Mineurs étrangers: l’Etat « assumera l’évaluation » de leur âge et « l’hébergement d’urgence »
L'Etat "assumera l'évaluation" de l'âge "et l'hébergement d'urgence" des jeunes étrangers sans famille arrivant en France, et ce ...

Mineurs étrangers: l’Etat « assumera l’évaluation » de leur âge et « l’hébergement d’urgence »

L'Etat "assumera l'évaluation" de l'âge "et l'hébergement d'urgence" des jeunes étrangers sans famille arrivant en France, et ce ...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

L'Etat "assumera l'évaluation" de l'âge "et l'hébergement d'urgence" des jeunes étrangers sans famille arrivant en France, et ce "jusqu'à ce que leur minorité soit confirmée", a affirmé vendredi Edouard Philippe, alors que les départements se disent débordés par cette prise en charge dont le coût explose.

"Cet accueil d'urgence et cette capacité à dire si, oui ou non, nous sommes en face de mineurs ou de majeurs, doit relever de la responsabilité de l'Etat", a-t-il ajouté devant les présidents des départements réunis en congrès à Marseille, qui chiffrent à un milliard d'euros la prise en charge de ces mineurs dont le nombre pourrait dépasser 25.000 cette année.

Il faudra pour cela "mettre en place des dispositifs d'accueil et un processus de prise en charge spécifique, adapter les dispositions législatives" et "clarifier la question des coûts", a ajouté M. Philippe.

En effet ces jeunes, appelés "mineurs non-accompagnés", ou "mineurs isolés étrangers", relèvent de l'aide sociale à l'enfance et donc des départements. Le financement de leur accueil figurait en tête des priorités des départements qui attendaient une "réponse très claire" du Premier ministre lors du congrès.

Le Premier ministre a promis "d'engager une mission d'expertise", composée de représentants des corps d'inspection de l'Etat et des Conseils départementaux, et qui pourrait rendre ses conclusions "d'ici à la fin de l'année" pour prendre "les décisions qui s'imposent en la matière en termes de finances et d'organisation".

Il a souligné que le projet de loi de finances pour 2018 prévoyait "132 millions d'euros" de crédits supplémentaires pour accompagner la hausse du nombre de mineurs concernés et "prendre en charge, à titre exceptionnel, une partie des surcoûts de l'aide sociale à l'enfance liés à la hausse du nombre de mineurs non accompagnés accueillis dans les départements cette année".

"C'est le rôle de l'Etat d'accueillir dignement une personne étrangère sur notre territoire, de lui assurer la protection correspondant à son statut, de s'assurer que les titres qu'elle présente sont authentiques, de déterminer enfin son âge pour savoir à quoi, le cas échéant elle a droit", a souligné M. Philippe.

Il a reconnu une situation "assez exceptionnelle" qui a conduit les départements à se sentir "dépassés par ce mécanisme exceptionnel et incroyablement lourd sur le plan budgétaire".

Selon un rapport d'information au Sénat datant de juin, le nombre de ces mineurs, venus essentiellement d'Afrique et en majorité âgés de 15 à 18 ans, a explosé ces dernières années: de 4.000 en 2010, ils sont passés à 13.000 en 2016 et on "pourrait dépasser 25.000" cette année.

En septembre, les ministres de la Justice, Nicole Belloubet, et de la Santé, Agnès Buzyn, avaient déjà annoncé un "abondement budgétaire de 6,5 millions d'euros en 2017" consacré au "remboursement par l'Etat aux départements de la période d'évaluation" de ces mineurs.

Partager cet article

Dans la même thématique

MUNICIPALES LE HAVRE : SOUTIENS A JEAN PAUL LECOQ
6min

Politique

Municipales 2026 : les communistes, « confiants et mobilisés » pour récupérer les bastions perdus

Pour les élections municipales, les communistes espèrent se maintenir à la tête des bastions qu’ils ont gardés en 2020 et reconquérir quelques villes perdues ici ou là, comme Nîmes, Le Havre ou Champigny-sur-Marne. L’issue de ce scrutin est cruciale pour le parti, à la peine dans les élections nationales mais résistant dans les élections locales.

Le

Illustration of the posters for the first round of the municipal elections in Paris
8min

Politique

Quadrangulaires, quinquangulaires… Comment l’émiettement du paysage politique rebat les cartes des municipales

DECRYPTAGE - Après les duels classiques, place aux quadrangulaires et quinquangulaires. La fracturation politique menace désormais de percuter les élections municipales. À quelques jours du vote, de Paris à Marseille, en passant par Lille, Bordeaux ou Strasbourg, les sondages annoncent un nombre record de listes susceptibles de se qualifier pour le second tour dans les grandes villes. Une situation qui rebat les cartes du pouvoir local et interroge les règles du scrutin.

Le

Michel Barnier, le jeudi 12 mars 2026
4min

Politique

Municipales à Paris : « Il n’y aura pas d’alliance de parti à parti » entre Sarah Knafo et Rachida Dati, exhorte Michel Barnier

Soutien de Rachida Dati, le député des Républicains estime qu’elle symbolise le mieux l’alternance à la mairie de Paris. Invité dans l’émission Bonjour chez vous, Michel Barnier rejette toute alliance avec Sarah Knafo, mais estime qu’« il faut qu’au deuxième tour, tout le monde se retrouve derrière Dati ». A Pierre-Yves Bournazel (Horizons) et à Sarah Knafo de « prendre leurs responsabilités ».

Le