Métro du Grand Paris: des retards à assumer et des économies à trouver
Edouard Philippe a annoncé jeudi des retards importants sur certains tronçons du futur métro du Grand Paris et dit viser une réduction du coût d...

Métro du Grand Paris: des retards à assumer et des économies à trouver

Edouard Philippe a annoncé jeudi des retards importants sur certains tronçons du futur métro du Grand Paris et dit viser une réduction du coût d...
Public Sénat

Par Jérémy MAROT, Jean LIOU

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Edouard Philippe a annoncé jeudi des retards importants sur certains tronçons du futur métro du Grand Paris et dit viser une réduction du coût d'environ 10%, même s'il a assuré que l'ensemble serait achevé comme prévu en 2030.

Exprimant sa volonté de "rendre totalement irréversible" le projet, le Premier ministre a souligné "la nécessité de le recaler, de lisser la réalisation de certains tronçons, de les prioriser, pour en assurer la réalisation dans des délais réalistes".

Le Grand Paris Express comprend quatre lignes nouvelles de métro automatique, numérotées de 15 à 18, ainsi que des prolongements de la ligne 14. S'articulant autour d'une ligne circulaire, plusieurs branches doivent relier les aéroports d'Orly et Roissy-Charles de Gaulle, le pôle scientifique de Saclay et des quartiers sensibles de Seine-Saint-Denis, comme Clichy-sous-Bois ou Montfermeil.

Le Premier ministre Edouard Philippe lors d'(une visite sur un chantier du Grand Paris à Champigny-sur-Marne, le 23 janvier 2018
Le Premier ministre Edouard Philippe lors d'(une visite sur un chantier du Grand Paris à Champigny-sur-Marne, le 23 janvier 2018
AFP/Archives

La ministre des Transports Elisabeth Borne a en particulier rassuré les habitants de Clichy-Montfermeil, épicentre des émeutes urbaines de 2005. Ils auront bien leur métro en 2024, comme l'avait promis Emmanuel Macron à l'automne.

Elle a aussi confirmé les prolongements de la ligne 14 au nord et au sud --de Saint-Denis Pleyel à l'aéroport d'Orly, via Paris-- et le tronc commun des lignes 16 et 17 de Pleyel au Bourget RER, lancés au début du mois.

Ils sont stratégiques pour les jeux Olympiques de 2024, le village olympique devant être construit à Pleyel, et devraient donc être prêts à temps.

Mme Borne a ajouté que le Grand Paris Express pourrait également aller à cette échéance jusqu'à l'aéroport du Bourget --où doit s'installer le centre des médias des JO-- si cela est "techniquement possible".

En revanche, Saclay est le grand perdant de l'arbitrage gouvernemental. Le Grand Paris Express n'y arrivera qu'en 2027, avec trois ans de retard.

- Transports alternatifs -

Déjà privé de l'Exposition universelle rêvée en 2025, ce pôle d'excellence du sud-ouest francilien était pourtant défendu, notamment, par les influents députés LREM de l'Essonne, Cédric Villani et Amélie de Montchalin.

"L'heure n'est pas aux lamentations mais à la mobilisation", a déclaré à l'AFP Mme de Montchalin qui appelle avec M. Villani à "une réflexion rapide et coordonnée sur un plan de transports d’urgence et de substitution d'ici à 2027".

Les autres tronçons devraient prendre jusqu'à six ans de retard.

Les élus ont immédiatement réagi. La Présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse (LR) estime que ces retards vont "porter atteinte à un grand nombre de projets phares pour la région et pour la France".

Mme Pécresse va réunir "tous les présidents de départements franciliens concernés afin d'explorer avec eux toutes les pistes qui permettraient d'accélérer la réalisation des lignes du Grand Paris Express", et étudier des modes de transport alternatifs, selon un communiqué.

Le président de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde, par ailleurs député de Seine-Saint-Denis, a "pris acte avec satisfaction" de la décision de "rendre totalement irréversible" le métro du Grand Paris, qualifiant de "responsable" l'agenda du gouvernement.

M. Philippe a défendu "un langage de vérité", le projet ayant rencontré des difficultés techniques, humaines et financières.

Il a demandé à la Société du Grand Paris (SGP) --la structure publique chargée de construire le métro-- "de préparer un plan" pour "comprimer le coût global du projet".

Le chef du gouvernement a précisé qu'il visait "une optimisation de l'ordre de 10%" soit 3,5 milliards d'économies sur une facture de 35 milliards, d'autant que quatre gares d'interconnexion avec le RER n'ont pas encore été financées.

S'il compte donner plus de moyens à la SGP, il a également annoncé le prochain départ du président de son directoire Philippe Yvin.

Une commission présidée par le député Gilles Carrez (LR) sera par ailleurs chargé de trouver des ressources supplémentaires pour financer les travaux.

La Cour des Comptes avait vertement critiqué dans un récent rapport le manque d'expertise technique et financière de la SGP, s'inquiétant d'une "trajectoire financière non maîtrisée" et craignant que sa dette ne devienne incontrôlable.

Partager cet article

Dans la même thématique

France Politics
9min

Politique

[Série 2/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : avec l’affaire Benalla, le temps du contre-pouvoir

Le Sénat et Emmanuel Macron. 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Avec l’affaire Benalla, le Sénat s’érige en contre-pouvoir du macronisme triomphant. Une forme de revanche, qui va créer des moments de fortes tensions entre l’exécutif et la majorité sénatoriale. Le Sénat va jouer à fond son rôle de contrôle, avec une conception plus anglo-saxonne des commissions d’enquête.

Le

Heat wave at Ehpad in Bordeaux
3min

Politique

Ehpad : « Ça s’est un peu amélioré, mais on est loin du compte. » alerte la sénatrice Anne Souryis

Le placement de personnes âgées en Ephad est toujours une étape redoutée par les familles. Les principaux intéressés ne veulent pas quitter leur domicile et l’entourage craint toujours une mauvaise prise en charge. Des craintes amplifiées depuis l’enquête de Victor Castanet dans son livre « Les Fossoyeurs » en 2022 qui a révélé un système privilégiant le rendement au détriment du bien être des patients. Depuis, les politiques se sont emparés du sujet, mais les moyens déployés sont-ils suffisants ? La prise en charge s’est-elle améliorée ? Et quelles sont les alternatives ? La sénatrice écologiste Anne Souyris et le gériatre Jean-Pierre Aquino en débattent dans l’émission Et la santé, ça va ? présentée par Axel de Tarlé.

Le

Métro du Grand Paris: des retards à assumer et des économies à trouver
5min

Politique

Ingérences étrangères : « Depuis les années 2010, aucun rendez-vous électoral n’a été épargné »

A l’heure de la manipulation des algorithmes et du recours croissant à l’intelligence artificielle sur les plateformes numériques, des experts alertent le Sénat sur la multiplication d’ingérences d’origine étrangères en Europe. Avec pour objectif de déstabiliser les périodes électorales, à coups de désinformation et d‘altération de la confiance envers les institutions.

Le

Macron Sénat 1 ok
9min

Politique

[Série 1/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : un début constructif, avant la montée des tensions

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Après des débuts plutôt bienveillants, la relation va vite se tendre sur les collectivités, avant qu’elle ne se dégrade sur le projet de réforme constitutionnelle, qui finira enterré.

Le