Mélenchon ne donne pas de consigne de vote et va diriger la bataille des législatives
Jean-Luc Mélenchon a confirmé vendredi son refus de donner une consigne de vote pour le second tour de la présidentielle, sortant...

Mélenchon ne donne pas de consigne de vote et va diriger la bataille des législatives

Jean-Luc Mélenchon a confirmé vendredi son refus de donner une consigne de vote pour le second tour de la présidentielle, sortant...
Public Sénat

Par Lucile MALANDAIN

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Jean-Luc Mélenchon a confirmé vendredi son refus de donner une consigne de vote pour le second tour de la présidentielle, sortant de son silence pour se projeter déjà dans la bataille des législatives qu'il conduira pour son mouvement de La France insoumise.

"Ce que je vais voter, je ne vais pas vous le dire, il n'y a pas besoin d'être grand clerc pour deviner ce que je vais faire mais je ne le dis pas pour que vous puissiez rester regroupés", a-t-il déclaré à ses militants dans une vidéo postée sur YouTube vendredi, sa première prise de parole depuis son arrivée en quatrième position au premier tour de la présidentielle.

"Est-ce qu'il y a une seule personne parmi vous qui doute du fait que je ne voterai pas Front national ? Tout le monde le sait!", s'est-il exclamé.

Très critiqué pour ne pas avoir appelé explicitement à voter pour Emmanuel Macron, comme l'ont fait le candidat PS Benoît Hamon et de nombreuses personnalités de gauche et écologistes, M. Mélenchon a longuement rappelé son combat personnel contre le Front national, symbolisé selon lui par le triangle rouge, "insigne des déportés politiques" qu'il porte toujours au revers de sa veste.

"Tout le monde est pris à la gorge et prié de s'aligner séance tenante sur un choix", a-t-il regretté, évoquant "une violence qui est faite à la plupart d'entre nous".

Néanmoins, il est resté intransigeant: pas de consigne claire. "Mon rôle est de vous aider à rester groupés. D'être la force qui va appeler, qui va rassembler", a-t-il ajouté.

Son mouvement, La France insoumise, est trop récent pour supporter que, parmi ses sept millions d'électeurs, certains puissent "être démentis par leur candidat" au lieu d'"être fiers de leur vote" du premier tour.

Si le candidat de La France insoumise évoque une part "résiduelle" de son électorat qui serait tenté de reporter son vote sur le Front national, les enquêtes d'opinion parues depuis dimanche montrent qu'ils seraient environ 18%. Entre 40 et 50% de ses électeurs envisageraient d'aller voter Emmanuel Macron le 7 mai, et beaucoup projetteraient de s'abstenir.

- "Diriger la manœuvre" des législatives -

Celui qui a réuni le 23 avril 19,6% des suffrages a accusé ses "adversaires" de créer une polémique autour de son refus de donner une consigne de vote afin de "créer le doute". "Ils se disent (...): +on ne veut pas retrouver ces gens aux législatives parce qu'ils pourraient nous menacer à nouveau+".

En 2002, Jean-Luc Mélenchon avait appelé très fermement à voter pour le RPR Jacques Chirac contre Jean-Marie Le Pen à la présidentielle.

Quelques heures avant la diffusion de cette vidéo, enregistrée jeudi soir, Marine Le Pen avait elle aussi posté une vidéo, surprise celle-ci. "Je m'adresse à ces électeurs de La France insoumise pour leur dire qu'aujourd'hui il faut faire barrage à Emmanuel Macron", a-t-elle dit, après avoir déjà multiplié les appels du pied ces derniers jours.

Sans répondre à ce message, M. Mélenchon a à nouveau expliqué que, pour lui, les deux qualifiés du second tour vont "diviser tout le monde, créer une pagaille inouïe dans ce pays".

Emmanuel Macron, candidat de "l'extrême finance" va selon lui "raboter tout ce qu'il vous reste d'acquis sociaux". Et "Mme Le Pen, c'est encore pire, elle va aller fouiller dans les berceaux qui est français, qui ne l'est pas, et qui ne le sera plus, en plus de toute la charge sociale qu'elle porte contre l'intérêt des salariés".

Invité à commenter ces déclarations, M. Macron a fustigé des "cabotinages", reprochant à M. Mélenchon d'être "toujours dans l'invective" et exprimant en revanche son "respect" pour ses électeurs.

Mais pour le leader de La France insoumise, après le "chagrin" et l'"amertume" du 23 avril, il faut "aller de l'avant de manière conquérante" en lançant la bataille des législatives, dont il entend "diriger la manoeuvre".

Même s'il "tend la main à tous ceux qui veulent faire équipe avec nous", il faudra pour être investi par La France insoumise s'engager à défendre le programme, "L'Avenir en commun", a-t-il prévenu.

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