Missiles hypersoniques en Ukraine : comprendre leur fonctionnement
L’armée russe a annoncé ce week-end avoir tiré deux missiles hypervéloces, ou dits hypersoniques, en Ukraine. L’usage de ces armes, capables de se déplacer à plusieurs fois la vitesse du son, fait craindre une escalade de la violence dans le conflit qui agite le pays.

Missiles hypersoniques en Ukraine : comprendre leur fonctionnement

L’armée russe a annoncé ce week-end avoir tiré deux missiles hypervéloces, ou dits hypersoniques, en Ukraine. L’usage de ces armes, capables de se déplacer à plusieurs fois la vitesse du son, fait craindre une escalade de la violence dans le conflit qui agite le pays.
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Par Pierre-Louis Boucé

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3 min

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Vladimir Poutine lui-même les qualifie d’« invincibles ». L’armée russe a annoncé, à deux reprises au cours du week-end, avoir fait usage de missiles hypervéloces en Ukraine. Le porte-parole du ministère de la défense a précisé samedi 19 mars avoir « détruit un important entrepôt souterrain de missiles et de munitions de l’aviation de l’armée ukrainienne » dans l’ouest du pays. « Une importante réserve de carburant » située à Mikolaïv, dans le sud ukrainien, a également été frappée le lendemain, toujours selon Moscou.

Une allure équivalente à plusieurs fois la vitesse du son

D’après le porte-parole du ministère de la défense russe, ces deux frappes ont été menées à l’aide de missiles Kh-47M2 Kinjal, dits « hypervéloces » ou « hypersoniques » en raison de leur vitesse de pointe : « dix fois la vitesse du son », soit 12 000 km/h, d’après le Kremlin. Selon l’agence de presse russe Ria Novosti, c’est la première fois que ces engins, testés pour la première fois en 2018, sont utilisés dans un conflit. Pour Benjamin Hautecouverture, maître de recherche à la Fondation pour la Recherche Stratégique, le « Kremlin a, d’une certaine manière, survendu le tir de Kinjal ». « En réalité, il est difficile de parler de rupture dans le conflit, puisque la Russie tire des missiles balistiques sol-sol de courte portée Iskander-M, qui sont également hypervéloces [Mach 6 à 7, ndlr] depuis le début du conflit en Ukraine ».

De manière globale, l’armée russe revendique depuis des années plusieurs exploits technologiques dans le domaine des missiles dits « hypervéloces ». Ces armes ont la particularité d’être propulsées à la vitesse minimale de Mach 5, soit cinq fois la vitesse du son (24 000 km/h). En 2018 et 2020, le Kremlin avait respectivement annoncé les premiers tests réussis pour les missiles Avangard (Mach 27) et Zircon (Mach 9). En outre, Moscou affirme que ces systèmes, en raison de leur vitesse et de leur manœuvrabilité, sont difficilement interceptables par les défenses anti-aériennes. Une information que nuance Benjamin Hautecouverture : « La trajectoire de ces missiles dits hypersoniques, essentiellement de croisière ou portés par des planeurs hypersoniques, épouse la courbe de la terre à une altitude relativement basse, et peut ainsi tromper la plupart des défenses anti-missiles, mais pas toutes. Et cela est valable pour le Kinjal. »

En communiquant comme il le fait, le Kremlin cherche à « dramatiser » la situation actuelle en Ukraine, reconnaît l’expert en géostratégie. « Mais il n’est pas sûr qu’en face, les dirigeants des pays de l’OTAN notamment, soient convaincus de cette soi-disant gravité que Moscou cherche à imposer, » conclut-il.

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