Annecy : French prime minister takes part in the right-wing party Les Republicains (LR) Parliamentary Days
French Prime Minister Michel Barnier arrives to take part in the right-wing party Les Republicains (LR) Parliamentary Days in Annecy on September 12, 2024.//ALLILIMOURAD_1.0254/Credit:MOURAD ALLILI/SIPA/2409121820

Ministère de la Coordination gouvernementale : à situation inédite, portefeuille inédit

C’est la sénatrice LR de Paris, Marie-Claire Carrère-Gée, qui a été choisie pour occuper ce nouveau portefeuille. Alors que cette fonction est d’ordinaire dévolue aux collaborateurs du Premier ministre, la création d’un poste dédié trahit la nature composite du gouvernement.
Romain David

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Avec cette nomination, Michel Barnier ne récompense pas seulement la fidélité, il s’assure aussi des services d’une personne de confiance à un poste potentiellement très sensible. Le Premier ministre a nommé samedi soir la sénatrice LR de Paris, Marie-Claire Carrère-Gée, ministre déléguée chargée de la Coordination gouvernementale, une fonction inédite à ce jour, et que semblent imposer le contexte politique et la configuration du nouvel exécutif.

Elue sénatrice en 2023, après de nombreuses années passées au Conseil de Paris, Marie-Claire Carrère-Gée connaît bien Michel Barnier. Elle avait été sa directrice de campagne pour la primaire de 2021, avant de rejoindre l’équipe de Valérie Pécresse. Mais c’est aussi une habituée des arcanes du pouvoir et des rouages de l’exécutif. Elle a été secrétaire générale adjointe de l’Elysée sous la seconde présidence de Jacques Chirac, après avoir été sa conseillère sociale. Un poste éminemment politique, comme le sera certainement le ministère qui vient de lui échoir.

Michel Barnier se retrouve à la tête d’une équipe de 34 ministres et 5 secrétaires d’Etat, dont plus de la moitié est issue d’autres familles politiques que la sienne. Notamment 12 Ensemble pour la République, 4 divers droite, 3 MoDem, 2 Horizons, 2 Liot, ou encore un ancien du Parti socialiste. Il faudra veiller à ce que cette coalition gouvernementale apprenne à travailler en bonne intelligence. Et l’on sait que les tensions peuvent être vives au sein d’un gouvernement, entre les ambitions des uns et des autres, les frustrations attisées par les arbitrages ou les changements d’orientation. « Le Premier ministre a constitué une équipe de ministres prêts à travailler ensemble, au-delà de leurs différences. Il m’a confié la responsabilité de coordonner à ses côtés l’action gouvernementale », explique, laconiquement, Marie-Claire Carrère-Gée sur ses réseaux sociaux.

Les équipes de Matignon face au mur du budget

« La coordination gouvernementale, d’habitude c’est le directeur de cabinet du Premier ministre qui s’occupe de ça », relève Hervé Marseille, le président du groupe centriste au Sénat. « Mais là, je pense que son dircab Jérôme Fournel, spécialiste des finances et ancien collaborateur de Bruno Le Maire, risque d’avoir fort à faire avec le budget… » En clair, les équipes de Matignon se préparent à être particulièrement mobilisées sur le projet de loi de finance pour 2025, qui s’annonce comme l’un des plus difficiles de la Cinquième République. Réattribuer certaines missions bien identifiées est aussi une manière d’éviter la surchauffe.

Militante du RPR depuis l’adolescence, Marie-Claire Carrère-Gée est une habituée des négociations ; en 2011 Nicolas Sarkozy lui avait demandé de représenter la France et de coanimer la task force du G20 sur l’emploi.

Mais l’élue est surtout un visage bien connu de la politique parisienne, figure de l’opposition à Anne Hidalgo. Cette Paloise de naissance a tenté à plusieurs reprises de briguer la mairie du 14e arrondissement, mais aussi d’obtenir l’investiture LR pour la course à l’Hôtel de Ville en 2019, finalement attribuée à Rachida Dati. Sur le réseau social X, Marie-Claire Carrère-Gée indique vouloir continuer à exercer son mandat au Conseil de Paris où elle préside la commission des Finances.

Partager cet article

Dans la même thématique

MANIF FEMINISTE ANTI RASSEMBLEMENT NATIONAL
6min

Politique

Manifestation contre le RN à Orléans : un « aveu de faiblesse » pour la gauche ou un échec de la dédiabolisation de Marine Le Pen ?

20 000 à 30 000 opposants au Rassemblement national sont attendus samedi à Orléans où se tient le congrès du parti. Associations, syndicats, mais aussi responsables politiques comme Olivier Faure, Marine Tondelier ou Bally Bagayoko feront partie du cortège. Signe d’une dédiabolisation qui n’est pas encore aboutie pour le parti de Jordan Bardella et Marine Le Pen ? Ou un aveu d’impuissance de la gauche ? En 1997, une contre-manifestation avait rassemblé 50 000 personnes et les chefs de partis de gauche à Strasbourg où se tenait le congrès du Front national.

Le

7min

Politique

Pas de panier de produits sains à prix coûtant pour les consommateurs français : le texte a été rejeté par le Sénat

Jeudi, la proposition de loi déposée par les écologistes, qui entendait favoriser l’accès à une alimentation saine, a été rejetée par le Sénat. Si la nécessité de garantir l’accès aux produits de première nécessité dans un contexte inflationniste a été unanimement reconnue, plusieurs groupes politiques ont fait part de leur désaccord avec les moyens de sa mise en œuvre.

Le

Marseille: Riots and Protests in Marseille
6min

Politique

« En droit, vous ne pouvez pas avoir une interdiction générale de manifester », explique le constitutionnaliste Benjamin Morel  

Les arrêtés préfectoraux interdisant les manifestations et rassemblements se multiplient dans plusieurs villes avant la journée de mobilisation du 24 octobre et les couvre-feux sont également prolongés dans certains quartiers jusque lundi. Mais quel est le cadre législatif pour interdire des manifestations et imposer des couvre-feux ?

Le