Méthode Lecornu sur le budget : « C’est un échec complet », relève la sénatrice LR Christine Lavarde

La sénatrice, cheffe de file de la droite sénatoriale sur les questions budgétaires, a fortement critiqué les arbitrages budgétaires du gouvernement tout au long de la discussion. Ces derniers remettent en cause les principes mêmes de la politique d’Emmanuel Macron, selon elle.
Rédaction Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

De la « déception », c’est le sentiment qui prédomine au sein de la droite sénatoriale au terme de quatre mois de marathon budgétaire. Lors d’un ultime passage à la chambre haute avant que ne soit adopté définitivement le texte à l’Assemblée nationale par l’intermédiaire du 49.3, la majorité sénatoriale LR-centristes a manifesté son mécontentement ce jeudi en rejetant symboliquement le texte.

Sébastien Lecornu devrait échapper la semaine prochaine une nouvelle fois à la censure. Mais pour Christine Lavarde, cheffe de file des Républicains sur ce texte, nulle démonstration d’habilité. « Je dirais que c’est un échec complet en fait. Il faut quand même se souvenir qu’il est membre des gouvernements successifs d’Emmanuel Macron depuis le départ et là, finalement en quelques semaine, il vient de détruire tout ce qui avait été la politique portée par le président de la République, une politique de l’offre qui essaie de remettre nos entreprises à des niveaux de compétitivité comparables à celle des autres entreprises notamment de la zone euro de l’OCDE », a-t-elle dénoncée dans notre émission « En direct du Sénat ».

La sénatrice cite en particulier la surtaxe d’impôt sur les sociétés visant les grandes entreprises, pour la seconde année consécutive, ou encore la mise sur pause de la réforme des retraites, « la seule réforme un peu systémique du deuxième quinquennat ».

5 % de déficit : « La prévision pourrait être un petit peu optimiste »

Quant au respect des 5 % de déficit, promesse en fin de course de projet de loi de finances, Christine Lavarde se montre sceptique. La commission des finances du Sénat se pose des questions sur le niveau des nouvelles estimations de recettes, inscrites par le gouvernement, ou encore sur la réalité des nouvelles dépenses, accordées au Parti socialiste, comme la prime d’activité, ou les repas universitaire à un euro. « Elles pourraient coûter plus cher que ce qui a été écrit, notamment si on regarde ce qu’il s’est passé dans le passé. En tout cas, nous, on a un certain nombre d’éléments qui nous laissent à penser que la prévision pourrait être un petit peu optimiste », expose-t-elle. Sans compter l’alerte ces dernières du Haut Conseil du financement de la protection sociale (HCFIPS), qui estime que des risques sérieux pèsent sur le respect de la trajectoire des comptes sociaux.

Pressentie par plusieurs observateurs pour prendre la succession de Jean-François Husson au poste de rapporteur général, la sénatrice se montre particulièrement pessimiste sur le prochain budget, qui sera le dernier du second quinquennat Macron, autrement dit débattu en pleine campagne présidentielle. « Il est fort probable qu’on ait directement une copie qui se limite à quelques articles très techniques, et que le gouvernement qui arrivera après l’élection présidentielle fasse un projet de loi de finances rectificative, qui lui permettra de mettre en place sa politique. »

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

L Assemblee adopte l’interdiction des reseaux sociaux aux moins de 15 ans
5min

Politique

Réseaux sociaux : députés et sénateurs s’accordent sur une interdiction totale aux moins de 15 ans

Réunis en commission mixte paritaire ce lundi, les sept députés et sept sénateurs se sont mis d’accord sur l’interdiction de tous les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Elle s’applique à toutes les plateformes, sans opérer de distinction comme le souhaitait initialement le Sénat. Emmanuel Macron veut appliquer le texte dès la rentrée, mais sa portée pourrait être limitée puisque la Commission européenne cherche à reprendre la main sur le sujet.

Le

Paris: Deputes dans la salle des quatre colonnes
7min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : dénonçant sa place sur la liste de Renaud Muselier, Valérie Boyer se lance de son côté

La sénatrice LR sortante, qui avait obtenu l’investiture à la troisième place d’une liste d’union UDI-Renaissance-LR, demandait la première place. Après avoir dénoncé un accord déséquilibré et se sentant « en décalage politique », Valérie Boyer décide de lancer sa liste dissidente. Renaud Muselier « regrette qu’elle ait cassé l’accord ». De quoi amener une dose d’incertitude de plus dans le scrutin.

Le

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le

Montrouge: Entretiens politiques sur l energie avec Terra Nova
9min

Politique

Présidentielle : devant ses amis réunis à la questure du Sénat, François Hollande se prépare et met en garde contre les « candidatures de témoignage »

L’ancien chef de l’Etat, qui aspire à la redevenir, a réuni ses fidèles mercredi soir à la questure du Sénat. François Hollande, qui sortira un livre début septembre, planche sur « quelques grandes idées ». S’il n’est pas encore déclaré, il espère être en situation pour pouvoir se lancer. Mais pour lui, l’éventuel retour à l’Elysée ne passera pas par la case primaire.

Le