Mobilisation en Russie : « C’est plus qu’une mobilisation, c’est une rafle » selon le chef de la diplomatie européenne, l’Espagnol Josep Borrell
Depuis l’annonce de la « mobilisation partielle » lors du discours de Vladimir Poutine, le 21 septembre 2022, des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes de Russie, y compris à Moscou et à Saint-Pétersbourg. Interrogé par Caroline de Camaret et Dominique Baillard, à l’issue de l’Assemblée générale des Nations Unies, Josep Borrell, haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, évoque les risques d’une escalade et reste prudent face à la menace nucléaire agitée par Vladimir Poutine.

Mobilisation en Russie : « C’est plus qu’une mobilisation, c’est une rafle » selon le chef de la diplomatie européenne, l’Espagnol Josep Borrell

Depuis l’annonce de la « mobilisation partielle » lors du discours de Vladimir Poutine, le 21 septembre 2022, des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes de Russie, y compris à Moscou et à Saint-Pétersbourg. Interrogé par Caroline de Camaret et Dominique Baillard, à l’issue de l’Assemblée générale des Nations Unies, Josep Borrell, haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, évoque les risques d’une escalade et reste prudent face à la menace nucléaire agitée par Vladimir Poutine.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Ce devait être une réponse à la fermeté des Occidentaux et des Européens dans leur soutien au peuple ukrainien. Mais la mobilisation partielle de 300 000 Russes semble être plus compliquée que prévu. Si à Moscou, chose rare, on reconnaît des erreurs, pour le haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères Josep Borrell : « C’est plus qu’une mobilisation, c’est une rafle parce que l’on voit bien que les gens ne sont pas très enthousiastes pour partir à la guerre ».

Les nombreuses manifestations qui ont eu lieu ce week-end pour protester contre la guerre et l’obligation pour les réservistes d’aller se battre en Ukraine ont été réprimées par le pouvoir. Selon OVD-Info, une ONG spécialisée dans le décompte des arrestations, plus de 700 personnes auraient été arrêtées lors de la seule journée de samedi.

Interrogé sur la validité des référendums organisés à la hâte dans les régions ukrainiennes occupées par les troupes russes. Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, assure que l’Union européenne ne reconnaîtra pas leur validité. « C’est un référendum comme ça, convoqué à la sauvette, dans un pays en guerre alors que la moitié des gens sont partis. Franchement, comment peut-on imaginer qu’on puisse faire un référendum du jour au lendemain ? On ne va pas reconnaître cette mascarade ! ».

Chercher une voie de sortie

Sur la menace nucléaire brandie par Poutine, Josep Borrell appelle à la prudence : « Il faut éviter que cela n’arrive et pour cela, il faut tenir une politique à la fois ferme et qui cherche une voie de sortie pour ce conflit » explique-t-il. Interrogé sur la réponse à apporter en cas de frappe, le vice-président de la commission européenne reste évasif : « Pour l’instant, on est tous en train de travailler pour que ce scénario noir n’arrive pas. Il ne faut pas faire escalader les choses, faire des déclarations qui puissent mettre encore plus en danger l’équilibre déjà difficile ».

« Ce n’est pas le moment de faiblir. Si les Ukrainiens sont capables de récupérer une partie de leur territoire, c’est sans doute grâce à l’efficacité des armes que les Occidentaux et nous les Européens, leur ont fourni. » Josep Borrell

Enfin, le haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité assure que l’Europe continuera à soutenir l’Ukraine, y compris concernant l’envoi d’armes : « Ce n’est pas le moment de faiblir. Si les Ukrainiens sont capables de percer le front russe, de récupérer une partie de leur territoire, c’est sans doute grâce à l’efficacité des armes que les Occidentaux et nous les Européens, leur ont fourni. Donc ce n’est pas le moment de ralentir. Au contraire, c’est le moment de continuer l’effort et de l’augmenter si besoin. »

Revoir l’intégralité de notre émission sur notre espace replay

Partager cet article

Dans la même thématique

ill_institution_assemblee_nationale_15
10min

Politique

Les pétitions, un nouvel outil de pression citoyenne sur le débat public ?

Du succès de la mobilisation contre la loi Duplomb au classement sans suite de la pétition sur la présomption de légitime défense des forces de l’ordre, les pétitions en ligne s’imposent comme un nouveau mode d’interpellation des élus. Sans portée juridique contraignante, elles peinent toutefois à infléchir le travail parlementaire. Leur succès révèle surtout l’aspiration croissante des citoyens à peser sur les décisions publiques entre deux élections, alors que les institutions peinent encore à leur ouvrir une véritable place.

Le

Recolte betterave 2020
7min

Politique

Projet de loi d'urgence agricole : une censure du Conseil constitutionnel est-elle envisageable ?

Mercredi, le Parlement a définitivement adopté le projet de loi d'urgence agricole qui prévoit l'utilisation à titre dérogatoire, pour certaines cultures, de deux néonicotinoïdes interdits en France. Un texte qui va faire l'objet d'une saisine du Conseil constitutionnel par différents groupes politiques. L'année dernière, les Sages avaient censuré une disposition similaire issue d'un texte d'origine sénatoriale, mais les parlementaires ont, depuis, revu leur copie.

Le

Paris : Weekly cabinet meeting at Elysee Palace
5min

Politique

Quels ministères ont connu le plus de ministres pendant les mandats d’Emmanuel Macron ?

Les deux quinquennats d’Emmanuel Macron ont été marqués par un nombre important de gouvernements. Sur ces neuf ans, c’est le ministère de la Santé qui a connu le plus de ministres, talonné par les ministères en charge des Collectivités territoriales ou de l’Environnement. Les Armées, l’Economie et les Affaires étrangères sont ceux avec le plus de stabilité. Le reflet de choix politiques ou le fruit d’une instabilité politique ?

Le