Mineur tué à Nanterre : « Si ce jeune est mort, c’est d’abord parce qu’il a cherché à se soustraire à un contrôle », estime François-Xavier Bellamy

Invité ce mercredi 28 juin de la matinale de Public Sénat, l’eurodéputé LR François-Xavier Bellamy a réagi à la mort d’un adolescent de 17 ans à Nanterre, tué par un policier pour un refus d’obtempérer. L’élu, qui appelle la justice « à faire toute la lumière sur les circonstances de cet événement », a également tenu à épingler le comportement de la victime.
Romain David

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La ville de Nanterre en région parisienne a été émaillée dans la soirée de mardi par une série de violences, en réaction à la mort d’un automobiliste de 17 ans, abattu par les forces de l’ordre après un refus d’obtempérer. Si les circonstances précises de ce drame restent à déterminer, dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, le conducteur apparaît tenu en joue par l’un des deux policiers, qui tire à bout portant lorsque le véhicule redémarre. La voiture s’est encastrée dans un poteau quelques mètres plus loin. Le policier a été placé en garde à vue et deux enquêtes ouvertes, a indiqué Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur, ce mercredi matin. « Ces images sont extrêmement choquantes. Elles ne correspondent pas, apparemment, à ce que nous souhaitons en termes d’intervention », a-t-il admis devant des journalistes. « Si les images se confirment, à aucun moment un geste comme celui qu’on a vu ne se justifie. »

« C’est toujours terrible qu’une vie soit perdue et il faudra que la justice fasse toute la lumière sur les circonstances de cet évènement », a réagi le député européen Les Républicains François-Xavier Bellamy au micro de « Bonjour chez vous », la matinale de Public Sénat. « Mais moi, je suis révolté de voir à quel point certains, y compris dans la classe politique, saisissent cette occasion pour condamner immédiatement les policiers. Au point qu’on a le sentiment qu’ils voudraient nous faire croire que les policiers de la République rêvent de rentrer chez eux, le soir, en ayant tué un jeune », s’est-il agacé.

« Tout cela est alimenté par un certain discours politique. On a entendu des responsables politiques d’extrême gauche nous dire que la police tue et assassine, comme si la police pouvait être rangée au rang des criminels », déplore encore le vice-président exécutif des LR. « Aucun policier n’utilise son arme de gaîté de cœur », martèle notre invité.

« Si un policier ou un gendarme vous demande de vous arrêter, vous devez l’écouter »

« Si ce jeune s’était arrêté, s’il avait obtempéré, nous n’en serions pas là aujourd’hui et il est certain qu’il ne serait pas mort », estime François-Xavier Bellamy. « Si ce jeune qui roulait sans permis, qui, certainement, par son comportement routier avait dû attirer l’attention des agents de police, si ce jeune est mort, c’est d’abord parce qu’il a cherché à se soustraire à un contrôle et que les conséquences de ce comportement auraient pu être potentiellement dramatiques pour d’autres personnes », poursuit l’eurodéputé. « À la fin, qu’aurions nous dit si les policiers avaient laissé ce jeune homme repartir et que, dans un comportement routier manifestement dangereux, il avait tué sur sa route des innocents ? »

L’élu, professeur agrégé de philosophie, s’est ensuite attaché à dénoncer une forme de faillite morale et éducative. « Comment en arrive-t-on à vivre dans un pays où des jeunes, même pas encore majeurs, sont capables de se soustraire à l’ordre d’un policier qui leur demande de s’arrêter, même quand ce policier se croit dans une situation suffisamment tendue pour sortir son arme de service ? La première chose que l’on devrait tous dire, et je pense en particulier aux parents, c’est que si un policier ou un gendarme vous demande de vous arrêter, vous devez l’écouter », explique-t-il. « Il est absolument anormal que des jeunes de 17 ans soient à ce point victimes d’une telle faillite éducative. »

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