Mobilisation pour l’emploi: Philippe change sa « méthode » avec les partenaires sociaux
Inaugurant une "nouvelle méthode", Edouard Philippe a reçu lundi à Matignon syndicats, patronat ou encore associations d'élus...

Mobilisation pour l’emploi: Philippe change sa « méthode » avec les partenaires sociaux

Inaugurant une "nouvelle méthode", Edouard Philippe a reçu lundi à Matignon syndicats, patronat ou encore associations d'élus...
Public Sénat

Par Jérémy MAROT, Jean-Louis PREVOST

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Inaugurant une "nouvelle méthode", Edouard Philippe a reçu lundi à Matignon syndicats, patronat ou encore associations d'élus pour lancer sa "mobilisation générale" pour l'emploi et l'écologie, et tenter ainsi de renouer après plusieurs mois de crise sociale avec les corps intermédiaires.

"Il faut que tout le monde se mette ensemble pour trouver la solution concrète et pratique à un problème concret et pratique", a résumé le Premier ministre à l'issue de plusieurs heures de réunion, autour d'une dizaine de ministres, et de 57 délégations regroupant des élus, des représentants des organisations syndicales et patronales ou encore des associations.

L'exécutif, soucieux de la "mise en oeuvre" de ses réformes, avait dégagé cinq sujets qu'il estimait "consensuels" pour donner le coup d'envoi de cette "mobilisation nationale et territoriale autour de la formation, l'emploi, et des grandes transitions écologique et numérique", voulue par Emmanuel Macron en réponse à la crise des "gilets jaunes".

L'apprentissage tout d'abord, dont le gouvernement a fait la promotion pour susciter de nouvelles vocations. L'exécutif souhaite régler des difficultés de logement et de transport qui entravent encore son développement.

Les questions des emplois non pourvus et des freins à la reprise d'emploi (transport, logement, garde d'enfant) ont également été au menu. Des discussions ont également eu lieu sur l'accompagnement des territoires dans la transition écologique et numérique, ou encore sur les gestes écologiques du quotidien (gestion des déchets, cycles courts, alimentation dans les cantines...).

En gage d'ouverture, et à l'initiative de la CFDT, il a été décidé d'ajouter "un 6e chantier: celui de la rénovation thermique et énergétique des bâtiments", a souligné M. Philippe.

- De la haute couture -

Après ce lancement parisien, la concertation, pilotée par les préfets et les présidents de région, doit désormais descendre localement, avant un nouveau rendez-vous en juin.

"Territoire par territoire, il faut qu'on fasse de la haute couture, en tout cas du +sur mesure+ pour être certain que les solutions concrètes sont bien apportées et que les changements se voient", a insisté M. Philippe.

Au sortir de la réunion, les participants ont dans l'ensemble acté et salué le "changement de méthode".

"Mon appréciation est simple, la porte est entrouverte et il faut mettre le pied dans la porte pour pousser nos sujets", a ainsi lancé le patron de la CFDT Laurent Berger. "Comme d'habitude la CFDT jugera sur pièces mais (...) objectivement les thèmes qui sont portés sont de bons sujets", a-t-il poursuivi

"C'est un bon début car on a le sentiment que l'on va pouvoir s'exprimer sur tous les sujets", a estimé pour sa part Laurent Escure (Unsa). "Maintenant l'expression qui préside c'est dire: on verra bien. On a dit au Premier ministre qu'il fallait des éléments concrets qui montrent que les discussions ont servi à quelque chose et que la parole des salariés a été entendue", a-t-il ajouté.

Michel Beaugas (Force ouvrière) a de son côté regretté "le grand absent de la présentation initiale: l'augmentation des salaires et du pouvoir d'achat". "Si le gouvernement (..) obligeait le patronat et lui-même en tant qu'employeur à relever les salaires, cela permettrait de résoudre des problèmes", a-t-il dit.

La question plus spécifique de la prime mobilité, que les organisations syndicales souhaitent rendre obligatoire en opposition des organisations patronale, a également crispé les débats. Matignon a indiqué être prêt à défiscaliser cette prime et a aussi évoqué la possibilité de la différencier selon les régions.

M. Berger a ainsi fustigé la "réaction presque grotesque des organisations patronales qui ont dit qu'elle reviendrait trop cher".

"Il faut laisser les entrepreneurs et les salariés négocier sur une base volontaire", lui a répondu à la sortie le patron du Medef Geoffroy Roux de Bézieux.

La CGT, comme Solidaires la veille, avait pour sa part annoncé à la dernière minute qu'elle ne participerait pas à la réunion "dont les objectifs sont loin de correspondre au mécontentement et à la colère du monde du travail et de ceux qui en sont exclus".

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