Moralisation de la vie publique: Le projet de loi Bayrou jugé perfectible
Plutôt bien accueilli, le projet de loi visant à redonner confiance dans la vie démocratique, présenté jeudi par François Bayrou,...

Moralisation de la vie publique: Le projet de loi Bayrou jugé perfectible

Plutôt bien accueilli, le projet de loi visant à redonner confiance dans la vie démocratique, présenté jeudi par François Bayrou,...
Public Sénat

Par Pierre ROCHICCIOLI

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Plutôt bien accueilli, le projet de loi visant à redonner confiance dans la vie démocratique, présenté jeudi par François Bayrou, est jugé encore perfectible dans la classe politique et par les associations anticorruption qui comptent bien intervenir dans la consultation promise par le garde des Sceaux.

Trois projets de loi ambitieux, dont une loi constitutionnelle, visant à moraliser la vie politique, notamment parlementaire, à prévenir les conflits d'intérêt et à refonder le financement public de la vie politique, ont été présentés jeudi par le ministre de la Justice.

"On a le sentiment d'avoir été en partie entendu", a réagi vendredi auprès de l'AFP le président de l'association Anticor Jean-Christophe Picard. Même satisfaction pour Transparency Internationale, qui s'est réjouie de voir nombre de ses propositions reprises dans le premier texte du quinquennat d'Emmanuel Macron.

Au plan politique, la copie du garde des Sceaux a été saluée par le patron du PS Jean-Christophe Cambadélis, qui s'est dit prêt à voter le texte s'il est réélu aux législatives, comme par Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate Les Républicains à Paris, qui l'a trouvé "intéressant, utile" avec "beaucoup de bonnes choses". Même le Front national a reconnu "un certain nombre d'aspects positifs".

Mais tous ont également émis des réserves, souligné certains manques, disant attendre le texte rédigé pour mesurer son applicabilité.

"Est-ce qu'on a un texte idéal qui évitera tous les excès? Je ne crois pas que cela existe", avait reconnu jeudi François Bayrou en précisant que le débat n'était "pas fermé". "Il devra être précisé et enrichi par le débat parlementaire et par le débat public", a-t-il dit en annonçant "une consultation publique sur ce sujet".

Le ministre, qui a déjà reçu les associations anticorruption et les représentants des partis politiques représentés au parlement, a précisé qu'il poursuivrait ses consultations avec "d'autres acteurs de la vie civile et politique". "Le débat sera aussi alimenté par les partis politiques", a ajouté le garde des Sceaux précisant que La République en marche, le Modem et Europe Écologie les Verts ont déjà annoncé leur participation.

La discussion devra cependant s'organiser dans un calendrier serré, le texte, qui sera présenté le 14 juin en Conseil des ministres, devant être débattu au Parlement cet été et à la rentrée pour la partie constitutionnelle.

- "pour la fin du verrou de Bercy" -

Au titre des premières contributions au débat, Anticor a regretté vendredi la disparition de deux engagements d'Emmanuel Macron: "l'interdiction pour tous les détenteurs d'un casier judiciaire non vierge de se présenter à une élection" et "l'encadrement strict des pratiques de lobbying"

L'association souhaite la suppression "du verrou de Bercy" qui donne à l'exécutif le monopole des poursuites en matière de fraude fiscale" et de l'immunité dont bénéficient le président de la République et les parlementaires durant leur mandat. Elle veut aussi que l'on revienne, pour l'allonger, sur le délai de prescription des infractions dites occultes, comme l'abus de bien social.

Pour Transparency Internationale, l'urgence est d'élargir le texte à "la prévention de la corruption dans les collectivités territoriales", un engagement de campagne d'Emmanuel Macron, et à un meilleur encadrement du lobbying avec notamment la publication par les parlementaires de leurs rendez-vous avec des représentants d'intérêts.

Au plan politique, NKM s'est prononcée pour une interdiction totale des activités de conseil des députés, que le projet de loi se contente d'encadrer. Elle souhaite également voir étendues aux conseillers des cabinets ministériels les exigences imposées aux députés en matière de prévention de conflits d'intérêts.

Plus radical, le député PS Jérôme Guedj a plaidé pour interdire aux parlementaires d'exercer une autre profession et pour une transparence totale "des dons dans les campagnes électorales".

Le FN a regretté l'absence de mesure fortes pour interdire la pratique du pantouflage, en particulier le va-et-vient entre haute fonction publique et finance privée.

Enfin, la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA) a souhaité que toutes les personnes condamnées pour racisme, antisémitisme, négationnisme ou homophobie et toutes autres formes de discrimination ne puissent plus se présenter au suffrage des Français.

Partager cet article

Dans la même thématique

Orleans: Closing Ceremony of the Rassemblement National Rally’s Campaign Kickoff Event presidential
9min

Politique

Présidentielle 2027 : le débat sur l’inéligibilité de Marine Le Pen relancé

La semaine dernière, Didier Guérin, président de chambre honoraire à la Cour de cassation, a relancé le débat sur la légalité de la candidature de Marine Le Pen à la présidentielle. Dans les colonnes du Monde, ce haut magistrat a affirmé que la députée RN était actuellement inéligible tant que la Cour de cassation n’a pas rendu sa décision dans l’affaire des assistants parlementaires des députés européens de son parti. Les avocats de Marine Le Pen ont saisi le Conseil supérieur de la magistrature au sujet de Didier Guérin. Explications

Le

FRA – SENAT – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT 2
5min

Politique

« Le racisme ne naît pas de nulle part » : Les écologistes ont déposé une proposition de loi visant à interdire la théorie du grand remplacement

Au Sénat comme à l’Assemblée, les écologistes ont déposé une proposition de loi visant à « renforcer la lutte contre les discours incitant à la haine et aux actes racistes et xénophobes » via l’interdiction de la théorie du grand remplacement. Si, pour certains, cette proposition est « redondante » par rapport aux outils juridiques déjà existants, elle semble utile pour « faciliter les condamnations ».

Le

BLOCAGE LYCEE SAINT SERNIN
4min

Politique

Mouvement lycéen : où en est-on des blocus ?

Sur les 3700 lycées, 41 étaient bloqués ce lundi matin, jour de rentrée des vacances de la Toussaint, selon le ministère de l’Education nationale. Les organisations lycéennes et étudiantes appellent à reprendre les blocages malgré les annonces du gouvernement, la semaine dernière. Le Premier ministre se dit prêt à recevoir à nouveau les lycéens.

Le