« Ministre de l’Intérieur pour Gérard Collomb, c’est un CDD. Lyon, c’est un CDI »
Louis Hausalter, journaliste à Marianne et Alexia Germont, présidente fondatrice du think tank « France Audacieuse », analysent l’annonce par Gérard Collomb, de sa propre démission du gouvernement, en mai 2019, pour se présenter aux municipales de Lyon.

« Ministre de l’Intérieur pour Gérard Collomb, c’est un CDD. Lyon, c’est un CDI »

Louis Hausalter, journaliste à Marianne et Alexia Germont, présidente fondatrice du think tank « France Audacieuse », analysent l’annonce par Gérard Collomb, de sa propre démission du gouvernement, en mai 2019, pour se présenter aux municipales de Lyon.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

À la veille de l’audition d’Alexandre Benalla, Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur et proche d’Emmanuel Macron, a annoncé dans « L’Express » sa démission en mai 2019 pour se présenter à la mairie de Lyon.

 Une annonce qui ne surprend pas tellement le journaliste de Marianne, Louis Hausalter :

« Lyon c’est quand même le point central de sa vie politique. Ministre de l’Intérieur pour Gérard Collomb, c’est un CDD. Lyon, c’est un CDI et c’est le CDI de sa vie (…) En fait, il n’a jamais pensé à autre chose. Il a toujours pensé dans sa tête qu’il reviendrait à Lyon de toute façon. »

Pour le journaliste, le problème se pose surtout pour le président de la République : « Macron qui se voulait le maître des horloges, celui qui maîtrisait tout, maintenant  il ne maîtrise tellement plus les horloges, que c’est un ministre qui choisit quand est-ce qu’il y aura un remaniement. »

« Ça vient surtout aussi à la suite d’un été meurtrier et d’une rentrée fracassante » ajoute Alexia Germont, présidente fondatrice du think tank « France Audacieuse », faisant référence à l’affaire Benalla : « Lorsqu’il s’est exprimé devant la commission d’enquête devant l’Assemblée nationale, il a eu des mots quand même assez durs. Il s’est défaussé (…) En tout cas, il s’est mis de côté sur toute faute personnelle, renvoyant plutôt la balle du côté du préfet de police et du côté de la présidence de la République (…) La sortie sur le « manque d’humilité », même si c’était un manque d’humilité, dit collectif (…), je ne pense pas que cela soit quelque chose qui ait été forcément bien compris. »

Louis Hausalter explique que Gérard Collomb est « une voix libre », ce qui n’est pas « anodin » « en macronie » : « Autour de Macron, il y a des gens qui lui doivent tout. Il y en a beaucoup (…) [Gérard Collomb] (…) a cru en Macron très tôt mais il ne lui doit pas tout parce qu’il s’est construit une carrière d’homme politique de grande envergure locale. Il n’a pas besoin de lui pour exister. Il a Lyon. »

Mais avoir cru en Macron, lui aurait permis de prendre sa revanche, selon le journaliste, puisqu’auparavant il n’avait jamais été considéré « comme un homme politique d’envergure nationale ».

Le fait que Gérard Collomb souhaite se représenter à Lyon, soulève d’autres interrogations dans le futur, pour Alexia Germont : « Il aura quand même 73 ans au moment des municipales. Est-ce que ça correspond véritablement à l’envie de renouvellement des Français, d’avoir à nouveau Gérard Collomb qui se présente ? (…) Avec sa femme, qui (…) n’a pas le même âge et qui est, elle-même, sur place, référente de la République en marche, ça dépeint un tableau qui n’est pas forcément en ligne (…) avec l’envie de renouveau qui était portée par Emmanuel Macron. »

 

Partager cet article

Dans la même thématique

NANTES :  Electoral posters for municipal elections.
6min

Politique

« Les partis ne parlent plus aux gens » : pourquoi de nombreux candidats aux municipales masquent leur appartenance partisane

Si les listes « sans étiquette » ont toujours été nombreuses dans les petites communes, de nombreux candidats affiliés à un parti affichent également une neutralité de façade dans les grandes villes. Une façon de se tenir à distance du chaos politique national. A l’exception notable du Rassemblement national et de La France insoumise, qui assument de nationaliser ce scrutin pour en faire un tremplin vers les présidentielles de 2027.

Le

Mairie illustration
5min

Politique

Municipales 2026 : la France insoumise « dangereuse pour la démocratie » et les idées de droite en hausse, selon une enquête d’Ipsos

Inquiétudes sur la sécurité, devoir d’exemplarité des maires, désaffection à l’égard de plusieurs partis de gauche… L’institut de sondage Ipsos BVA-CESI Ecole d’ingénieurs a publié une nouvelle étude pour Le Monde, le Cevipof et la Fondation Jean Jaurès. Les Français y dressent un paysage politique qui se droitise à quelques jours du premier tour des élections municipales.

Le

Paris: Pierre-Yves Bournazel Municipal Elections Campaign
5min

Politique

Municipales : pour Horizons, la formation d’Edouard Philippe, un scrutin déterminant   

La formation d’Edouard Philippe a beaucoup à perdre aux prochaines élections municipales. L’ancien Premier ministre, qui a fait de sa réélection aux Havre l’une des conditions de sa candidature à la présidentielle, n’est pas au mieux dans les sondages, tout comme le vice-président du parti, Christian Estrosi à Nice. Et à Paris, le positionnement de Pierre-Yves Bournazel sera scruté de près entre les deux tours. 

Le