-Les Verts qui a soutenu Benoît Hamon. "Mais ce ne sont pas du tout les signaux qui ont été envoyés par Mélenchon" dimanche, a-t-il regretté.
Les communes où Jean-Luc Mélenchon est en tête au premier tour
AFP
Danielle Simonnet, porte-parole de M. Mélenchon, espère que "cette dynamique collective (permettra) l'élection de députés insoumis et insoumises les plus nombreux possibles", mais dans l'immédiat, LFI rejette les "arrangements de coin de table avec les différentes composantes politiques". "On sera rassembleur mais dans notre couloir", prévenait l'entourage proche du candidat juste avant le premier tour.
Une posture que le Parti communiste accueille avec prudence. Les discussions pour les investitures ont été rompues avec LFI, laissant dans l'immédiat s'affronter localement les candidatures concurrentes de forces politiques qui ont pourtant soutenu le même candidat à la présidentielle.
"Les conditions d'élection d'un très grand nombre de députés sont réunies si chacune des forces qui a porté sa candidature s'en donne les moyens", a commenté le porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles. Sans quoi, a-t-il prévenu, "nous passerions à côté d'une situation historique inédite" d'une recomposition de la gauche sur la ligne anti-libérale.
Jean-Luc Mélenchon
AFP
"Ce serait une erreur de s'affronter", diagnostique le député communiste André Chassaigne, à propos de LFI, PCF, EELV mais aussi des électeurs de Benoît Hamon. "Nous avons besoin d'un groupe parlementaire pour faire résistance", rappelle le député communiste André Chassaigne, appelant LFI autant que le PCF ou les composantes du Front de gauche à "être intelligents".
Clémentine Autain est également dans la retenue qui dit "souhaiter que partout en France des candidatures de rassemblement de ceux qui ont soutenu Jean-Luc Mélenchon" soient privilégiées, sans préjuger de la faisabilité d'une telle stratégie.
Un autre communiste prévient néanmoins: "S'il n'y a pas de rassemblement, on gèle tout ce qui a été construit pour se remobiliser à la prochaine présidentielle", à la façon d'un François Bayrou qui n'a pas constitué de groupe parlementaires après plusieurs très bons scores à la présidentielle..
L’extension de la liste des délits constatés par les policiers municipaux et les gardes champêtres s’apprête à être votée ce mardi 10 février au Sénat. Au cœur de ce texte, la possibilité pour les agents de verbaliser un certain nombre de délits pris sur le fait. Le Sénat a étendu le nombre d’infractions de neuf à une quinzaine, telles que l’occupation illicite de halls d’immeuble ou le port d’armes blanches. Le ministre de l’Intérieur, qui se félicite de débats « très constructifs », espère cependant que certains amendements votés par le Sénat, n'engendrent pas une censure du Conseil constitutionnel.
A un peu plus d’un mois des élections municipales, les candidats mettent un coup d’accélérateur à leur campagne et déroulent leurs propositions. Pourtant, une inquiétude monte jusqu’au plus haut sommet de l'État : le risque d’une ingérence de la part des narcotrafiquants. Le ministre de l’Intérieur scrute la potentielle menace avec « vigilance ».
Ce mardi, le Sénat examine la proposition de loi du Sénat visant à lutter contre les installations illicites des gens du voyage a été déposée au Sénat. Elle a pour objectif de revoir le cadre juridique afin d’aider les propriétaires des terrains et les élus « démunis » face aux « agressions » et à « l’impunité qui s’installe ».
Alors que le président du RN n’exclut pas de « tendre la main » au second tour des municipales, pour faire barrage « à l’extrême gauche », plusieurs LR s’opposent clairement à tout rapprochement avec le parti d’extrême droite. Mais la ligne n’est pas unanime et certains, comme le sénateur LR Etienne Blanc, ne seraient « pas choqués une seconde » par « un désistement de la liste la moins bien placée », y compris en faveur du RN, pour « faire barrage à la gauche ».