Montée de l’antisémitisme : « Les condamnations ne sont pas suffisantes », selon Roger Karoutchi

Ce lundi, Roger Karoutchi, sénateur (LR) des Hauts-de-Seine, président du groupe d’amitié France/Israël, était invité de la matinale de Public Sénat. Il a qualifié d’« insensé » la décision d’Emmanuel Macron d’arrêter de livrer des armes à Israël. Le sénateur a également rappelé « le rythme insoutenable » des actes antisémites commis depuis le 7 octobre.
Camille Gasnier

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« C’est insensé »

Samedi 5 octobre, à l’occasion d’un entretien sur France Inter, Emmanuel Macron a affirmé ne plus vouloir que la France livre des armes à Israël : « Je pense qu’aujourd’hui, la priorité, c’est qu’on revienne à une solution politique, qu’on cesse de livrer les armes pour mener les combats sur Gaza ». Le Premier ministre israélien a réagi dans la foulée en adressant un message à Emmanuel Macron : « Alors qu’Israël combat les forces de la barbarie dirigées par l’Iran, tous les pays civilisés devraient se tenir fermement aux côtés d’Israël. Pourtant, le président Macron et d’autres dirigeants occidentaux appellent maintenant à des embargos sur les armes contre Israël. Honte à eux ! ».

Pour le président du groupe d’amitié France/Israël au Sénat, cette déclaration d’Emmanuel Macron n’a pas lieu d’être : « Dire ça à la veille de l’anniversaire du 7 octobre quand en Israël et dans le monde entier les gens commémorent ces massacres […] c’est insensé ». Il a précisé que cette annonce relevait plus de « l’incantation » dans la mesure où la France « ne livre quasiment pas d’armes à Israël », contrairement à d’autres pays comme les Etats-Unis. Le sénateur souligne en revanche que « la France livre beaucoup d’armes au Qatar, le financeur et l’allié permanent du Hamas ». Il questionne les futures décisions d’Emmanuel Macron en la matière : « Est-ce que la France va cesser de livrer des armes au Qatar, à des gens qui soutiennent les terroristes dans le monde ? »

Montée des actes antisémites : « L’augmentation a pris rapidement un rythme insoutenable »

Dans un entretien dans le journal Le Monde, Yonathan Arfi, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), estime que le 7 octobre est « un révélateur des fractures françaises ». Un terme que Roger Karoutchi ne confirme pas, considérant que « l’augmentation des actes antisémites précède le 7 octobre ». Le sénateur rappelle néanmoins que cette flambée « a rapidement pris un rythme insoutenable » depuis les massacres perpétrés par le Hamas il y a un an. En 2023, 1676 actes antisémites ont été dénombrés, 1242 d’entre eux ont eu lieu après le 7 octobre.

Face à une telle situation, le sénateur LR affirme « que les condamnations ne sont pas suffisantes », tout comme « les interpellations » et « la maîtrise des réseaux sociaux est très insuffisante ». Le sénateur ajoute : « Je mets sur le même plan les actes antisémites et les actes islamophobes, on a banalisé le fait que tout le monde puisse dire des horreurs sur les réseaux sociaux (…) les réseaux sociaux ont une influence considérable sur les dérapages ».

En réponse à l’appel lancé par Jean-Luc Mélenchon d’afficher des drapeaux palestiniens « partout où c’est possible » à partir du 8 octobre. Roger Karoutchi se souvient avoir « connu au Sénat Jean-Luc Mélenchon comme républicain », mais soutient que « cela fait des années » qu’il ne le « reconnaît plus » en tant que tel.

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Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. 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