Jean-Luc Mélenchon a salué lundi sur son blog la décision de Benoît Hamon de participer à la manifestation du 23 septembre contre la réforme du code du travail à l'appel de La France insoumise, invitant ses partisans à "saisir sans hésitation la main qui se tend".
"En décidant d'appeler lui-même à participer au 23, Benoît Hamon a rompu la muraille de confinement politique que les chefs de la +vieille gauche+ cherchaient à dresser. Je considère sa décision et son appel public comme un événement politique de première importance. Il faut saisir sans hésitation la main qui se tend", écrit le député.
"Quoi qu'il leur en coûte, je demande à tous ceux qui me font confiance de jeter la rancune à la rivière et de tourner la page. Il faut partout où cela est possible préparer sur le terrain en commun cette mobilisation", poursuit-il.
"Il s'agit bien sûr d'assurer le succès de la marche", mais peut-être aussi de préparer l'avenir: "la mise en mouvement commun de nos +mouvements+ pour le succès du 23 peut faire de cette date un heureux commencement. Je le souhaite", affirme M. Mélenchon.
Benoît Hamon lors du lancement de son mouvement le 1er juillet 2017 à Paris
AFP/Archives
Se félicitant par avance que "des milliers de militants de toutes origines, des syndicalistes, des communistes, des socialistes" manifestent le 23 "même si leurs dirigeants n'ont pas choisi d'y appeler", M. Mélenchon affirme croire "à la force de la contagion de l'unité par l'action dans les milieux populaires".
"Tout ce que nous faisons doit y être subordonné. Pour ma part, je m'y dévoue", conclut-il.
Dans une interview publiée sur le site internet de L'Obs, Benoît Hamon a pour sa part souligné que si le combat contre les ordonnances réformant le droit du travail "rassemble" le Mouvement du 1er juillet (M1717) et La France insoumise, des "désaccords subsistent" entre eux.
"On nous a souvent opposés sur l'Europe, mais on a également des différences sur le travail. Moi je pense que le travail va se raréfier, alors que cette analyse n'entre pas dans le logiciel de la France insoumise", note-t-il.
"On a aussi des cultures politiques différentes, et ce n'est pas rien", ajoute M. Hamon, qui "prépare d'ailleurs un livre sur le rapport à la démocratie".
Les 62 sénateurs PS vont élire ce mercredi leur président de groupe. Le sortant Patrick Kanner, président depuis 2018, voit son poste convoité par Rachid Temal, qui pointe le manque de collégialité. Entre grands oraux passés ce mardi par le courant d’Olivier Faure et discussions de couloirs, cette campagne courte et discrète n’en est pas moins intense.
La hausse des taux d’intérêt continue de s’élever à un rythme qui n’avait pas été anticipé. Elle renchérit à la fois le coût des nouvelles émissions de dette mais aussi le renouvellement des anciens bons du Trésor. Selon l’économiste Anthony Morlet-Lavidalie, la charge annuelle de la dette pourrait à moyen terme retrouver des niveaux que la France n’avait plus connu depuis l’entre-deux-guerres.
Parti de revendications sur les moyens, le manque d’enseignants ou les conditions d’étude, le mouvement lycéen s’étend de ville en ville. Le soutien affiché de La France insoumise et la réponse ferme du gouvernement ont progressivement déplacé la contestation sur le terrain politique. Mais les sociologues insistent sur l’autonomie des élèves et redoutent que l’affrontement entre adultes ne finisse par éclipser leurs revendications.
Dans la tourmente depuis lundi et l’article de Mediapart qui a révélé des écrits antisémites datant de 2013, le président du RN, Jordan Bardella, a annoncé dans la foulée le dépôt d’une plainte pour diffamation et dénonce une opération destinée à le « tuer politiquement ». Cette mise en avant d’une « manipulation » n’est pas sans rappeler la défense de François Fillon il y a 10 ans et pose la question d’une future mise à l’écart de celui censé former un ticket avec Marine Le Pen pour l’élection présidentielle.