Mobilisations propalestiniennes à Sciences Po : Sylvie Retailleau annonce réunir les présidents d’université jeudi matin

Interrogée dans le cadre des questions au gouvernement au Sénat sur les mobilisations propalestiniennes à Sciences Po, la ministre de l’enseignement supérieur a défendu la nécessité de « veiller au respect du cadre républicain », tout en permettant un espace « pour avoir du vrai débat et de la controverse ». A ce titre, elle annonce réunir les présidents d’université ce jeudi 2 mai, afin de bâtir un calendrier.
Alexis Graillot

Temps de lecture :

4 min

Publié le

La ministre de l’Enseignement supérieur est sur le pont. Alors que les mobilisations en soutien à la Palestine se poursuivent dans les universités françaises, puisqu’après Sciences Po, c’est désormais la prestigieuse université de La Sorbonne qui se trouve touchée par les blocages, Sylvie Retailleau a été questionnée au Sénat sur le contexte universitaire actuel.

La ministre annonce ainsi aux élus de la chambre haute, avoir pris la décision de réunir les présidents d’université jeudi matin, « afin d’exprimer des positions », « des actions sur lesquels nous travaillons » et un « calendrier ».

« On est complètement alignés » avec le Premier ministre

Alors que la ministre est régulièrement critiquée pour des positions moins fermes que le locataire de Matignon, vis-à-vis de la prestigieuse école de la rue Saint-Guillaume, le sénateur LR des Hauts-de-Seine, Roger Karoutchi, ayant jugé quelques minutes plus tôt que la ministre n’était « pas à sa place », Sylvie Retailleau balaye l’argument : « Que Roger Karoutchi regarde ce qu’il se passe ailleurs en Europe ou aux Etats-Unis », tacle Sylvie Retailleau au micro de Public Sénat.

Critiques également à demi-mot sur le choix de Valérie Pécresse de suspendre les subventions de la région Ile-de-France en faveur de Sciences Po : « C’est un choix plus ou moins cohérent », commente-t-elle sobrement, rappelant que « Sciences Po, ce sont 15 000 étudiants, une continuité du service public », défend la ministre, qui a assuré ce matin, chez nos confrères de France Télévisions, que « l’Etat ne coupera pas la subvention » de l’école.

« Le blocage non, le débat oui »

Défendant une position d’équilibre, la ministre dénonce « une instrumentalisation honteuse de la part de La France Insoumise (LFI) », se déclarant choquée par l’utilisation de certains symboles controversés, comme les « mains rouges », dont certains observateurs affirment y avoir une référence au lynchage de deux soldats israéliens en 2000, au cours de la seconde intifada. « Les appels au soulèvement et à la violence, il faut les condamner », martèle la ministre, qui souhaite « remettre le cadre républicain et ce travail pour avoir du vrai débat, de la controverse et du respect ». « Le dialogue est tout aussi important que la fermeté », résume-t-elle.

Et pas question pour Sylvie Retailleau de pointer une malencontreuse coïncidence sur une telle utilisation : « On peut espérer que certains jeunes ignoraient [la portée du symbole], mais nous avons affaire à des étudiants de Sciences Po, adultes, instruits, qui ne peuvent pas se réfugier derrière l’ignorance », analyse-t-elle, jugeant pour autant que « l’expression de nos jeunes peut être un signe de bonne santé de notre démocratie, mais pas de cette façon, pas avec la violence, pas à coups de blocage par une minorité agissante ». Pour la ministre, de tels agissements font « injure à ceux qui ont subi les massacres ».

Plainte contre Jean-Luc Mélenchon

Enfin, Sylvie Retailleau confirme avoir porté plainte pour injure publique contre Jean-Luc Mélenchon, qui a comparé il y a quelques jours, le président de l’université de Lille, à Adolf Eichmann, un des principaux logisticiens nazis de la « Solution finale » : « L’outrance et la surenchère ne font pas de bien à notre démocratie », tonne-t-elle, annonçant réunir les présidents d’université ce jeudi.

« Cette construction et cette transmission des savoirs comme mission première des universités, voilà ce que nous appelons tous de nos vœux. Nous ne transigerons pas dans le respect du cadre républicain », conclut-elle.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Blois: Socialist Party figure at the Socialist Party summer camp
4min

Politique

Sénatoriales : après l’aval des socialistes en Seine-Maritime, l’accord national PS-Ecologistes n’est plus menacé

L’accord national entre les socialistes et les écologistes pour les sénatoriales a failli partir à vau-l’eau. Les réticences de la fédération PS de Seine-Maritime pour céder la deuxième place à une écologiste ont entraîné un bras de fer entre Verts et Roses. Bras de fer qui s’est soldé par un retour au calme et un gentlemen’s agreement entre les deux parties.

Le

Paris : Sarah Knafo – Meeting au Dome de Paris
8min

Politique

Présidentielle : Sarah Knafo, une campagne peut en cacher une autre

À quelques mois de la présidentielle de 2027, Sarah Knafo s’impose comme l’un des visages les plus en vue de Reconquête !. Omniprésente dans les médias, en librairie le 2 septembre avec « Le Casse du siècle », l’eurodéputée de 33 ans assure pourtant qu’Éric Zemmour reste le « candidat naturel » du parti. Une complémentarité revendiquée entre les deux, mais qui nourrit inévitablement une question, derrière la campagne de Éric Zemmour, Sarah Knafo prépare-t-elle aussi la sienne ?

Le

Bapteme du grand amphitheatre du ministere des Armees du nom de Pierre Messmer.
4min

Politique

Mort d’Édouard Balladur : « Serviteur exigeant de la France » pour Emmanuel Macron, « un mentor », salue Nicolas Sarkozy

L’ancien Premier ministre Édouard Balladur, rival honni de Jacques Chirac lors de la campagne présidentielle de 1995, est décédé, lundi soir, à l’âge de 97 ans. « Un serviteur exigeant » pour la France », a salué Emmanuel Macron. « Un exemple, un mentor et un ami », pour Nicolas Sarkozy. De nombreux hommages lui ont été rendus de la part des responsables politiques.

Le

La sélection de la rédaction

Paris, Pro-Palestinian, Science Po University
7min

Politique

Valérie Pécresse suspend les subventions de Sciences Po : la droite applaudit, la gauche dénonce un deux poids, deux mesures

Alors que Sciences po a choisi la voix de la négociation avec les étudiants propalestiniens qui bloquent l’établissement, la présidente de la région Île-de-France a annoncé lundi suspendre les fonds publics que le conseil régional alloue chaque année à la célèbre école. L’élue estime que la communauté éducative a cédé devant « une minorité de radicalisés ».

Le