Michel Barnier à Matignon : « Est-ce que ce sera un Premier ministre collaborateur ou un ministre de plein exercice ? » interroge Bruno Retailleau 

Les consultations continuent, mais à Matignon cette fois-ci. Michel Barnier a reçu ce matin, après Gabriel Attal, les représentants de LR pour évoquer les conditions de leur soutien au futur gouvernement.
Henri Clavier

Temps de lecture :

3 min

Publié le

« Changements et ruptures » : voilà ce qu’a promis Michel Barnier lors de sa passation de pouvoir avec Gabriel Attal. Celui qui a entamé un nouveau tour de consultation en rencontrant, ce matin, Gabriel Attal, puis les dirigeants de LR, assure que les discussions se passent « très bien » et sont « pleines d’énergie ». Les échanges avec les différents représentants doivent permettre de préciser les contours de la future équipe gouvernementale et de sa feuille de route. « Il faudra beaucoup d’écoute » et « du respect à l’égard de toutes les forces politiques qui sont représentées », a affirmé le Premier ministre. Pour rappel, Michel Barnier a été chargé par l’Elysée de « constituer un gouvernement de rassemblement au service du pays ».  

Bien que Michel Barnier soit issu des rangs de LR, Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau ont détaillé, à la sortie de Matignon, les conditions pour obtenir le soutien de leur famille politique. « Depuis le début, on veut sortir la France du blocage et on a dit qu’on assumerait nos responsabilités, mais on ne le fera que sur un programme qui donne la garantie de répondre aux préoccupations de Français », affirme Laurent Wauquiez, président du groupe La Droite Républicaine à l’Assemblée nationale. L’ancien président de la région Auvergne Rhône-Alpes rappelle les grandes lignes du « pacte législatif » proposé par son parti et évoque les « questions de travail, de sécurité et d’immigration ». Laurent Wauquiez insiste également sur la nécessité de redresser les « comptes publics » après un nouveau dérapage du déficit public. Depuis la dissolution, les ténors de LR refusent de participer à une coalition et font de la reprise des priorités exprimées dans le « pacte législatif » leur boussole politique.  

Le président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau a également formulé plusieurs impératifs pour soutenir la politique du nouveau Premier ministre. S’il salue la personnalité de l’ancien négociateur du Brexit qui a « toutes les qualités pour réussir », le sénateur de Vendée rejette l’idée d’une poursuite de la politique d’Emmanuel Macron. « Une des premières questions que nous lui avons posées c’est quel Premier ministre il compte être. Est-ce que ce sera un Premier ministre collaborateur ? Auquel cas ça pourrait être sans nous, ou est-ce que c’est un Premier ministre de plein exercice au sens de l’article 20 de la Constitution qui conduit et détermine la politique de la nation », explique Bruno Retailleau. L’enjeu pour LR sera donc de s’assurer de la reprise de ses priorités et de l’indépendance de Michel Barnier par rapport au Président de la République avant d’accorder son soutien au Premier ministre. Même si l’Elysée promet un changement de méthode laissant une marge de manœuvre importante à Michel Barnier, l’AFP rapporte que l’entourage d’Emmanuel Macron table plutôt sur une « coexistence exigeante » qu’une cohabitation.   

Après s’être entretenu avec Emmanuel Macron à la mi-journée, le Premier ministre devrait détailler ses objectifs lors d’un entretien au 20h de TF1, ce vendredi. 

Partager cet article

Dans la même thématique

France Politics
9min

Politique

[Série 2/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : avec l’affaire Benalla, le temps du contre-pouvoir

Le Sénat et Emmanuel Macron. 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Avec l’affaire Benalla, le Sénat s’érige en contre-pouvoir du macronisme triomphant. Une forme de revanche, qui va créer des moments de fortes tensions entre l’exécutif et la majorité sénatoriale. Le Sénat va jouer à fond son rôle de contrôle, avec une conception plus anglo-saxonne des commissions d’enquête.

Le

Heat wave at Ehpad in Bordeaux
3min

Politique

Ehpad : « Ça s’est un peu amélioré, mais on est loin du compte. » alerte la sénatrice Anne Souryis

Le placement de personnes âgées en Ephad est toujours une étape redoutée par les familles. Les principaux intéressés ne veulent pas quitter leur domicile et l’entourage craint toujours une mauvaise prise en charge. Des craintes amplifiées depuis l’enquête de Victor Castanet dans son livre « Les Fossoyeurs » en 2022 qui a révélé un système privilégiant le rendement au détriment du bien être des patients. Depuis, les politiques se sont emparés du sujet, mais les moyens déployés sont-ils suffisants ? La prise en charge s’est-elle améliorée ? Et quelles sont les alternatives ? La sénatrice écologiste Anne Souyris et le gériatre Jean-Pierre Aquino en débattent dans l’émission Et la santé, ça va ? présentée par Axel de Tarlé.

Le

Michel Barnier à Matignon : « Est-ce que ce sera un Premier ministre collaborateur ou un ministre de plein exercice ? » interroge Bruno Retailleau 
5min

Politique

Ingérences étrangères : « Depuis les années 2010, aucun rendez-vous électoral n’a été épargné »

A l’heure de la manipulation des algorithmes et du recours croissant à l’intelligence artificielle sur les plateformes numériques, des experts alertent le Sénat sur la multiplication d’ingérences d’origine étrangères en Europe. Avec pour objectif de déstabiliser les périodes électorales, à coups de désinformation et d‘altération de la confiance envers les institutions.

Le

Macron Sénat 1 ok
9min

Politique

[Série 1/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : un début constructif, avant la montée des tensions

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Après des débuts plutôt bienveillants, la relation va vite se tendre sur les collectivités, avant qu’elle ne se dégrade sur le projet de réforme constitutionnelle, qui finira enterré.

Le