Mobilisation sociale : « Notre objectif, c’est de mettre la pression sur Sébastien Lecornu, mais aussi sur Emmanuel Macron », lance Manon Aubry (LFI)

Les syndicats appellent à la grève ce jeudi 18 septembre en réaction aux mesures budgétaires présentées par le précédent gouvernement l’été dernier. D’après le ministère de l’Intérieur, entre 600.000 et 900.000 manifestants sont attendus partout en France. Manon Aubry, eurodéputée LFI, espère que la mobilisation sera « encore plus importante » que celle du mouvement « Bloquons tout », le 10 septembre.
Théodore Azouze

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Une nouvelle journée de mobilisation sociale. À l’appel de l’intersyndicale, de nombreuses manifestations sont attendues dans toute la France ce jeudi 18 septembre pour contester contre le projet de budget présenté par le précédent Premier ministre, François Bayrou. Des mesures qui, pour l’heure, n’ont pas été abandonnées par son successeur à Matignon – à l’exception de la suppression de deux jours fériés. 

Demande d’un départ d’Emmanuel Macron

« Notre objectif, c’est de mettre la pression sur Sébastien Lecornu, mais aussi sur Emmanuel Macron, puisqu’il a nommé un de ses derniers fidèles, une sorte de clone à Matignon pour poursuivre sa politique », réagit ce jeudi l’eurodéputée LFI (La France insoumise) Manon Aubry, invitée de la matinale de Public Sénat ce jeudi. L’élue espère une mobilisation « encore plus importante » que lors du mouvement « Bloquons tout », le 10 septembre dernier. Au-delà des revendications sociales, la France insoumise réclame sur le plan politique le départ du chef de l’État, « via une démission ou via une procédure de destitution ». 

Pour eux, une nouvelle élection présidentielle permettrait de débloquer la situation politique. « Après cette année assez chaotique qu’on vient de vivre politiquement, tout le monde comprend assez aisément que le problème vient de l’Élysée et d’Emmanuel Macron lui-même », poursuit Manon Aubry, qualifiant Sébastien Lecornu de « dernier fusible ». Les dirigeants du mouvement fondé par Jean-Luc Mélenchon ont refusé l’invitation à Matignon du nouveau Premier ministre à discuter.

Manon Aubry dénonce les « provocations » de Bruno Retailleau

D’après le ministère de l’Intérieur, la mobilisation devrait être massivement suivie. Selon ses prévisions communiquées mercredi, 600.000 à 900.000 personnes devraient défiler ce jeudi sur l’ensemble de tout le territoire. Ce matin, des actions et blocages ont déjà été remarqués dans différentes régions françaises. Le trafic dans les transports en commun est également perturbé, notamment en Île-de-France. 

Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur démissionnaire, a pris la parole tôt ce jeudi pour faire un point sur le dispositif sécuritaire prévu. Il a mis en garde les potentiels acteurs violents qui se pourraient se glisser dans les cortèges. « Devant ces groupuscules, qui seront nombreux, d’ultragauche, de casseurs, de délinquants d’opportunité, qui voudront profiter de la masse et du désordre, nous serons là évidemment », a lancé le patron des Républicains, promettant que les forces de l’ordre seront « intraitables » face aux débordements.

« Bruno Retailleau ne cesse de multiplier les provocations », déplore Manon Aubry, en réaction aux avertissements du responsable. « Je souhaite que l’on ne réponde pas à ces provocations et que ces manifestations soient les plus massives, les plus joyeuses et les plus pacifiques possibles. » Bruno Retailleau a par ailleurs accusé mercredi les représentants de la France insoumise de « propager la haine anti-flics ». « Comme chacun le sait, nous sommes des partisans des actions non violentes », s’est défendue ce jeudi Manon Aubry. 

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