Mélenchon s’en prend à nouveau à la presse, tout en se tournant vers les Européennes
"Si moi vous me détestez, je peux le comprendre car je vous le rends bien": Jean-Luc Mélenchon a une nouvelle fois vilipendé les...

Mélenchon s’en prend à nouveau à la presse, tout en se tournant vers les Européennes

"Si moi vous me détestez, je peux le comprendre car je vous le rends bien": Jean-Luc Mélenchon a une nouvelle fois vilipendé les...
Public Sénat

Par Baptiste BECQUART avec Jérémy MAROT à Strasbourg

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

"Si moi vous me détestez, je peux le comprendre car je vous le rends bien": Jean-Luc Mélenchon a une nouvelle fois vilipendé les médias mercredi à Strasbourg, alors que La France insoumise tente de reprendre la main en vue des élections européennes de mai.

Après la conférence de presse électrique de vendredi, où il dénonçait les "affirmations diffamatoires et calomnieuses" de Radio France dans une enquête sur ses comptes de campagne, une nouvelle rencontre tendue entre le chef de file des Insoumis et les journalistes a eu lieu dans les couloirs du Parlement européen à Strasbourg.

Il a d'abord relativisé "la persécution politique" dont son mouvement fait selon lui l'objet: "Ce pays a bon fond, y compris dans les médias, les choses vont se retourner".

Mais l'atmosphère s'est glacée lors d'une question sur l'éventualité de rebondissements sur ses comptes de campagne: "Il y en aura. Nous sommes persécutés. Beaucoup de nos amis sont très traumatisés. Je vous demande de le comprendre, même si moi vous me détestez, et je peux le comprendre car je vous le rends bien".

A une journaliste de Radio France qui lui demandait ensuite s'il accepterait de venir s'expliquer dans une de leurs émissions, le chef de file de LFI a cinglé: "vous pouvez toujours courir, vous n'êtes pas un commissariat. (...) Je ne débattrai avec aucun d'entre vous car vous êtes malveillants et des faussaires."

"Peut-être que nous ferons la faveur à quelques-uns d'aller nous expliquer. Mais certainement pas à la radio d'Etat", a-t-il lancé.

Radio France a porté plainte formellement contre Jean-Luc Mélenchon, la patronne du groupe Sibyle Veil expliquant que "dénigrer, discréditer, jeter le doute sur le professionnalisme" des journalistes n'était "pas acceptable".

- "Passer à autre chose" -

La séquence vient illustrer à nouveau le rapport conflictuel entretenu et assumé par Jean-Luc Mélenchon avec la presse, lui qui assurait en février sur son blog: "La haine des médias et de ceux qui les animent est juste et saine".

Une vingtaine de sociétés de journalistes (SDJ) ont apporté lundi leur "soutien sans réserve" aux journalistes de Radio France, Médiapart et France 3, ciblés ces derniers jours.

Arnaud Benedetti, professeur associé à l'université Paris-Sorbonne, voit dans les attaques de M. Mélenchon contre les institutions et la presse un "travail de sape". C'est, écrivait-il lundi dans Le Figaro, "ce constat qui fonde le pari de Jean-Luc Mélenchon: le moment est venu d'accélérer dans une atmosphère de décomposition que tout le monde pressent, mais n'ose regarder en face."

Dans l'entourage du député de Marseille, on veut croire que "ce genre de circonstances soudent les Insoumis". La France insoumise a enregistré 2.300 nouvelles inscriptions en un semaine, un record, argue le responsable de la communication numérique, Antoine Léaument.

Pourtant, près de deux Français sur trois (64%) ont été "choqués" - dont 35% "très choqués" - par l'attitude de Jean-Luc Mélenchon et de ses proches lors des perquisitions visant LFI, seuls 30% déclarant ne pas être choqués, selon un sondage Elabe pour BFMTV.

"On ne souhaite pas poursuivre le feuilleton pendant des semaines", confie à l'AFP le directeur des campagnes et cotête de liste aux Européennes, Manuel Bompard : "On a commencé à poser des éléments pour passer à autre chose".

Un meeting de Jean-Luc Mélenchon est organisé mardi à Lille. "La solution c'est le peuple, on va au milieu des nôtres", avance M. Bompard.

Et mercredi matin, Jean-Luc Mélenchon tenait sa première conférence de presse commune avec son nouvel allié Emmanuel Maurel, en vue des européennes de mai 2019. Il a annoncé le projet d'une liste commune.

M. Maurel, qui a lancé avec la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann son mouvement "Après" à la suite de leur départ du PS, a quant à lui évoqué des convergences "incontestables": "sortir des traités européens", "l'évasion fiscale", "les combats écologiques" et "la lutte contre le libre-échange généralisé".

Dans la soirée, l'ensemble des députés LFI, ainsi que Catarina Martins, coordinatrice du Bloc de gauche portugais, et Soren Sondergaard, de l'alliance rouge-verte danoise, ont publié une tribune intitulée "Face à Macron et Salvini, une Europe pour le peuple", sur le site du Huffington Post.

Ils y clament leur "priorité": "construire une alliance internationale qui place la solidarité et les droits sociaux au centre de la politique et au-dessus de tout".

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris Caf Nationale inauguration
8min

Politique

Politique familiale, allocations, crèches : que proposent les candidats à la présidentielle ?

Alors qu’Edouard Philippe met sur la table la création d’une allocation familiale unique de 350 euros, Gabriel Attal se penche sur les familles monoparentales, quand Bruno Retailleau propose un revenu familial de 240 euros par mois dès le premier enfant, et Marine Le Pen la préférence nationale pour les familles françaises candidate à un HLM. L’écologiste Marine Tondelier propose elle un congé d’allaitement choisi et indemnisé. Revue de détails.

Le

Paris : Socialist Party Primary Debate Ahead of France’s 2027 Presidential Election
6min

Politique

Le vote du premier tour de la primaire du PS perturbé par une cyberattaque

Alors que quelque 140 000 électeurs sont invités à exprimer leur préférence pour le premier tour de la primaire organisée à gauche, les opérations de vote sont perturbées depuis l’ouverture du scrutin ce vendredi matin. Les organisateurs font état d’une cyberattaque visant à saturer la plateforme de connexion. Les trois partis à l’origine de cette primaire, dont le Parti socialiste et Place publique, ont saisi la justice.

Le

Paris: Marine Le Pen presentation contre budget
5min

Politique

Préférence nationale : la proposition du RN de taxer l’embauche de travailleurs étrangers inquiète les entrepreneurs

Dans le contre-budget du RN présenté cette semaine par Marine Le Pen et Jordan Bardella, figure une mesure passée relativement inaperçue. Elle vise à taxer l’embauche d’un étranger extra-communautaire de 1 000 euros par an. La mesure a suscité un fort rejet de la part des syndicats patronaux qui rappellent au RN le principe de réalité du marché du travail.

Le

France – Manifestation en soutien aux lyceens
5min

Politique

141 lycées fermés ce vendredi : les lycéens continuent de se mobiliser pour dénoncer leurs conditions d’apprentissage

Dix-neuf jours après les premières mobilisations, les lycéens continuent de manifester pour dénoncer le manque de professeurs, la pression liée à Parcoursup ou encore la dégradation du bâti scolaire. Ce vendredi matin, les portes de 141 lycées sont restées fermées en raison des blocus. En début de semaine, entre 400 et 500 établissements étaient concernés par ces fermetures, selon le ministre de l’Education nationale, Edouard Geffray.

Le