Paris: Weekly cabinet meeting at Elysee Palace
French Prime Minister Michel Barnier leaving Elysee palace after a meeting in Paris, on November 27, 2024//01JACQUESWITT_choix023/Credit:Jacques Witt/SIPA/2411271432

Michel Barnier renonce à augmenter les taxes sur l’électricité

Le Premier ministre annonce ne pas augmenter les taxes sur l’électricité comme prévu initialement dans le budget pour 2025, accédant à une des demandes du Rassemblement national. Michel Barnier reprend en partie la disposition votée par le Sénat.
Quentin Gérard

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Sous le coup d’une motion de censure qui menace de le renverser, Michel Barnier accède à la demande de Marine Le Pen. Dans un entretien au Figaro, ce mercredi 28 novembre, le Premier ministre annonce renoncer à l’augmentation des taxes sur l’électricité. « J’ai décidé de ne pas augmenter les taxes sur l’électricité dans le projet de loi de finances 2025 », indique le chef du gouvernement. « Cela permettra une baisse des prix de l’électricité de 14 %, qui ira donc bien au-delà de la baisse de 9 % prévue initialement », poursuit-il.

« Presque tous m’ont demandé d’évoluer »

Reçue lundi à Matignon, la cheffe de file des députés Rassemblement national avait insisté sur cette « ligne rouge ». Mais ce n’est pas la seule à avoir poussé en ce sens. « Que ce soit dans ma majorité ou les chefs d’opposition que j’ai reçus : presque tous m’ont demandé d’évoluer », assure Michel Barnier.

Cette taxe autorisait le gouvernement à relever la fiscalité à un niveau supérieur à celui qui prévalait avant le bouclier tarifaire. Elle était censée rapporter 3,4 milliards d’euros à l’Etat. « Ça fait plusieurs centaines de millions d’euros pour les entreprises », a fait valoir le Premier ministre devant un parterre de PME réunies à Paris. Le gouvernement va permettre seulement « ce que prévoit le droit sans intervention supplémentaire », soit un retour à une situation fiscale pré-bouclier tarifaire.

Présent au Sénat pour le projet de loi de finances 2025, Laurent Saint-Martin a annoncé la nouvelle aux parlementaires. « Quand le gouvernement dit qu’un texte est perfectible et que nous sommes à l’écoute du Parlement, c’est le cas et donc nous faisons évoluer le texte », a indiqué le ministre des Comptes publics. Dans la nuit de mardi à mercredi, pendant l’examen du projet de loi de finances, le Sénat s’est déjà opposé à ce dispositif. A la place, les parlementaires ont prévu de relever de 4 euros par MWH l’accise du gaz naturel à usage combustible.

Une « victoire du RN »

« Le Rassemblement national vient de remporter une victoire », se réjouit Jordan Bardella sur X. « Grace à notre action déterminée, les prix de l’énergie n’augmenteraient pas pour les Français en 2025, si cette promesse est bien respectée et si elle n’est pas financée par d’autres hausses d’impôts et de taxes », poursuit le patron du RN. Et de tempérer, en ajoutant que « d’autres lignes rouges demeurent », à l’image du « déremboursement supplémentaire de médicaments ».

Dans la même interview au Figaro, Michel Barnier annonce aussi une réforme de l’aide médicale d’Etat (AME) l’année prochaine. « Après des années de hausse, l’aide médicale d’Etat, dont le coût s’élève à 1,2 milliard d’euros, fait d’ores et déjà l’objet d’une stabilisation », indique le Premier ministre. Avant de poursuivre : « Nous n’allons pas la supprimer, mais le panier de soins pris en charge va être sensiblement diminué ». Et d’ajouter : « Nous allons engager une réforme pour éviter les abus et les détournements ». C’était une autre demande du Rassemblement national, notamment pour compenser l’annulation de l’augmentation des taxes sur l’électricité.

Partager cet article

Dans la même thématique

Michel Barnier renonce à augmenter les taxes sur l’électricité
6min

Politique

« Nous n’avons pas le moindre objectif en ce qui concerne les élections », assure le directeur de Périclès, l’organe d’influence de Pierre-Édouard Stérin

Entendu par la commission d'enquête sénatoriale sur le financement privé des politiques publiques, Arnaud Rérolle, le directeur général de Périclès, un organe de financement abondé par le milliardaire ultraconservateur Pierre-Edouard Stérin, s’est défendu de toute entreprise politique. S’il assume la volonté de défendre des projets portés par une ligne « de droite, d’inspiration libérale-conservatrice », il assure ne pas chercher à construire « une majorité politique » en vue de 2027.

Le

Paris : parliamentary groups speak to medias after a meeting of the bill to combat antisemitism
2min

Politique

Enquête pour corruption : le Sénat lève l’immunité parlementaire de Francis Szpiner, « afin de permettre son placement en garde à vue »

Le sénateur Les Républicains Francis Szpiner, ancien maire du XVIe arrondissement, est visé depuis octobre 2024 par une enquête du parquet de Paris. L’élu est suspecté d’avoir monnayé les faveurs sexuelles d’une jeune femme contre l’attribution d’un logement social. Des faits contestés par l’intéressé, qui devrait être prochainement placé en garde à vue.

Le

TAHITI SWIMRUN 2024
6min

Politique

« Mettre les Outre-mer au centre du jeu » : les sénateurs appellent à renforcer la stratégie française et européenne dans le bassin pacifique

Après deux volets sur l’océan Indien et l’océan Atlantique, la délégation sénatoriale aux Outre-mer s’est penchée sur l’intégration régionale de la Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna et la Polynésie française, jugée insuffisante. Les sénateurs appellent la France et l’Union européenne à prioriser ces territoires, notamment via un ministère dédié, dans une région clé de la géopolitique mondiale.

Le

Declaration des impots sur le revenu en ligne
4min

Politique

Transparence de la vie publique : record du nombre de contrôles exercés par la Haute autorité en 2025

Dans son rapport annuel, la Haute autorité de la transparence de la vie publique (HATVP) indique avoir réalisé un contrôle de 5 795 déclarations patrimoniales et d’intérêts des responsables publics et a rendu 641 avis sur des projets de mobilité professionnelle entre les secteurs public et privé. 57 dossiers ont été transmis au parquet pour défaut de déclaration. Des chiffres record. La Haute autorité formule également des propositions pour rationaliser ses contrôles.

Le