"Mon rôle est consubstantiel au mouvement", même si "ce n'est plus moi qui ouvrirai toutes les réunions" : le chef de file de La France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon s'est exprimé dimanche pour la première fois depuis la déroute des élections européennes devant ses militants.
LFI a récolté seulement 6,3% des voix au scrutin du 26 mai, loin des 19,58% de la présidentielle et des 11,1% des législatives de 2017.
"Que peut-on faire à part se remettre au combat?", a-t-il demandé devant l'assemblée représentative du mouvement, au bois de Vincennes, se disant "fier d'être tribun" de LFI.
"Mon rôle est consubstantiel au mouvement", notamment parce que "c'est moi qui étais candidat à la présidentielle", a-t-il dit. Même si "ce n'est plus moi qui ouvrirai toutes les réunions", a-t-il ajouté en référence à la réorganisation interne entérinée ce week-end, notamment la désignation du député Adrien Quatennens comme coordinateur.
M. Mélenchon a évoqué les raisons du délai d'un mois pris avant de s'adresser aux militants. "On a dit: +Va-t-il parler?+ Ai-je jamais fait autre chose ?". Il ne s'agissait pas de "pleurnicher et contempler les boyaux fumants, mais de faire ce pourquoi on est responsable d'un mouvement".
Jean-Luc Mélenchon (c) entouré de Manuel Bompard (g) et Manon Aubry, le 23 juin 2019
AFP
Jean-Luc Mélenchon a pour cette raison vilipendé les auteurs des critiques qui se sont élevées après l'échec électoral, parmi lesquels la députée Clémentine Autain, qui a réclamé une ligne moins clivante et un ancrage résolument à gauche, mais aussi des cadres demandant plus de démocratie dans le mouvement.
"Une force, LFI, est là, qu'aucune autoflagellation de convenance de la gauche officielle mondaine ne viendra abattre !", s'est-il exclamé. "Ce mouvement restera un mouvement, il ne peut pas être un parti politique", et ceux qui aiment "les délices des batailles pour les virgules, des couteaux tirés dans les couloirs, se sont trompés d'adresse".
Pas "par caprice personnel", même si "après tout j'y aurais bien droit, c'est moi qui ai fondé la boutique", s'est amusé le patron des députés insoumis.
"Nous sommes dans une arène, pas dans un examen", a-t-il lancé, contre la pensée - "puérile" selon lui - que les "difficultés" viendraient "parce que je ne suis pas assez poli !".
M. Mélenchon a cependant esquissé un mea culpa: "Nous nous sommes rendus compte que nous n'étions pas parfaits, (...) j'avoue que j'ai consacré beaucoup d'énergie au groupe parlementaire".
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