Méthode Lecornu sur le budget : « C’est un échec complet », relève la sénatrice LR Christine Lavarde

La sénatrice, cheffe de file de la droite sénatoriale sur les questions budgétaires, a fortement critiqué les arbitrages budgétaires du gouvernement tout au long de la discussion. Ces derniers remettent en cause les principes mêmes de la politique d’Emmanuel Macron, selon elle.
Rédaction Public Sénat

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De la « déception », c’est le sentiment qui prédomine au sein de la droite sénatoriale au terme de quatre mois de marathon budgétaire. Lors d’un ultime passage à la chambre haute avant que ne soit adopté définitivement le texte à l’Assemblée nationale par l’intermédiaire du 49.3, la majorité sénatoriale LR-centristes a manifesté son mécontentement ce jeudi en rejetant symboliquement le texte.

Sébastien Lecornu devrait échapper la semaine prochaine une nouvelle fois à la censure. Mais pour Christine Lavarde, cheffe de file des Républicains sur ce texte, nulle démonstration d’habilité. « Je dirais que c’est un échec complet en fait. Il faut quand même se souvenir qu’il est membre des gouvernements successifs d’Emmanuel Macron depuis le départ et là, finalement en quelques semaine, il vient de détruire tout ce qui avait été la politique portée par le président de la République, une politique de l’offre qui essaie de remettre nos entreprises à des niveaux de compétitivité comparables à celle des autres entreprises notamment de la zone euro de l’OCDE », a-t-elle dénoncée dans notre émission « En direct du Sénat ».

La sénatrice cite en particulier la surtaxe d’impôt sur les sociétés visant les grandes entreprises, pour la seconde année consécutive, ou encore la mise sur pause de la réforme des retraites, « la seule réforme un peu systémique du deuxième quinquennat ».

5 % de déficit : « La prévision pourrait être un petit peu optimiste »

Quant au respect des 5 % de déficit, promesse en fin de course de projet de loi de finances, Christine Lavarde se montre sceptique. La commission des finances du Sénat se pose des questions sur le niveau des nouvelles estimations de recettes, inscrites par le gouvernement, ou encore sur la réalité des nouvelles dépenses, accordées au Parti socialiste, comme la prime d’activité, ou les repas universitaire à un euro. « Elles pourraient coûter plus cher que ce qui a été écrit, notamment si on regarde ce qu’il s’est passé dans le passé. En tout cas, nous, on a un certain nombre d’éléments qui nous laissent à penser que la prévision pourrait être un petit peu optimiste », expose-t-elle. Sans compter l’alerte ces dernières du Haut Conseil du financement de la protection sociale (HCFIPS), qui estime que des risques sérieux pèsent sur le respect de la trajectoire des comptes sociaux.

Pressentie par plusieurs observateurs pour prendre la succession de Jean-François Husson au poste de rapporteur général, la sénatrice se montre particulièrement pessimiste sur le prochain budget, qui sera le dernier du second quinquennat Macron, autrement dit débattu en pleine campagne présidentielle. « Il est fort probable qu’on ait directement une copie qui se limite à quelques articles très techniques, et que le gouvernement qui arrivera après l’élection présidentielle fasse un projet de loi de finances rectificative, qui lui permettra de mettre en place sa politique. »

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