Menaces de l’ultra-droite: Mélenchon demande que Collomb soit entendu par la justice
Le chef de file de La France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon a demandé que le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb soit...

Menaces de l’ultra-droite: Mélenchon demande que Collomb soit entendu par la justice

Le chef de file de La France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon a demandé que le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb soit...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le chef de file de La France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon a demandé que le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb soit entendu dans l'enquête sur un projet d'attentat d'ultra-droite où il a été cité comme cible potentielle, a-t-on appris mercredi de son avocat.

En octobre, Jean-Luc Mélenchon avait affirmé ne pas avoir été tenu au courant de l'existence de ces menaces révélées au lendemain d'un coup de filet des services antiterroristes contre des membres de l'ultra-droite liés à Logan Alexandre Nisin, un ancien militant du groupuscule royaliste Action Française en Provence, arrêté fin juin.

"J'aurais apprécié être informé", avait lancé le 18 octobre à l'Assemblée nationale l'ex-candidat à la présidentielle. L'ex-porte-parole du gouvernement Christophe Castaner, qui figurait lui aussi parmi les cibles évoquées par le groupuscule, avait regretté de ne pas avoir été "prévenu".

Réagissant aux propos de M. Castaner et M. Mélenchon, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb avait à l'époque relativisé ces menaces, évoquant des cibles qui "n'étaient pas si précises que cela". "Croyez-moi qu'il y a des gens de la DGSI qui devaient suivre (Jean-Luc Mélenchon) de manière à le protéger", avait-il ajouté sur Franceinfo.

Ces propos ont interpellé le camp Mélenchon. La semaine dernière, l'avocat du chef de file des "Insoumis", Juan Branco, a écrit à la juge d'instruction antiterroriste en charge du dossier pour qu'elle entende le ministre sur les conditions de la supposée surveillance de M. Mélenchon, qui s'est constitué partie civile dans l'enquête. "Nous voulons clarifier le rôle de la DGSI" évoqué par le ministre, a expliqué Me Juan Branco.

"Est-ce que la DGSI a surveillé M. Mélenchon notamment pendant la campagne des législatives ? Si menace il y avait, pourquoi n'a-t-il pas été prévenu ? Est-ce que ce service spécialisé dans la lutte antiterroriste peut prendre en charge la protection de personnalités politiques ?", s'interroge l'avocat, qui évoque une "confusion". Il a demandé aussi "la déclassification de documents de la DGSI en lien avec cette affaire".

Contacté par l'AFP, le ministère de l'Intérieur n'a pas souhaité faire de commentaires.

L'affaire avait commencé en juin dernier avec l'arrestation à Vitrolles (Bouches-du-Rhône) puis la mise en examen début juillet de Logan Alexandre Nisin pour association de malfaiteurs terroriste criminelle. L'enquête s'est alors attachée à remonter la piste d'un groupuscule, aboutissant le 17 octobre à un coup de filet.

Huit autres suspects, alors âgés de 17 à 29 ans, ont été mis en examen, soupçonnés d'appartenir au réseau fondé par Logan Alexandre Nisin. Il avait pris le nom d'OAS, évoquant celui de l'Organisation de l'armée secrète, responsable d'une campagne sanglante contre l'indépendance de l'Algérie au début des années 1960.

Parmi ses cibles potentielles, l'organisation envisageait de s'en prendre à des "lieux de culte", dont des mosquées, des "personnes d'origine nord-africaine ou personnes noires", des "militants anti-fascistes" ou des "hommes politiques" dont M. Castaner et M. Mélenchon.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Seance questions au gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Travail le 1er mai : une réforme quasi enterrée, que ses défenseurs cherchent à réanimer

Face au risque de censure et sous la pression des syndicats, le gouvernement a repoussé sine die la proposition de loi sénatoriale sur le travail le 1er mai, tout en ouvrant des discussions. Une décision dénoncée par Gabriel Attal chez Renaissance. Côté LR, Bruno Retailleau propose aux présidents de l’Assemblée et du Sénat de convoquer eux-mêmes la commission mixte paritaire, pour relancer le processus parlementaire. Si Gérard Larcher « était prêt à étudier » la question, l’idée serait en « stand by » face aux hésitations de Yaël Braun-Pivet.

Le

Menaces de l’ultra-droite: Mélenchon demande que Collomb soit entendu par la justice
3min

Politique

Au nom du « soutien au peuple Vénézuélien », Gérard Larcher reçoit au Sénat la Prix Nobel de la paix et opposante María Corina Machado

Au lendemain de sa rencontre avec Emmanuel Macron, la lauréate du Prix Nobel de la paix María Corina Machado, figure de l’opposition vénézuélienne, est reçue mardi 14 avril par le président du Sénat Gérard Larcher. L’occasion d’échanger sur « les perspectives d’une transition pacifique et démocratique » au Venezuela plus de trois mois après la capture du président Maduro par les États-Unis.

Le

Menaces de l’ultra-droite: Mélenchon demande que Collomb soit entendu par la justice
3min

Politique

Après son arrivée chez Grasset, relié à Vincent Bolloré, Boualem Sansal assure ne « pas du tout » se rapprocher de l’extrême-droite 

Invité de la matinale de Public Sénat ce mardi 14 avril, Boualem Sansal est revenu sur son récent départ de Gallimard, son éditeur historique, vers Grasset, relié au milliardaire conservateur Vincent Bolloré. Interrogé sur ce choix et sur d’hypothétiques liens avec l’extrême-droite, l’écrivain franco-algérien assure ne « pas du tout » se rapprocher de ce camp politique et dit « picorer » ses idées « à droite » et « à gauche ».

Le

36071660134
5min

Politique

« La République a besoin de votre voix » : au Sénat, collégiens et lycéens dissertent sur la liberté d’expression lors d’un concours d’éloquence

Plusieurs dizaines de collégiens et lycéens, principalement originaires de Seine-Saint-Denis, se sont affrontés lors de la 8ème édition du Concours d'éloquence de la jeunesse, lundi 13 avril, au Sénat. L’occasion de philosopher sur les limites de la liberté d’expression et d’ « affirmer sa place dans la société », comme les y a invités le sénateur Ahmed Laouedj.

Le