Mesures sociales d’Emmanuel Macron : que contient le projet de loi ?
L’avant-projet de loi « portant mesures d’urgence économiques et sociales », examiné en fin de semaine au Parlement, comporte trois articles. Il prévoit la défiscalisation des heures supplémentaires, une baisse de la CSG pour une partie des retraités et la défiscalisation d’une prime exceptionnelle. Le mécanisme prévu pour augmenter de 100 euros le pouvoir d’achat des salariés proches du Smic n’est pas encore arrêté.

Mesures sociales d’Emmanuel Macron : que contient le projet de loi ?

L’avant-projet de loi « portant mesures d’urgence économiques et sociales », examiné en fin de semaine au Parlement, comporte trois articles. Il prévoit la défiscalisation des heures supplémentaires, une baisse de la CSG pour une partie des retraités et la défiscalisation d’une prime exceptionnelle. Le mécanisme prévu pour augmenter de 100 euros le pouvoir d’achat des salariés proches du Smic n’est pas encore arrêté.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le véhicule législatif reprenant les mesures annoncées par Emmanuel Macron, pour répondre à la crise des Gilets jaunes, promettait d’être court. Il l’est bien. Le texte qui sera examiné en fin de semaine au Parlement – jeudi à l’Assemblée nationale, vendredi au Sénat – comportera trois articles, selon l’avant-projet de loi, dévoilé par nos confrères de Contexte. Il doit officiellement être présenté en Conseil des ministres mercredi.

Il y a donc, pour chacune des annonces qui nécessitait d’être traduite dans une loi, un article : l’encadrement d’une prime défiscalisée pouvant atteindre jusqu’à 1.000 euros, la défiscalisation des heures supplémentaires, et enfin, l’annulation de la hausse de la CSG pour près de 5 millions de retraités.

La méthode précise du gouvernement pour parvenir à une hausse de 100 euros du revenu des travailleurs payés au Smic est encore attendue à l’heure où nous écrivons ces lignes.

Donner la possibilité aux entreprises de verser une prime de 1.000 euros défiscalisée

L’article 1 du projet de loi détaille les modalités du versement de « la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat », versée manière facultative par les entreprises, d'un montant maximum de 1.000 euros, et qui sera exonérée de toute cotisation sociale ou impôt. Cette prime défiscalisée et désocialisée pourra être versée aux salariés dont la rémunération est inférieure à « trois Smic » (soit un peu plus de 3.600 euros net). Afin d’éviter les effets d’aubaine, le texte précise que « pour être éligible à l’exonération, cette prime exceptionnelle ne peut en aucun cas se substituer aux augmentations et primes prévues par lesdits accords de branche ou d’entreprise ou les usages de l’employeur», selon l’exposé des motifs.

Le versement de la prime interviendra entre le 10 décembre 2018 et le 31 mars 2019.

La défiscalisation des heures supplémentaires

Initialement prévue pour le 1er septembre 2019 (dans la loi de financement de la Sécurité sociale), l’exonération des cotisations salariales sur les heures supplémentaires est avancée au 1er janvier 2019. Le projet de loi ajoute une exonération d’impôt sur ces sommes, dans une limite de 5.000 euros par an.

Selon l’exposé des motifs, le gain pour un salarié au Smic pourrait s’élever à 155 euros par an, sur la base d’une moyenne de 109 heures supplémentaires.

La suppression de la hausse de la CSG pour les retraités touchant seulement une retraite de 2.000 euros net

Le projet de loi supprime enfin la hausse de 1,7 point de la CSG, intervenue en janvier 2018 pour une partie des 7 millions de retraités concernés par le taux plein. Rappelons que le taux de la CSG avait été porté à 8,3% pour les personnes dont le revenu fiscal de référence était égal ou supérieur à 14.404 euros pour une personne seule ou une part (l’équivalent d’une pension de retraite de 1.300 euros net, sans aucune autre source de revenu), ou à 22.096 euros pour un couple ou deux parts.

Le taux de CSG repassera à ce qu’il était avant le 1er janvier 2018 pour 3,8 millions de foyers de retraités (5 millions de retraités), c’est-à-dire 6,6%. La mesure touche ceux qui ont un revenu fiscal de référence allant jusqu’à 22.580 euros, dans le cas d’une personne seule (soit l’équivalent d’une pension allant jusqu’à 2.000 euros net), ou 34.906 pour un couple.

La mesure s’appliquera dès le 1er janvier 2019 mais « compte tenu des délais de mise en œuvre », une régularisation pourra avoir lieu rétroactivement, au plus tard le 1er juillet 2019.

Partager cet article

Dans la même thématique

Mesures sociales d’Emmanuel Macron : que contient le projet de loi ?
3min

Politique

Lycéens, carburant, agriculteurs : Sébastien Lecornu appelle à l'apaisement sans annoncer de moyens supplémentaires

Dans une allocution de 15 minutes enregistrée depuis Matignon, Sébastien Lecornu a assuré que le gouvernement avait pris conscience des crises que traverse le pays tout en réaffirmant sa volonté de ramener le déficit à 5 % du produit intérieur brut en 2027. S'il affirme ne pas être indifférent aux angoisses des lycéens, il renvoie leurs revendications au débat budgétaire. Il a toutefois annoncé la libération de 10 millions de barils de gazole afin de faire baisser le prix du litre de gazole à la pompe de 12 à 18 centimes.

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
7min

Politique

Manifestations lycéennes : mis en cause sur sa gestion du maintien de l’ordre, Laurent Nuñez pressé de trouver la voie de l’apaisement

Les mutilations de plusieurs élèves lors des manifestations lycéennes ont remis brutalement sur le devant de la scène la doctrine du maintien de l’ordre. Un rapport du Sénat sur ce sujet sera présenté dans les prochains jours. En attendant, faisant face aux demandes de démission des oppositions de gauche, le ministre de l’Intérieur a annoncé la suspension de l’usage des grenades assourdissantes et a longuement justifié l’action des forces de l’ordre, lors de son audition devant la commission des lois de l’Assemblée nationale.

Le

Memorial Site Honors Victims of the Hamas Attack at the Nova Music Festival
5min

Politique

7-Octobre : Trois ans après l’attaque du Hamas, les juifs de France continuent de vivre un « traumatisme »

L’émotion se fait ressentir en ce 7 octobre 2026. Trois ans après l’attaque du Hamas en Israël, plusieurs commémorations sont prévues en Israël, notamment à Réïm où certains politiques français se sont rendus. En France, le président du Crif explique que les Français juifs continuent de vivre ce « traumatisme » et regrette qu’ils soient « associés à un conflit » dont ils « ne sont pas responsables ».

Le

FRANCE-PARIS-MANIFESTATION ÉTUDIANTE-ÉDUCATION
5min

Politique

Blocus des lycées : dix-huit enquêtes IGPN ouvertes, l’usage des grenades assourdissantes suspendu

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé ce mercredi 7 octobre la suspension provisoire de l’usage des grenades assourdissantes dans le cadre des manifestations lycéennes. Cette décision intervient après qu’un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée lundi à Lens. Dix-huit enquêtes ont par ailleurs été confiées à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) depuis le début du mouvement.

Le