Migrants: les associations rappellent à Macron leur principe d’accueil inconditionnel
Les principaux acteurs de l'hébergement des migrants ont rappelé mercredi à Emmanuel Macron le principe d'"accueil inconditionnel...

Migrants: les associations rappellent à Macron leur principe d’accueil inconditionnel

Les principaux acteurs de l'hébergement des migrants ont rappelé mercredi à Emmanuel Macron le principe d'"accueil inconditionnel...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Les principaux acteurs de l'hébergement des migrants ont rappelé mercredi à Emmanuel Macron le principe d'"accueil inconditionnel" de leur action, aux antipodes du contrôle qu'elles redoutent de voir monter en puissance, en Ile-de-France notamment.

"Le socle de nos missions se fonde sur le principe d'accueil inconditionnel", prévoyant que "toute personne en situation de détresse présente sur le territoire a le droit à un hébergement et un accompagnement", et ce, "quel que soit (son) statut administratif", affirment les associations dans une lettre ouverte au chef de l'Etat.

Les vingt-deux signataires (un large éventail associant Fondation Abbé Pierre, Emmaüs, Secours catholique, Samu social de Paris, Médecins du Monde etc, à l'exception du groupe SOS) disent ainsi leurs "vives inquiétudes face à l'évolution de l'accueil des étrangers" et "du rôle attribué aux associations dans l'orientation de ces publics".

En effet les centres d'hébergement "ont pour mission d'héberger et d'accompagner, pas de contrôler les gens qui sont à l'intérieur", a affirmé à l'AFP Florent Gueguen, directeur de la Fédération des acteurs de la solidarités (ex-Fnars) à l'origine de cette lettre ouverte.

Il s'est inquiété de la création récente, par les pouvoirs publics, d'une "équipe mobile" en Ile-de-France ayant pour mission "d'aller dans les centres d'hébergement dédiés aux migrants pour demander des listes sur la situation administrative des personnes hébergées".

Ces équipes, qui viennent de commencer leurs missions, sont composées de l'Ofii (Office français d'immigration et d'intégration), de la préfecture de région, avec à Paris des agents de la Préfecture de police, ainsi que du GIP-HIS (groupement d'intérêt public "habitat et interventions sociales").

"C'est exactement ce qu'on ne souhaite pas: être obligés de transmettre des informations sur les personnes qui peuvent se retourner contre elles", a affirmé M. Gueguen.

En effet les centres accueillent aujourd'hui "une majorité de personnes sous statut +Dublin+, donc passées par un autre pays européens où elles risquent d'être renvoyées", a-t-il ajouté.

"On refuse de faire le tri" et "si les centres deviennent des pièges à migrants, un certain nombre d'associations vont se retirer des dispositifs, et les migrants eux-même n'iront plus", a-t-il prédit.

Cette question du contrôle constituait déjà une "ligne rouge" pour les associations dans le fonctionnement du "centre de premier d'accueil" ouvert il y a un an à Paris.

Avec ses "Centres d'accueil et d'examen des situations" (CAES), l'Etat développe aujourd'hui des structures couplant accueil et contrôle administratif, afin d'orienter ensuite les migrants vers des centres d'hébergement en fonction de leur droit au séjour.

En filigrane, les associations réagissaient aussi aux mises en garde plusieurs fois lancées par le chef de l'Etat, qui a affirmé en septembre ne "jamais" accepter que, "lorsque l'administration vient faire son travail dans un centre d'hébergement, une association puisse (l')empêcher de le faire".

"Je ne vous demande pas d'accorder l'hébergement d'urgence sans conditions", avait alors lancé M. Macron aux préfets, ajoutant: "Vous m'aurez à vos côtés" en cas de "réticences" chez certains acteurs.

Partager cet article

Dans la même thématique

6min

Politique

Municipales 2026 : les prisons privées du vote par correspondance

Conformément à la loi promulguée en juillet 2025, les détenus ne pourront plus voter par correspondance aux scrutins locaux, dans le souci d’éviter toute distorsion électorale. Au mois de mars, les municipales seront les premières élections concernées par ce changement.

Le

image prétexte écran ordinateur
5min

Politique

 « Où va ma France ? » : Guillaume Gontard, président du groupe écologiste au Sénat, juge l’initiative « totalement scandaleuse et illégale ».

La députée écologiste Sabrina Sebaihi a dénoncé, lundi 5 janvier sur le réseau social X, le site « Où va ma France ? », qu’elle accuse de constituer un « fichage dangereux ». La plateforme cartographiant mosquées, quartiers dits « sensibles » et hébergements pour migrants, fait désormais l’objet de plusieurs saisines judiciaires.

Le

Le Senat, Paris.
5min

Politique

Fin de vie : « Un référendum sur le texte inopérant du Sénat, n’aurait pas de sens », considère Olivier Falorni

Cette semaine, la commission des affaires sociales du Sénat a restreint la portée de la proposition de loi établissant « un droit à l’aide à mourir », le remplaçant par une « assistance médicale à mourir ». L’auteur de la proposition de loi, le député Olivier Falorni, juge la version du Sénat « inopérante » et espère « un dernier mot » de l’Assemblée avant l’été. Le chef de l’Etat a rappelé qu’il était prêt à aller au référendum si la navette parlementaire était interrompue.

Le