Après les magistrats et les policiers, c'est contre les médias que Jean-Luc Mélenchon a ouvert un nouveau front en attaquant frontalement...
Mélenchon ouvre un nouveau front contre les médias
Après les magistrats et les policiers, c'est contre les médias que Jean-Luc Mélenchon a ouvert un nouveau front en attaquant frontalement...
Par Olga NEDBAEVA
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Après les magistrats et les policiers, c'est contre les médias que Jean-Luc Mélenchon a ouvert un nouveau front en attaquant frontalement franceinfo, ce qui lui vaut une plainte de Radio France.
"Abrutis", "menteurs et tricheurs": le leader de la France Insoumise n'a pas mâché ses mots et a appelé à "pourrir" les journalistes de franceinfo.
Cette réaction faisait suite à la diffusion vendredi matin d'une enquête sur des soupçons de surfacturations lors de sa campagne présidentielle de 2017 par la société Mediascop détenue par Sophia Chikirou, directrice de la communication de M. Mélenchon.
Au total, la communicante "aurait valorisé son travail à près de 120.000 euros" sur la durée de la campagne, selon franceinfo. La radio s'est également procurée les deux factures envoyées par Mediascop d'un montant de près de 1,2 million d'euros, soit "11% du budget total de la campagne", et affirme qu'elle employait "une dizaine des membres du staff du candidat".
M. Mélenchon a tourné en dérision cette enquête en affirmant que sa campagne avait été "la moins chère des cinq". Les journalistes "ont l'air de ce qu'ils sont, c'est-à dire-d'abrutis", a-t-il ajouté.
- "Pourrissez-les" -
"Pourrissez-les partout où vous trouvez (...) Il faut qu'à la fin, des milliers de gens se disent: les journalistes de franceinfo sont des menteurs, sont des tricheurs", a encore lancé dans un message sur les réseaux sociaux Jean-Luc Mélenchon, dont le domicile a fait l'objet de perquisitions cette semaine dans le cadre d'enquêtes du parquet sur des emplois présumés fictifs de parlementaires européens et sur ses comptes de campagne.
Suite à ces propos, Radio France a annoncé samedi que son service juridique préparait une plainte.
Sibyle Veil , le 1er juillet 2018
POOL/AFP/Archives
"Soutien aux journalistes de @radiofrance. Je salue leur professionnalisme et la qualité de leur travail d’investigation pour informer nos auditeurs", a réagi sur Twitter Sibyle Veil, PDG de Radio France après l'annonce de la plainte.
Le directeur de franceinfo Vincent Giret a dénoncé une attaque "irresponsable". "Après avoir attaqué le service public et franceinfo, Jean-Luc Mélenchon passe aux insultes, et aux appels 'à pourrir' nos journalistes. Cet appel à la haine et à la violence est irresponsable", a-t-il écrit sur Twitter.
La présidente de France Télévisions Delphine Ernotte a exprimé "tout son soutien" aux journalistes de Radio France. "Rappelons qu’ils œuvrent tous à la meilleure information de nos concitoyens et en toute indépendance", a-t-elle tweeté.
"Les attaques et incitations à la violence contre les journalistes sont inadmissibles et n’ont AUCUNE place dans une démocratie", a soutenu le ministre de la Culture Franck Riester.
- "haine des médias" -
Outre ses attaques contre franceinfo, M. Mélenchon a accusé l'émission de TMC "Quotidien" d'avoir fourni des images à la police et dénoncé la violation du secret d'enquête par Mediapart, dont il fustige en outre "l'ignominie" pour un article sur ses relations avec sa communicante Sophia Chikirou.
Jean-Luc Mélenchon n'en est pas à son premier accrochage avec les médias avec lesquels il entretient des rapports exécrables.
L'ONG Reporters sans Frontières a dénoncé en avril sa stratégie de "haine des médias".
Lors de la campagne présidentielle, il avait notamment traité de "sale con" un journaliste de "C à vous" et qualifié d'"ennemie" la chaîne France 2.
Cette semaine, ses relations tendues avec les médias ont aussi été marquées par une altercation avec une journaliste dont il s'est moqué de l'accent, avant de s'excuser vendredi, en expliquant qu'il avait cru qu'elle-même se moquait de lui.
Mardi, outre le domicile de M. Mélenchon et d'anciens assistants, le siège de LFI avait aussi été perquisitionné.
Menées dans une ambiance très tendue, ces perquisitions ont donné lieu à des accrochages avec la police. Après ces incidents, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "menaces ou actes d'intimidation contre l'autorité judiciaire" et "violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique".
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