Mobilisation pour l’emploi: Philippe change sa « méthode » avec les partenaires sociaux
Inaugurant une "nouvelle méthode", Edouard Philippe a reçu lundi à Matignon syndicats, patronat ou encore associations d'élus...

Mobilisation pour l’emploi: Philippe change sa « méthode » avec les partenaires sociaux

Inaugurant une "nouvelle méthode", Edouard Philippe a reçu lundi à Matignon syndicats, patronat ou encore associations d'élus...
Public Sénat

Par Jérémy MAROT, Jean-Louis PREVOST

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Inaugurant une "nouvelle méthode", Edouard Philippe a reçu lundi à Matignon syndicats, patronat ou encore associations d'élus pour lancer sa "mobilisation générale" pour l'emploi et l'écologie, et tenter ainsi de renouer après plusieurs mois de crise sociale avec les corps intermédiaires.

"Il faut que tout le monde se mette ensemble pour trouver la solution concrète et pratique à un problème concret et pratique", a résumé le Premier ministre à l'issue de plusieurs heures de réunion, autour d'une dizaine de ministres, et de 57 délégations regroupant des élus, des représentants des organisations syndicales et patronales ou encore des associations.

L'exécutif, soucieux de la "mise en oeuvre" de ses réformes, avait dégagé cinq sujets qu'il estimait "consensuels" pour donner le coup d'envoi de cette "mobilisation nationale et territoriale autour de la formation, l'emploi, et des grandes transitions écologique et numérique", voulue par Emmanuel Macron en réponse à la crise des "gilets jaunes".

L'apprentissage tout d'abord, dont le gouvernement a fait la promotion pour susciter de nouvelles vocations. L'exécutif souhaite régler des difficultés de logement et de transport qui entravent encore son développement.

Les questions des emplois non pourvus et des freins à la reprise d'emploi (transport, logement, garde d'enfant) ont également été au menu. Des discussions ont également eu lieu sur l'accompagnement des territoires dans la transition écologique et numérique, ou encore sur les gestes écologiques du quotidien (gestion des déchets, cycles courts, alimentation dans les cantines...).

En gage d'ouverture, et à l'initiative de la CFDT, il a été décidé d'ajouter "un 6e chantier: celui de la rénovation thermique et énergétique des bâtiments", a souligné M. Philippe.

- De la haute couture -

Après ce lancement parisien, la concertation, pilotée par les préfets et les présidents de région, doit désormais descendre localement, avant un nouveau rendez-vous en juin.

"Territoire par territoire, il faut qu'on fasse de la haute couture, en tout cas du +sur mesure+ pour être certain que les solutions concrètes sont bien apportées et que les changements se voient", a insisté M. Philippe.

Au sortir de la réunion, les participants ont dans l'ensemble acté et salué le "changement de méthode".

"Mon appréciation est simple, la porte est entrouverte et il faut mettre le pied dans la porte pour pousser nos sujets", a ainsi lancé le patron de la CFDT Laurent Berger. "Comme d'habitude la CFDT jugera sur pièces mais (...) objectivement les thèmes qui sont portés sont de bons sujets", a-t-il poursuivi

"C'est un bon début car on a le sentiment que l'on va pouvoir s'exprimer sur tous les sujets", a estimé pour sa part Laurent Escure (Unsa). "Maintenant l'expression qui préside c'est dire: on verra bien. On a dit au Premier ministre qu'il fallait des éléments concrets qui montrent que les discussions ont servi à quelque chose et que la parole des salariés a été entendue", a-t-il ajouté.

Michel Beaugas (Force ouvrière) a de son côté regretté "le grand absent de la présentation initiale: l'augmentation des salaires et du pouvoir d'achat". "Si le gouvernement (..) obligeait le patronat et lui-même en tant qu'employeur à relever les salaires, cela permettrait de résoudre des problèmes", a-t-il dit.

La question plus spécifique de la prime mobilité, que les organisations syndicales souhaitent rendre obligatoire en opposition des organisations patronale, a également crispé les débats. Matignon a indiqué être prêt à défiscaliser cette prime et a aussi évoqué la possibilité de la différencier selon les régions.

M. Berger a ainsi fustigé la "réaction presque grotesque des organisations patronales qui ont dit qu'elle reviendrait trop cher".

"Il faut laisser les entrepreneurs et les salariés négocier sur une base volontaire", lui a répondu à la sortie le patron du Medef Geoffroy Roux de Bézieux.

La CGT, comme Solidaires la veille, avait pour sa part annoncé à la dernière minute qu'elle ne participerait pas à la réunion "dont les objectifs sont loin de correspondre au mécontentement et à la colère du monde du travail et de ceux qui en sont exclus".

Partager cet article

Dans la même thématique

STRASBOURG International day against racism and fascism : demonstration
2min

Politique

Le Conseil d'Etat confirme la dissolution de La Jeune Garde

Le Conseil d'Etat a rejeté jeudi le recours du mouvement d'ultragauche La Jeune Garde contestant sa dissolution décidée en Conseil des ministres en juin 2025. Il estime que cette décision était « adaptée, nécessaire et proportionnée à la gravité des atteintes portées à l'ordre public ».

Le

Mobilisation pour l’emploi: Philippe change sa « méthode » avec les partenaires sociaux
2min

Politique

Présidentielle : « Il faudra que les sociaux-démocrates et les modérés de la droite républicaine se retrouvent, car ce sera la seule façon de s’opposer aux extrêmes », plaide Hervé Marseille

Le président du groupe Union centriste du Sénat, allié des LR à la Haute assemblée, ne ferme pas la porte à un rapprochement « à un moment donné » avec les sociaux-démocrates, tels que François Hollande ou Bernard Cazeneuve, « un homme tout à fait respectable », afin de battre « les extrêmes », avance le président de l’UDI.

Le

Mobilisation pour l’emploi: Philippe change sa « méthode » avec les partenaires sociaux
3min

Politique

Crise chez Grasset : la ministre de la Culture ouvre la porte à la création d’une clause de conscience pour les auteurs

Interrogée par la sénatrice Sylvie Robert (PS), auteure d’une proposition sur le sujet, la ministre de la culture Catherine Pégard s’est dite favorable à étudier création d’une clause permettant aux auteurs de quitter avec plus de facilité leur maison d’édition en cas de changements imposés par la direction. Une réponse à la crise ouverte chez Grasset par le renvoi de son président Olivier Nora par la direction d’Hachette, aux mains de Vincent Bolloré.

Le

Mobilisation pour l’emploi: Philippe change sa « méthode » avec les partenaires sociaux
3min

Politique

Audiovisuel public : les nouveaux contrats d’objectifs et de moyens « présentés à l’été au Parlement », affirme Catherine Pégard

Après une commission d’enquête tendue, à l’Assemblée, sur l’audiovisuel public, le président de la commission de la culture du Sénat, Laurent Lafon, regrette que le gouvernement ait abandonné son texte qui créait une holding de l’audiovisuel public. « Je ne crois pas au statu quo », lui a répondu la ministre de la Culture, Catherine Pégard.

Le