Mise en cause des soldats français par l’ambassadeur malien : Christian Cambon l’accuse de propager une « fake news »
En réaction aux propos tenus hier par l’ambassadeur du Mali en France au Sénat, critiquant les « débordements » de l’armée française, et plus particulièrement ceux des soldats de la Légion étrangère à Bamako, le président de la commission des Affaires étrangères, Christian Cambon, dénonce une « fake news » et demande une « clarification » du gouvernement malien.

Mise en cause des soldats français par l’ambassadeur malien : Christian Cambon l’accuse de propager une « fake news »

En réaction aux propos tenus hier par l’ambassadeur du Mali en France au Sénat, critiquant les « débordements » de l’armée française, et plus particulièrement ceux des soldats de la Légion étrangère à Bamako, le président de la commission des Affaires étrangères, Christian Cambon, dénonce une « fake news » et demande une « clarification » du gouvernement malien.
Public Sénat

Par Alice Bardo

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Les condamnations sont unanimes. Au lendemain de l’audition de l’ambassadeur du Mali en France devant la commission des Affaires étrangères du Sénat, le ministère des Armées comme le président de la commission, Christian Cambon (LR) dénoncent de « fausses accusations » contre l’armée française et l’« indécence » de ses propos.

« L’opinion française est choquée »

Pour rappel, hier, Toumani Djimé Diallo a réagi aux manifestations anti-françaises qui se multiplient dans son pays. « L’opinion française est choquée », avait prévenu le président de la commission, qui déplore au passage une « forme de complaisance politique de certains des Etats du Sahel à l'égard de ces mouvements ». Un discours anti-Français qu’il condamne d’autant plus compte tenu des « 800 millions d’euros payés par les contribuables français » pour financer l’opération Barkhane, menée par l’armée militaire française au Sahel pour lutter contre les djihadistes. Sans compter le lourd bilan humain : 41 soldats y ont laissé leur vie.

« Dans les Pigalle de Bamako, vous les y trouvez tatoués sur tout le corps »

Si Toumani Djimé Diallo a commencé par assurer de l’absence de tout « sentiment anti-français », il a admis « un ressenti, à un moment, au sein de la population, contre la présence militaire française », avant d’ajouter sans mâcher ses mots, assumant « ne pas avoir l’habitude la langue de bois » :

 « Dans les forces françaises, il y a des officiers, l’armée normale, mais aussi la Légion étrangère, et c'est là le problème. Dans les Pigalle de Bamako, vous les y trouvez tatoués sur tout le corps, en train de rendre une image qui n'est pas celle que nous connaissons de l’armée (…) Ça fait peur, ça intrigue, et ça questionne. »

Des « débordements » qui, « lorsque la population les réalise (…) posent problème », ajoute l’ambassadeur. D’autant qu’« avec tant d’hommes, on s'attendait à une lutte moins coûteuse en vies humaines, donnant plus de résultats ».

« Il n’y a aucun soldat de la Légion étrangère à Bamako »

« Des propos violents », a réagi ce jeudi Christian Cambon pour publicsenat.fr, encore « stupéfait » par les propos de l’ambassadeur. Plus encore : il s’agirait d’une « fake news ». Le sénateur est catégorique : « Il n’y a aucun soldat de la Légion étrangère à Bamako. »

« Pour des raisons évidentes de sécurité, ils ne quittent pas leurs campements, situés à des centaines de kilomètres de la capitale. Ils n’ont pas de permission », explique-t-il. Le président de la commission des Affaires étrangères attend une clarification » du gouvernement malien afin de savoir « qui anime ce genre de fake news ».

« C’est très grave cette affaire ! »

« C’est très grave cette affaire ! » s’inquiète le sénateur, qui craint un « retournement de l’opinion publique » contre des forces armées françaises.

Une affaire qui intervient alors que le sommet de Pau, le 6ème sommet du G5 Sahel organisé le 13 janvier dernier, avait suscité de l’espoir de toutes part. Un sommet lors duquel la France et les pays du G5 Sahel (Niger, Tchad, Mauritanie, Burkina Faso, Mali) ont décidé de renforcer leur coopération militaire, les moyens et les capacités militaires de chacun des pays de l’alliance, notamment celles de la France, avec 600 soldats supplémentaires dans le cadre de l’opération Barkhane. « 600 parmi lesquels des soldats appartenant à la Légion étrangère », s’était inquiété hier l’ambassadeur du Mali. « Il aurait fallu qu’il tourne sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler », déplore Christian Cambon. Toumani Djimé Diallo a été convoqué par le Quai d’Orsay.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Loi Yadan contre l’antisémitisme : les sénateurs dubitatifs à l’annonce de la reprise en main du gouvernement

Après le retrait à l’Assemblée nationale de la proposition de loi portée par la députée Renaissance Caroline Yadan, le gouvernement va reprendre la main et présentera un projet de loi sur la lutte contre l’antisémitisme devant le Sénat avant l’été. L’exécutif compte sur un accueil plus favorable à la chambre haute où la droite et le centre sont majoritaires. Mais les relations entre la majorité sénatoriale se sont tendues ces derniers temps.

Le

Paris: French Government Weekly Cabinet Meeting
3min

Politique

1er mai : boulangeries et fleuristes « indépendants » pourront faire travailler leurs salariés dès cette année, annonce Sébastien Lecornu

Le Premier ministre a mis sur la table, vendredi, un nouveau projet de loi d’élargissement du travail le 1er mai, uniquement ouvert aux boulangeries et fleuristes « indépendants et artisanaux ». En attendant son adoption formelle, il a assuré que des consignes seront données pour qu’aucun contrôle ne vienne entraver le travail de leurs salariés cette année.

Le

Festival Du Livre 2025
2min

Politique

Crise chez Grasset : au Festival du livre, Emmanuel Macron affiche sa volonté de défendre le « pluralisme éditorial »

En visite ce vendredi au Festival du livre, bousculé par la crise ouverte chez l’éditeur Grasset, Emmanuel Macron a voulu afficher sa défense du « pluralisme éditorial » et de « la liberté des auteurs ». Concernant la création d’une clause de conscience pour les auteurs, le Président a estimé que cela « doit se réfléchir ».

Le